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Avalon

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Le Sommeil d'Arthur à Avalon (1881-1898) par Edward Burne-Jones.

L'île d’Avalon ou d’Avallon est, dans la littérature arthurienne, le lieu où est emmené le roi Arthur après sa dernière bataille à Camlann.

C'est aussi, selon certaines sources, l'endroit où fut forgée l'épée d'Arthur, Excalibur. C'est enfin l'île où vivait supposément la fée Morgane.

Ce site légendaire a donné lieu à toutes sortes d'interprétations en littérature et dans le folklore.

Les sources anciennes

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La première mention de l'île d'Avalon apparaît sous la forme latine insula Avallonis dans l’Historia Regum Britanniae écrite entre 1135 et 1138 par Geoffroy de Monmouth. L'auteur nous dit qu'après la bataille de Camlann où Arthur fut mortellement blessé en combattant Mordred (fils du roi Arthur) le roi de Bretagne fut conduit sur cette île[1] :

« Et même le célèbre roi Arthur fut mortellement blessé ; et, transporté de là sur l'île d'Avalon pour y être soigné, il céda la couronne de Bretagne à son parent Constantin, fils de Cador, duc de Cornouailles, en la cinq cent quarante-deuxième année de l'incarnation de notre Seigneur. »

En 1155, le poète normand Wace[2] offre une adaptation de l'Historia et reprend le motif consacré par Geoffroy de Monmouth :

En Avalon se fist porter
Por ses plaies mediciner
Encor i est, Breton l'atandent

Dans certains manuscrits de l’Historia comme dans les Brut, c'est aussi sur cette île que fut forgée l'épée Excalibur : « En l’île d’Avalon fut faite[3] » (ce qui peut aussi signifier qu'elle fut forgée à partir du minerai de l'île).

Entre-temps, en 1149, fut publiée la Vita Merlini, ou Vie de Merlin. Ce manuscrit est aussi attribué à Geoffroy de Monmouth bien que Merlin y prenne un caractère fort différent de celui que possédait le célèbre personnage lorsqu'introduit par Geoffroy dans l’Historia. Par contre, l'auteur de la Vita y décrit toujours l'île d'Avallon comme étant le lieu où fut conduit Arthur après la bataille de Camlann. Notons cependant que le nom Avallon n'y apparaît pas. L'auteur préférant parler de « l'île des pommiers, appelée île Fortunée, parce que ses campagnes pour être fertiles n'ont pas besoin d'être sillonnées par le soc du laboureur ; sans culture et tout naturellement, elle produit de fécondes moissons, des raisins et des pommes sur ses arbres non taillés ; au lieu d'herbes son sol est couvert de toutes sortes de récoltes. On y vit plus de cent ans, voire plus »[4].

Ce nom d'île fortunée donné à Avalon est probablement emprunté à Isidore de Séville (VIe siècle)[5] lorsqu'il décrit les îles Canaries, ou directement à Pomponius Mela (Ier siècle apr. J.-C.) lorsque ce dernier évoque « les îles Fortunées, où la terre produit sans culture des fruits sans cesse renaissants, et où les habitants, exempts d’inquiétude, coulent des jours plus heureux que dans les villes les plus florissantes »[6].

Dans la Vita Merlini, l'auteur décrit aussi les fameuses habitantes de l'île d'Avalon : « Neuf sœurs y soumettent à la loi du plaisir ceux qui vont de nos parages dans leur demeure ; la première excelle dans l'art de guérir et surpasse les autres en beauté ; Morgen, comme on l'appelle, enseigne ce que chaque plante a de vertus pour la guérison des maladies ; elle sait aussi changer de forme et, comme un nouveau Dédale, fendre l'air avec ses ailes et se transporter à Brest, à Chartres, à Paris, ou bien redescendre sur nos côtes. On dit qu'elle a enseigné les mathématiques à ses sœurs Moronœ, Mazœ, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronœ, Thiton et Tith[en], la célèbre musicienne[7]. »

Ces neuf sœurs parmi lesquelles on reconnaît la célèbre Morgane sont là encore probablement les neuf prêtresses qui sont invoquées, par le même Pomponius Mela, dans sa description de l'île de Sein : « L'île de Sein, située dans la mer Britannique, en face du pays des Osismes, est renommée par un oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à la virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l'avenir, faveurs qu'elles n'accordent néanmoins qu'à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter[8]. »

Il est à noter qu'entre 1138 et 1149, Geoffroy de Monmouth, s'était posé la question de la mort d'Arthur. Alors qu'il concluait dans l’Historia par : « Que son âme repose en paix ! », il écrit dix ans plus tard, dans la Vita Merlini : « Après la bataille de Camlan nous y avons conduit Arthur blessé, ayant pour pilote Barinthe qui connaissait la mer et les étoiles. À son arrivée le prince fut accueilli par Morgane avec l'honneur qu'il méritait ; elle le déposa dans sa chambre sur de riches tissus, découvrit la blessure d'une main délicate et l'examina attentivement : elle dit enfin qu'elle se chargeait de lui rendre la santé, s'il voulait rester avec elle le temps nécessaire et se soumettre au traitement. Pleins de joie nous lui avons confié le roi et nous avons profité du vent favorable pour notre retour. »

Geoffroy voulait donc désormais laisser planer le doute sur le retour d'Arthur.

Avalon connut une postérité par la suite, y compris chez en dehors de la légende arthurienne, notamment dans la Matière de France, comme le souligne Antoine Le Roux de Lincy dans une note de son édition du Roman de Brut. Ainsi, c'est là que Morgue (Morgane) a conduit son bien aimé Ogier le Danois pour l'élever. C'est aussi à cet endroit qu'est porté Renoard (Renouard), un des héros de la chanson de geste Guillaume d’Orange, le marquis au court nez[9].

Étymologie

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L'association d'Avalon, dont la consonance rappelle celle du mot Walhalla, avec la légende arthurienne est probablement une création de Geoffroy de Monmouth. Le nom même est sujet à caution. Aucune source armoricaine ancienne ne mentionne ce lieu et les auteurs des Brut gallois remplacent systématiquement insula Avallonis par ynys Auallach[10], ce qui montre que le nom Avalon n'était pas commun au Pays de Galles. Avallach est lui un nom d'homme très courant au Moyen Âge dans les généalogies galloises.

Les triades galloises nous disent bien qu'Arthur fut enterré dans une grande salle sur l’île d’Avallach : « Ac y myvn plas yn Ynys Auallach y cladvyt » (TYP n51) mais ces triades sont contenues dans des manuscrits tardifs (XVe siècle). L'île est juste nommée dans le ms.Pen.185 : « Ynys Afallach » (TYP n90). Avallach y est l'une des trois îles en perpétuelle harmonie. Les deux autres étant « Nyghaer Garadawc » (Caer Caradawg) et « Mangor » (Bangor). Cette triade est à superposer à une autre triade du ms.Pen.228 qui identifie Avalach/Avalon à l'île de Verre, elle-même identifiée à l'abbaye de Glastonbury : « Bangawr, a Chaer Gariadawc, ag Ynys Widrin » (TYP n90). On voit ici que les compilateurs de ces triades connaissaient à la fois les textes latins de Geoffroy de Monmouth et les développements que leur avaient donnés les moines de Glastonbury (voir plus bas).

Il reste cependant possible qu'il ait existé des traditions concernant une île des pommes comme métaphore de l'Autre Monde. Peut-être cette île des pommes s'appelait elle-même Avalon. Roger Sherman Loomis mentionne par exemple l'existence dès 1130 de l'expression « pour tôt l'or d'Avalon » employé dans un manuscrit continental.

La présence d'une ville de la Gaule nommée Avalon, chez les Burgondes, pourrait même valider cette hypothèse. Même si dans ce cas précis, et puisque l’Historia mentionne comme dernière bataille d'Arthur, avant Camlann, une bataille menée en Bourgogne dans le Val Suzon, entre Autun et Langres[a], il reste possible que le nom soit venu à l'esprit de Geoffroy de Monmouth par confusion avec le nom de cette ville de Bourgogne.

Dans tous les cas, que ce soit sous la forme Avalon, Avallon, Avallach ou Afallach, le nom est fondé sur la désignation de la pomme et du pommier. En effet, « pomme » se dit aval ou afal en brittonique (breton, gallois) et aballos en gaulois[11]. Le terme anglais apple, l'allemand Apfel, le néerlandais appel, le luxembourgeois apel, le danois aebel, le suédois äppel, le finois ëppel, le norvégien eple et l'islandais epli participent de cette même étymologie. Même dans l'esprit de Geoffroy de Monmouth, le nom devait désigner un endroit remarquable par ses pommiers, puisqu'il l'identifie à l’insula pomorum (île des fruits). Notons que la ville d'Avallon (Yonne) doit probablement aussi se rattacher étymologiquement à la pomme et au pommier. Geoffrey Ashe (en), historien britannique, publia en avril 1981 un article dans la revue Speculum, dans lequel il fait le lien entre cette ville et l'île. Selon lui, Geoffroy de Monmouth a adopté une orthographe curieusement modifiée de "Avallach", qui aurait été influencée par le toponyme "Avallon"[b].

Localisation

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Ernest Guérin ː Comment les fées emmenèrent Artur dans l'isle d'Avallon, mai 1917.

L'île d'Avalon, comme toute l'histoire d'Arthur contée par Geoffroy de Monmouth, va connaître un certain succès dans la seconde moitié du XIIe siècle. Marie de France la décrit comme une île très belle, tout en précisant qu'elle ne la connaît pas puisqu'elle écrit : « … à ce que disent les Bretons »[12]. Ce qui semble montrer qu'elle ne se visitait pas au XIIe siècle et qu'elle n'est déjà plus vue que comme une légende.

Dans Érec et Énide, Chrétien de Troyes la place dans l'actuelle Cornouaille continentale, puisque c'est là que se trouve le berceau des anthroponymes Gradlon et Guyomarc'h :

« Graislemiers de Fine Posterne
I amena conpeignons vint
Et Guigomars, ses frere, i vint
De l'Isle d'Avalon fu sire
De cestui avons oï dire
Qu'il fu amis Morgain, la fee
Et ce fu veritez provee.
 »

— Chrétien de Troyes, Érec et Énide

« Gradlon du bout du Monde
Y emmena ses compagnons
Ainsi que son frère Guyomarc'h
Qui était le seigneur d'Avallon
Et dont on dit
Qu'il était l'ami de la fée Morgane
Et cela est la vérité[13] »

— Érec et Énide

La localisation d'Avalon à Glastonbury, dans le Somerset, à la fin du XIIe siècle est certainement liée au souhait des moines de cette abbaye de développer un pèlerinage et de se placer sous la protection du roi Richard Cœur de Lion en faisant vivre la renommée du désormais célèbre roi breton : initialement, la découverte (qui put paraître miraculeuse), juste l'année suivant l'accession au trône de Richard, d'une tombe ornée d'une croix sculptée, servit grandement cette démarche. Sur la croix en question était en effet gravée l'inscription :

« Hic jacet sepultus inclytus Rex Arthurus in insula Avalonia »

« Ci-gît enterré le glorieux roi Arthur dans l'île d'Avalon »

Le Haut Livre du Graal (première moitié du XIIIe siècle) semble vouloir s'appuyer sur la localisation d'Avalon à Glastonbury. Lancelot arrive en effet à « l’Ille d’Avalon » (HLG, p. 822)[14] qui n’est pas une île mais une vallée encaissée faisant bien dix lieues de longueur. Là se trouve le tombeau de la reine Guenièvre et celui contenant la tête de Loholt, fils d’Arthur. Les restes de Loholt y avaient en effet été déposés après que ce dernier fut traîtreusement décapité par le sénéchal Keu : « fist il le chief de son fil porter en l’ille d’Avalon en une chapele qui estoit de Nostre Dame » (HLG, p. 710). Le tombeau d’Arthur est lui aussi déjà prêt à recevoir le noble corps.

Comme le souligne Antoine Le Roux de Lincy dans une note de son édition du Roman de Brut[9], James Ussher reprend cette assimilation dans son Brittanicarum Ecclesiarum Antiquitates (Antiquités des églises britanniques), publié au XVIIe siècle[15] :

« À cela s'ajoute l'histoire de Ralph le Noir : « Il fut mortellement blessé par son neveu Mordred et transporté sur l'île d'Avalon. Son tombeau fut découvert au temps du roi Richard à Glasingebury, lieu autrefois entouré de marais, que les Bretons appelaient en Bretagne (c'est-à-dire en référence aux pommes) l'île d'Avalon. Mais comme l'histoire britannique ne donne aucune certitude quant à sa mort, les Bretons sont persuadés qu'il est toujours vivant. » Et Matthæi Florilegi : « Le roi mourant se cacha, de peur que ses ennemis ne l'insultent et que ses amis ne le harcèlent pour un si grand malheur. » Et puisque les récits historiques ne mentionnent ni la mort d'Arthur ni son inhumation, les Bretons, par amour pour lui, affirment qu'il est toujours vivant.

Il est vrai que, vers la fin du règne, non pas de Richard Ier comme le rapportent Ralph, l'auteur de l'éloge funèbre, et d'autres, mais d'Henri II (sous le règne duquel Alain publia ses explications sur Merlin, régnant sur les Anglais), le tombeau d'Arthur fut découvert à Glastonbury, comme nous l'avons déclaré au chapitre six de ce livre : ce qui réfute non seulement les rêves populaires d'Arthur encore vivant, mais aussi la témérité de Gilbert Génébrard, qui déclare sans réfléchir que « le grand Arthur n'a jamais existé, comme on peut le déduire de Bède (qui ne le mentionne pas du tout) ». Écoutons cependant Girald de Cambria, qui avait vu les ossements d'Arthur exhumés quelques jours auparavant, évoquant sa mort et l'île de Glastonbury où il fut enterré : « Car on raconte beaucoup de choses, et on invente des fables, sur le roi Arthur et sa mort incertaine ; Le peuple britannique prétend naïvement qu'il est encore en vie : afin qu'après avoir dissipé les fables et affirmé les faits avérés, la vérité sur le reste de ces questions soit clairement établie, nous avons pris soin d'ajouter ici quelques éléments dont la véracité est incontestable. Après la bataille de Camlan, près des Cornouailles, où Modred, le plus perfide traître et ennemi du royaume britannique, fut tué, et Arthur lui-même mortellement blessé. Son corps fut transporté sur l'île d'Avalonia, aujourd'hui appelée Glastonbury, par une noble dame, une parente nommée Morgane. Après sa mort, il fut inhumé dans ce cimetière sacré, dans une tombe spécialement aménagée. C'est pourquoi les Bretons légendaires et leurs conteurs s'imaginaient qu'une déesse fantastique, nommée Morgane, avait transporté le corps d'Arthur sur l'île d'Avalonia pour guérir ses blessures. Une fois guéris, le roi fort et puissant reviendra régner sur les Bretons (comme on le dit) comme à l'accoutumée : c'est pourquoi ils s'attendent à son retour prochain, tel un Messie pour les Juifs, trompés par une folie et un malheur encore plus grands, ainsi que par l'incrédulité.

Il convient toutefois de noter ici que Glastonie est appelée île parce qu'elle est entourée de toutes parts par une mer profonde, qu'il serait plus juste d'appeler Médiamnis, comme si elle se situait au milieu de fleuves ; de même que l'on appelle mieux îles celles qui sont situées dans la mer, c'est-à-dire dans la mer ; elles naissent. Avalonia tire son nom soit du mot britannique Aval, qui signifie pomme, car cette région est réputée pour ses pommes et ses vergers ; soit d'un certain Avalon, ancien souverain de ce territoire. De même, dans l'Antiquité, cet endroit était généralement appelé en breton « ynys gwydrín », c'est-à-dire « l'île de verre », en raison de la couleur vitreuse de la mer qui l'entoure. C'est pourquoi les Saxons qui occupèrent ensuite la région l'appelèrent Glastonia, et ce, dans leur langue. Car « glas » signifie « verre » en anglais et en saxon.

Avec laquelle il est permis de comparer, comme le chantaient les métaphores historiques britanniques à ce sujet : la licence poétique transformant cette île amytique en une île océanique, et la décrivant comme l'une de ces îles bienheureuses, dont Horace parle :

L'océan demeure autour de nous : champs, champs bénis, richesses et îles, nous les cherchons.

Ainsi, dans le neuvième livre de son poème :

L'île mémorable est entourée par l'océan, désolée de tout bien : ni voleur, ni brigand, ni ennemi n'y gît, ni force, ni hiver ni été ne font rage avec immodération ; paix et harmonie, jeunesse, printemps éternel, ni fleur ni lys ne manque, ni rose ni violette : fleurs et pommes sous une même fronde, le pommier en porte : là vivent sans tache de sang, toujours jeunes gens avec jeunes filles, ni vieillesse, ni force de la maladie, ni douleur ; tous pleins de joie : rien ici n'est privé, tout est commun.

La Vierge royale préside à ces lieux et à ces choses, entourée de ses plus belles vierges ; Une nymphe au visage ravissant, née de pères nobles, sage conseillère et d'une grande habileté en médecine. Mais Arthur abandonna le diadème du royaume, se substitua au roi et s'installa à lui. Quarante-deux ans après sa naissance, née sans descendance de son père, Arthur, grièvement blessé, se rendit à la cour du roi d'Avalon. Là, la nymphe royale, soignant sa blessure, garda pour elle ses membres guéris ; et ils vécurent ensemble, si l'on en croit la tradition. »

L'auteur du Haut Livre du Graal affirme même que son texte est copié d'un manuscrit latin qui a été trouvé « en l’Isle d’Avalon en une sainte meson de religion qui siét au chief des Mares Aventurex, la oli rois Artuz e la roïne gisent » (HLG, p. 1052).

Chez Robert de Boron, alors qu'Arthur s’apprête à partir combattre Rion à Tarabel, la « dame de l’isle d’Avalon » (MerlinProseV1, p. 213) vient lui demander son aide. Elle est ceinte d’une épée dont elle ne peut se débarrasser. Seul le meilleur chevalier au monde pourrait l’enlever. C’est Balaain le Sauvage qui s'acquittera de cette mission. Dans le Roman de l’Histoire du Graal, Joseph d'Arimathie avait confié le Saint-Graal à son beau-frère Hebron qui lui-même l’avait confié à son fils Alain, ce dernier le transporta alors dans les Vaux d’Avaron : « Qu’ès vaus d'Avaron s’en ira. » Il est possible que le lieu où l'on conduit ainsi le Saint Graal soit l’île d’Avalon.

Les habitants de divers lieux ayant comme racine « aval » défendent la thèse de la présence du roi Arthur en dormition. C'est le cas de l'île d'Aval en Pleumeur-Bodou (Côtes-d'Armor), qui est en fait un îlot accessible à marée basse. Le roi y serait enterré sous un mégalithe.

Interprétation mythologique

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L'île d'Avalon peut donner lieu à diverses interprétations mythologiques qu'il faut néanmoins prendre avec précaution.

  • Si l'on se réfère à la tradition mythologique celte et plus largement, indo-européenne, l'île d'Avalon fait figure d'une sorte de pays des morts, comme les Champs Élysées, ou à tout le moins d'un Autre Monde. Le séjour d'Arthur en son sein n'est en effet pas définitif, le monde attendant le retour du roi qui doit intervenir tôt ou tard. Elle n'a donc pas nécessairement d'emplacement correspondant au monde réel, encore que son entrée puisse se situer à un endroit connu.

De fait, Arthur y est conduit sur une barque par trois sœurs, et la référence aux pommes (aval dans les langues celtiques) dans le nom d'Avalon rappelle sa dimension d'immortalité, qui n'est une vie éternelle que par défaut : les blessures d'Arthur ne s'y soignent pas.

  • Dans les légendes irlandaises, Avalon est appelée Emain Ablach.

Dans les arts et la culture populaire

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Littérature

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Bande dessinée et manga

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  • Dans la série Thorgal de Jean Van Hamme, l'album L'Île des mers gelées (1980) présente une vision fortement inspirée du mythe d'Avalon.
  • Dans Sonic the Hedgehog (Archie Comics), Avalon est la capitale des échidnés.
  • Dans l'anime de JoJo's Bizarre Adventure, Avalon est le nom du thème musical du personnage de Kars, la forme de vie ultime.
  • Dans l'anime Code Geass, Avalon est une forteresse volante.
  • Dans l'anime Fate/stay night (2006), le nom Avalon est donné au fourreau d'Excalibur, celui-ci ayant pour propriété de guérir instantanément son porteur de toute blessure, même mortelle.
  • Dans l'anime Gundam Build Divers (en), Avalon est le nom du groupe mené par le champion du GBN.
  • Dans l'animé/manga Vinland Saga, Askeladd, un des protagonistes fait mention d'Avalon comme la terre de repos de son illustre ancêtre Celto-Romain, « Lucius Artorius Castus » qui semble faire écho au légende du roi Arthur
  • Dans le roman graphique Avalon - Les Dames du Lac[17] (2021) de Vincent Pompetti, l'album retrace la légende du roi Arthur à l'époque historique du Ve siècle au plus près des traditions orales celtes

Télévision

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Groupes
Titres
  • Dans Avalon Hideaway, chanson issue de l'album Tejas (1976) du groupe ZZ Top.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album homonyme (1982) de Roxy Music. Avalon est aussi repris comme titre de l'album solo Slave to love (2000) de l'ancien chanteur de Roxy Music, Bryan Ferry.
  • The Shores of Avalon (Les Rivages d'Avalon) Chanson interprétée par les seekers et la soliste Judith Durham , un classique de la Folk music à son apogée au début des années 70[18]
  • Dans The Mist of Avalon (1991), chanson issue d'un album d'Alan Stivell.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album Ágætis byrjun (1999) du groupe Sigur Rós.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album Excalibur (1999) du groupe Grave Digger.
  • Dans Troops of Avalon, chanson issue de l'album Hordes of the Brave (2005) du groupe de Dushan Petrossi.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album In Every Waking Moment (2006) du groupe Lovebugs.
  • Dans Isle of Avalon, chanson issue de l'album The Final Frontier (2010) du groupe Iron Maiden.
  • Dans "Avalon", chanson issue de l'abum Oonagh (2014) de l'artiste Senta-Sofia Delliponti dite Oonagh.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album The Dissent of Man (2010) du groupe Bad Religion.
  • Dans La Fille d'Avalon (2015), comédie musicale pour chœurs d'enfants de Marc Letellier, dont l'histoire est basée sur le roman homonyme du même auteur.
  • Dans Avalon, chanson issue du 5e album (2016) de Gwennyn.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album Darkest Darks, Lightest Lights (2017) du groupe The White Buffalo.
  • Dans Avalon (2018), chanson de Anna Graceman (en).
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album At Your Inconvenience de Professor Green.
  • Dans Voyage to Avalon et Log In, chansons de Kenji Kawai pour le film Avalon.
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album Empire of the Undead du groupe Gamma Ray.
  • Dans Avalon, single de $uicideboy$ (2021).
  • Dans Avalon, chanson issue de l'album Moodswings In To Order (2022) de DPR IAN (en).
Citations
  • Dans The Battle of Evermore (1971), chanson du groupe Led Zeppelin.
  • Dans Golden Promises (1980), chanson de l'artiste Peter Hammill.
  • Dans A Past and Future Secret, chanson issue de l'album Imaginations from the Other Side (1995) du groupe Blind Guardian.
  • Dans Dernier combat, chanson issue de l'album Fest noz de panam (2000) de Manau.
  • Dans Malone, chanson issue de l'album Rouge sang (2006) de Renaud.
  • Dans C'était déjà toi, chanson issue de l'album Lys & Love (2011) de Laurent Voulzy.
  • Dans Wake up, chanson issue de la comédie musicale La légende roi Arthur (2015) produit par Dove Attia.

Jeux vidéo

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  • Dans Tomb Raider Legend et de Tomb Raider: Underworld, Avalon est au centre de l'intrigue.
  • Dans Les Secrets de la septième mer, Avalon est le nom d'une nation qui est l'équivalent de la Grande-Bretagne.
  • Dans Fate/Stay Night, Avalon est le nom du fourreau de l'épée de Saber.
  • Dans Guild Wars, un avant-poste se nomme Cavalon en référence à l'île du mythe arthurien.
  • Dans Grand Theft Auto 2, Avalon est le quartier central de la première ville.
  • Dans Soul Sacrifice, Avalon est l'organisation regroupant les sorciers.
  • Dans Wizard101, Avalon est le nom d'un monde.
  • Dans Dark Age of Camelot, Avalon est le nom d'une cité/zone de haut niveau.
  • Dans Sonic et le Chevalier noir, « Lointain Avalon » est le nom du niveau de où le joueur affronte pour la deuxième fois le roi Arthur. La musique du niveau se nomme Faraway Avalon.
  • Dans Brave Frontier (en) version Europe, « NeoAvalon » est le nom d'un groupe d'unité ayant comme thème la littérature arthurienne.
  • Dans Fate/Grand Order, « Avalon » désigne le lieu d'où Merlin vit et observe le monde et notamment le protagoniste, c'est aussi le nom d'un sort de Merlin se nommant « jardin d'Avalon ».
  • Dans King of Avalon, « Avalon » est au cœur du jeu et l'on retrouve les principaux personnages de l'histoire : Arthur, Merlin, Morgane...
  • Dans Ace Combat: The Belkan War, Avalon est le lieu où prennent place les deux dernières missions de la campagne « La Vallée des Rois » et « Zero », en tant que QG de l'organisation Mondes Sans Frontières.
  • Dans Rangers of oblivion, un jeu mobile, Avalon est le nom d'une grande ville majeure médiévale.

Notes et références

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Références

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  1. Geoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 11, lire en ligne en anglais : « And even the renowned king Arthur himself was mortally wounded; and being carried thence to the isle of Avallon to be cured of his wounds, he gave up the crown of Britain to his kinsman Constantine, the son of Cador, duke of Cornwall, in the five hundred and forty-second year of our Lord's incarnation. »
  2. Wace, Roman de Brut, v.4437-4438, lire en ligne la version en ancien français, commentée et annotée par Antoine Le Roux de Lincy, p. 230.
  3. Wace, Brut
  4. « Insula pomorum que fortunata uocatur… » Vita Merlini, Geoffroy de Monmouth, lire en ligne en anglais
  5. « Fortunatarum insulae vocabulo suo… » (Etymologiae, XIV)
  6. Pomponius Mela, Livre III, 10
  7. G. de Monmouth, Vita Merlini
  8. Pomponius Mela, Chorographie, III, 6
  9. a et b Wace, Roman de Brut, lire en ligne la version en ancien français, commentée et annotée par Antoine Le Roux de Lincy, p. 52-53.
  10. R. Bromwich Trioedd Ynys Prydein, University of Wales Press, 1961.
  11. Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et dictionnaire, éditions Robert Laffont, Paris, 2000, p. 389
  12. « od li s'en vait en Avalun/ceo nus recuntent li Bretun/en un isle que mut est beaus » (Lai de Lanval, v. 641-643).
  13. Chrétien de Troyes, Erec et Enide, v.1952-1958
  14. Le Haut Livre du Graal, éd. par Michel Zink, Lettres gothiques.
  15. James Ussher, Brittanicarum Ecclesiarum Antiquitates, lire en ligne en latin dans Whole works; now for the first time collected, with a life of the author and an account of his writings, volume VI, pp 38-42
  16. « Château de Kerduel », notice no PA00089438, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. « Avalon Les Dames du Lac - Vincent Pompetti », sur Tartamudo (consulté le )
  18. « The Seekers - The Shores of Avalon (1997, full version) » (consulté le )
  1. C'est-à-dire à Dijon dont les douves, nous dit Grégoire de Tours au VIe siècle étaient nourries par la rivière Suzon.
  2. "This was a Celtic Otherworld. In Welsh the name is Avallach or Afallach. Geoffrey has adopted an oddly changed spelling which is thought to have been influenced by the place-name Avallon in Burgundy. "Avallon" is Gaulish and means "place of apples" as its counterpart in Britain supposedly does." Speculum, 1981, t. LVI, p. 315-316

Bibliographie

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  • John J. H. Savage, « Insula Avallonia », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, vol. 73, 1942, p. 405–415.
  • A. H. Krappe, « Avallon », Speculum, 18, 1943, p. 303-322.
  • Th. Chotzen, « Avalon - Avallach - Emhain Abhlach », Études celtiques no 4, 1948, p. 255-274.
A montré que le Ynys Avallach gallois vient de la tradition irlandaise et est copié sur Emhaïn Abhlach, séjour de Manannân.
  • Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, Les druides, éditions Ouest-France.
  • Virginie Elisabeth Greene, Le sujet et la mort dans "La Mort Artu", Nizet, 2002, 418p. 
  • B. Rio, Avallon et l'Autre Monde. Géographie sacrée dans le monde celtique, Fouesnant, Yorann Embanner, 2008.

Articles connexes

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Liens externes

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