Torture.

J’ai encore envie d’crever.

ça me fait toujours ça quand je me sens abandonnée.
Je suis comme du lait sur le feu: dès qu’on tourne la tête sans avoir ajusté la température, je déborde.

C’est invivable. Ni pour les uns, ni pour moi.
Et si les uns peuvent toujours aller voir ailleurs, moi, je ne peux pas changer de peau…

Des mauvais souvenirs.

Parfois, je me demande pourquoi je n’ai conservé presque que des mauvais souvenirs… pourquoi est-ce que les bons ne s’impriment pas en dehors de quelques exceptions, ou en tout cas ni clairement, ni durablement ? Même quand je m’efforce de les faire venir, et/ou que je m’efforce de chasser les mauvais?
J’ai beau me dire que ce n’est probablement qu’une impression, je n’en suis pas si sûre. Pour cette seule raison que, depuis que cette impression s’est fait jour, je fouille dans ma mémoire de temps en temps, en me disant qu’il n’y a pas de raison que les choses soient ainsi injustes. J’interroge aussi les témoins de mon enfance et de mon adolescence car je sais bien qu’ils ne sont pas éternels. Et on me rappelle les moments où j’ai paru être heureuse. Parfois ça revient un peu, mais souvent, j’ai oublié.
Les mauvais souvenirs, en revanche, affluent, et je n’ai besoin de personne pour cela. Ça vient tout seul. En exagérant à peine, j’en ai des carnets entiers; et je pourrais décrire la plupart d’entre eux avec beaucoup de précision, quand bien même ne sont-ils qu’anecdotiques.

Pourquoi ?

Femme pratique.

Allez, je profite de ce que tout le monde est en vacances pour vous faire une petite confidence: une des seules raisons (mais pas la seule ;-)) pour lesquelles j’apprécie de porter des soutien-gorge (qui soutiennent bien plus les seins que la gorge si j’en crois mon expérience, il faudra qu’on m’explique un jour pourquoi cette dénomination…), c’est que je peux y faire tenir mon lecteur mp3 en été lorsque je n’ai d’autre endroit pour l’y placer.

A l’époque où j’étais insouciante et encore ado, il me servait de porte-monnaie et/ou de porte-clef, mais ce temps est révolu… Snif

De la « fortune » féminine.

Contrairement à ce que j’imaginais, il y a bien des choses qui restent très vives en moi, et qui sont encore et toujours susceptibles de me heurter assez violemment malgré la banalité de leur enveloppe, et la relativité qu’on peut toujours leur appliquer (en fonction d’un coefficient plus ou moins paramétrable).

Pour faire la publicité d’un documentaire-reconstitution au sujet d’un conquérant sanguinaire, une annonce était à peu de choses près ainsi libellée : « la fortune d’un homme » (en l’occurrence, le « grand » conquérant dont s’agit), c’est de « vaincre ses ennemis », s’emparer de ses terres, et « jouir de ses femmes ».
Outre le fait que cela laisse à penser que si Hitler n’est pas un héros, ce n’est pas parce qu’il appliquait des méthodes inhumaines (tant sur le plan politique que militaire), mais bien seulement parce qu’il a perdu la guerre (…), cela signifie donc (et ce n’est pas un scoop mais ça fait toujours mal) qu’une femme se possède comme on possède une terre, elle se v(i)ole comme du bétail pour le seul plaisir de l’homme, dont la grandeur, finalement, se mesure à son cheptel (je vois mal comment on peut appeler ça autrement, du coup). Car je suppose (à tort peut-être ?) que la question d’un consentement était hors de propos.

Je n’ai certes pas suivi le documentaire en question qui présentait peut-être de l’intérêt, notamment sur un plan technique (effets spéciaux de qualité) et historique, mais probablement pas philosophique (car présenter un Hitler en héros, j’ai vraiment du mal, surtout sur une chaîne publique…).

J’avais juste envie de dire que j’ai très souvent entendu cette bande-annonce pour avoir exceptionnellemnet, ces derniers jours, placé la télévision en fond pendant que je vaquais à d’autres occupations. J’avais beau être complètement absorbée dans une tâche bien spécifique, chaque fois qu’elle était diffusée, je relevais la tête comme par réflexe (mais pas nécessairement vers le poste), les yeux fixés droit devant, avec le souffle raccourci, et le corps qui se crispait.

Alors évidemment, la bande-annonce est censée représenter ce qu’était la « fortune d’un homme » il y a un peu moins de dix siècles.

Mais seulement voilà : cette phrase est libellée au présent de l’indicatif, dans le but annoncé de servir d’appât

L’amie de trente ans.

L’avantage de se fâcher avec une amie de trente ans, c’est que vous pouvez lui balancer (et prendre) tout à travers la figure tout en sachant d’où ça vient. Mais surtout, véhément ou non, ça reste censé, cohérent et presque correct. On sait de quoi on parle, pourquoi on se fâche, jusqu’où va ce qu’on pense, et où commence nos pures colères respectives. On sait à partir de quand nos mots dépassent notre pensée sans besoin de plus de précisions. Mieux encore, même lorsqu’ils dépassent notre pensée, ils ont de toute façon des limites.

Pour ne citer qu’un exemple, une amie de trente ans, même très en colère après vous, n’aurait jamais l’idée de vous balancer une bassesse du genre « c’est le bon dieu qui t’a punie » (et encore moins d’en être fière) lorsqu’elle s’aperçoit que vous souffrez beaucoup pour une raison extérieure (genre une sciatique), juste parce qu’elle est devenue irascible pour cause de tentative (manifestement vaine) d’arrêtage de fumer. Elle aura encore moins l’audace de prétendre que vous êtes bien susceptible puisqu’elle plaisantait. Au mieux elle vous dira « tu m’emmerdes, je me tire, à plus tard ». Ou bien vexée par vos propres propos, elle vous fera remarquer que vous n’êtes pas très fair play.

Le problème c’est que les amis de trente ans, plus on avance en âge, moins il y en a…