On dit que la vie est tout sauf un long fleuve tranquille, et si je ne sais pas encore ce qu’elle est puisque je suis en train de « naître », je peux affirmer sans ambages que la convalescence n’est pas linéaire. Toujours des imprévus : plus ou moins agréables, plus ou moins intenses. Il s’agit pour le moment d’un imprévu très agréable.
J’avais programmé aujourd’hui de blablater (très brièvement, j’avais réussi !) sur l’intérêt thérapeutique de la concision bloguesque (après en avoir abordé l’intérêt « général » dans un précédent billet), mais me voilà prise à mon propre piège, dont je pensais qu’il ne se refermerait que dans largement assez de temps pour que je puisse y réfléchir plus avant. Ravie de constater qu’il faut déjà m’y atteler, mais prise de court par manque d’approfondissement, je suis bien obligée d’aborder ce que j’avais appelé alors « l’interaction bloguesque », et que je pensais traiter « un de ces jours » (lointain cela va sans dire), quand j’aurais eu un peu d’expérience.
Qu’en dire à brûle pourpoint ? Déjà, qu’on peut difficilement passer outre : j’ai beau m’être fixé comme but de ne pas me laisser détourner de mon projet initial par qu(o)i que ce soit (écrire le plus souvent possible, de façon indépendante, un billet pas trop long), je suis bien obligée de constater : 1. Que mes billets sont toujours plus longs que ce que je voudrais sur la forme, sans l’être jamais assez sur le fond (et plus encore aujourd’hui que les autres jours) 2. Que je vois mal comment je peux ne pas prendre en considération les commentaires que je lis, et me dois de tenter d’ordonner la foule d’idées et de questions qui m’assaillent… en interaction. Et c’est d’ailleurs bien là, finalement l’intérêt du blog ! L’intérêt de l’interaction elle-même étant encore une autre question…
Ensuite, que ces commentaires me touchent tant par leur contenu que par leur existence même. Je suis ravie d’apprendre que les uns font les choses naturellement rapidement (ceux qui ont toujours connu les ordinateurs ? 30 minutes c’est peu pour lire plusieurs blogs ! Même si bien sûr, tout dépend toujours de tout un tas de choses…), tandis que d’autres (comme moi) ont besoin de beaucoup plus de temps. Ravie également de constater que la question se pose, et que donc, je ne suis pas la seule à me la poser. Il est vrai que dans un système de pensée classique où presque tout était à peu près défini, la révolution de l’internet (et plus généralement des communications) nous oblige à presque tout (re)définir…
Parce que je ne suis pas une rapide, entre autres, je ne peux pas me permettre de répondre de façon individuelle et approfondie ; à ma décharge, je sais que ce que je lis reste emmagasiné « là, quelque part » et que j’y reviendrai un jour, que cela ait provoqué ou plus simplement alimenté quelques réflexions : il y sera donc répondu d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre.
Ces scrupules (tiens, je voulais faire un billet là dessus aussi…) devraient s’amenuiser encore lorsque j’ai à l’esprit, me semble-t-il du moins, qu’il s’agit pour la majorité des lecteurs, de « blogs kleenex » (ce qui ne signifie pas qu’ils n’apprécient pas leur utilité et leur douceur… !). Je crois simplement que c’est le style du blog qui veut ça. On peut y voir une régression… ou un progrès (comme pour toute invention d’ailleurs !). Ou encore tout simplement lui accorder (et le limiter à) la place qu’il mérite. Rien n’interdit à personne par ailleurs de faire des blogs d’un autre genre que le genre que j’ai envie de qualifier de « pur » (c’est-à-dire le plus proche possible de la sémantique, soit des notes brèves) : avec des notes plus longues (voire des articles et pourquoi pas, des essais !), et peut-être moins fréquentes, donc lu dans des conditions différentes (en prenant son temps justement), avec un but un peu différent.
C’est d’ailleurs un exercice auquel j’espère m’atteler un jour (côté lecture cette fois). C’est ça qui est bien quand on va mieux : on a plein de projets !
Mais il n’y a pas qu’une question de temps, côté interaction : il est évident que, si j’espérais très sincèrement avoir quelques lecteurs, je n’avais pas imaginé une seule seconde soulever le moindre débat. Et je ne peux m’empêcher de penser à ce que cela pourrait donner au regard de certains sujets que j’avais la ferme intention d’aborder… et que je n’ai pas envie de ne pas aborder ! Je ne sais plus trop ce que je vais en faire du coup, voilà bien du travail et des réflexions en perspective !
Par ailleurs, si aujourd’hui j’interagis directement dans mon billet par rapport aux commentaires que je viens de lire (parce que c’est la première fois et que… il y a l’effet de surprise !), je m’efforcerai à l’avenir d’être plus discrète à ce sujet (c’est que je souhaite vraiment apprendre à être brêve !), étant entendu que comme il est dit précédemment, aucun ne passera à la trappe pour autant.
Pour l’heure, au sujet du temps (…), savez-vous que pour ce billet là par exemple il m’a fallu plus de deux heures… ? (le « vous » étant un vous pluriel… !)