Parmi les représentations morbides que l’on peut se faire quand on a mal, il y a celle qui revient le plus souvent ces derniers temps (spécialement quand on me pose un lapin lors d’un rendez-vous qui comptait pour moi): je me fais "planter" par au moins cinq couteaux dans le ventre. Quand c’est moins grave (comme la dernière fois), ce sont des coups de poing à répétition, comme un punching ball.
Mais ce peut être aussi une dague. En ce moment, c’est elle qui est là.
Sinon, il y a aussi celle qui me cloue au mur à l’aide d’une lance façon âge de pierre, au niveau de l’estomac, juste à la limite inférieure du spectre solaire, éventuellement (mais c’est assez rare) au niveau du front. Parfois il y a plusieurs lances. Toujours en nombre impair, car je n’aime pas les nombres pairs. Après, tout, elles sont là pour me soulager et me faire "plaisir", ces représentations. Voilà pour les objets contondents.
Concernant les armes à feu, il y a le revolver qui se trouve environ à un mètre de mon front, de façon parfaitement perpendiculaire et qui fait feu, bien sûr. Pas sur la tempe, ça ne me parle pas, ou peu, et jamais sous la mâchoire ni dans la bouche (c’est le meilleur moyen de rater le cerveau), seulement sur le front, et pas à bout touchant. En général ça, c’est quand j’ai fait un boulot très dur intellectuellement, que j’ai du mal à comprendre ce que je lis, et que je m’aperçois soit que ça sert pas à grand chose, soit qu’on me l’a confié à peu près pour se débarrasser et parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse ou bien pour me mettre à l’épreuve comme l’a fait mon prof il y a quinze jours. C’est-à-dire que dans l’absolu, ce n’est pas vraiment utile ou du moins, on aurait pu s’abstenir de me le confier.
Côté larges lames, il y a l’échafaud et le coupage de tête, avec les mains dans le dos, une exécution classique, quoi (notez tout de même la petite touffe d’herbe sur la droite, et qui est censée représenter l’espoir: en fait on la voit pas, mais j’y tiens!).
Il y a aussi la lame qui sert à l’échafaud mais sans l’échafaud, et en plus large et qui me coupe le corps en deux, de façon très nette ("précis affuté pointu" comme dirait Eric Cantona dans une publicité), juste au dessus des hanches. Ça, c’est quand je vais plutôt mieux en général.
Bref, c’est un peu toujours la même chose quand même. Pourtant, il y avait bien pire que tout ça, mais c’est bien trop trash pour être décrit, et puis je n’y pense plus, même dans les "envies d’crever".
C’que c’est le progrès quand même…
(voilà, vous hésitiez, maintenant vous savez: je suis folle !)