On m’a toujours assuré qu’il ne pleuvait jamais à Marseille, que c’était joli, que c’était une ville formidable, et que les gens étaient sympathiques. Alors j’ai voulu aller voir par moi-même.
Comme j’ai un esprit de contradiction particulièrement aigu, je suis évidemment arrivée … sous une pluie battante.
Malgré une jolie percée provisoire du soleil quelques heures plus tard, j’ai trouvé une ville sale, des constructions laides partout (même dans les « centres »), beaucoup de bruit, beaucoup de pollution (bien moins qu’à Paris, certes), puisque l’automobile y règne en maîtresse absolue aux côtés du vent. L’avantage d’un vent fréquent et fort est qu’il balaie une bonne part de la pollution automobile ; son inconvénient : il fatigue beaucoup.
Aucune des places sur lesquelles je me suis promenée ne m’a parue agréable, elles n’ont aucun cachet, même lorsqu’elles essaient d’en avoir un peu comme la place Castellane. Pas un seul endroit où l’on a envie de s’arrêter pour flâner… à part le vieux port, et encore : pour peu que l’on veuille admirer la vue, on se trouve à boire un verre… en compagnie de Madame Automobile.
Bref, pas de quoi pavaner, vraiment. Il arrive que certains autochtones exagèrent leur accent de façon flagrante, peut-être de façon « subconsciente », comme si l’accent (…tuage de l’accent) était proportionnel à la fierté que l’on pouvait tirer du fait d’être Marseillais. Ça fait un peu penser à ces hommes qui rivalisent pour avoir la plus belle voiture (ou, de nos jours et de plus en plus, l’ordinateur le plus performant), ou les femmes qui s’évertuent à porter le dernier pantalon à la mode, même s’il ne leur va pas du tout. Difficile de trouver plus ridicule. La cannebière est moche comme tout, les magasins n’y sont même pas spécialement intéressants.
Ceci dit, c’est bien essentiellement une question de goût : je n’aime pas ce qui est bruyant, agité et qui part dans tous les sens sans qu’on sache jamais où ça va s’arrêter. Ceux qui aiment, adoreront Marseille. Trop d’agitation me fait peur, je préfère le calme, les choses « posées », et l’architecture « propre ».