Quand j’arrive à trouver le courage de faire un truc que je voulais faire depuis très longtemps (en ce moment, de la couture), une fois que j’ai déballé tout le matériel nécessaire et commencé mes travaux, si, alors qu’il est temps de passer à autre chose, ils ne sont pas terminés ou si j’en ai d’autres dans ma musette du même gabarit (en l’occurrence je me suis entraînée sur un vieux drap, j’aimerais désormais passer au "pour de vrai"), je n’arrive pas à ranger le matériel en question, car je me dis que puisque – Ô miracle – j’ai déjà réussi à m’y mettre, c’est que je suis (enfin) dans une période faste, et que donc, il n’y a pas de raisons pour que je ne parvienne pas à m’y remettre relativement rapidement.
Alors je laisse le matériel en place, ou plus exactement, je le ramasse vaguement pour qu’il prenne moins de place, mais je ne le range pas, avec l’espoir de…
C’est ainsi (entre autres hein?) que, pendant des années, j’ai eu un bazar permanent dans ma demeure.
Mais plus ennuyeux encore, c’est également ainsi qu’on se met la pression, sans même s’en apercevoir, alimentant ainsi une sorte de cercle vicieux; c’est que, au fur et à mesure qu’on voit ce matériel, on se dit: "tiens, tu devrais t’y remettre, là, tant qu’il est sorti". Sauf que l’envie, elle, elle s’est envolée. Alors on reporte: "bah, c’est pas du travail que quelqu’un attend (sous-entendu, y a pas de pression), donc l’envie devrait revenir assez vite, donc, ne range pas".
Erreur.
D’autant que cela laisse une impression de "pas fini". Et que traîne cette idée quelque part par là (assez loin pour qu’on l’entende pas mais assez proche pour peser lourdement sur "l’arrière-conscient") que chaque fois que vous ferez une activité, finalement, ce sera du bazar en plus, que c’est vraiment trop compliqué et que mieux vaut s’abstenir.
Alors voilà. Mon matériel de couture, puisque le délai fatidique de 36 heures est passé sans succès, je vais le ranger (snif, tant pis pour ma robe-serpillère-toute-neuve). Puisque j’ai enfin compris que ça ne sert à rien, que l’arrière-conscient accepte de couler vers le conscient (j’adore quand il fait ça, la vie est tellement plus facile…), et que je dispose enfin de l’énergie adéquate pour mener une activité jusqu’au bout (sortir le matériel, l’utiliser, puis le ranger).
Si les hommes pouvaient en faire autant quand ils se mettent à faire la cuisine… 🙂