De la mue (1/2).

Pas facile que de guérir. Changer de peau, peu à peu, c’est encore une fois être aux prises avec son passé à lutter amèrement pour conserver des racines qui ne soient pas trop encombrantes ou négatives.
Car on a beau évoluer, on ne change jamais de façon radicale. On conserve des faiblesses, des traits de caractères par forcément marrants pour les autres, mais dont on parvient à peu près à s’accommoder, et que l’on parvient à rendre à peu près supportables pour toute personne normalement constituée.
Seulement voilà : il y a pire que vous. Notamment ceux qui n’ont pas évolué et qui refusent obstinément de le faire. Comment leur expliquer que vous avez de moins en moins envie de les voir , alors qu’ils sont vos amis de longue date (ce qui suppose déjà un lourd travail de deuil personnel), au fur et à mesure qu’ils vous renvoient par frictions interposées à tous les obstacles que vous avez plus ou moins surmonté tant bien que mal ? D’autant qu’ils ne comprennent plus votre fonctionnement quand bien même le leur expliqueriez vous puisque, par définition, ils n’ont pas (ou peu) évolué dans ce domaine.

Or ne pas leur pardonner, c’est ne pas se pardonner à soi-même (ces traits passés ou présents).
Leur pardonner, c’est leur laisser croire que certaines choses n’ont finalement qu’une importance relative, puisque, symboliquement, vous laissez faire.
Vous opposer, tout en pardonnant, cela suppose de se faire entendre. Or certains ont le chic pour refuser de vous entendre voire, mettre le mouchoir par dessus, et poursuivre comme si de rien n’était, sans comprendre que vous preniez vos distances par la suite. Et vous ne pouvez pas le leur expliquer : dès que vous vous y essayez non seulement vous vous trouvez face à un mur, mais encore c’est un mur qui vous invective.

Pourtant, guérir, c’est savoir lâcher ce qui fait mal et qui est inextricable…