Des puits sans fond…

La plupart des névrosés de mon genre, je crois, sont hypersensibles (émophiles ?). Certains, de l’extérieur, diront qu’ils sont capricieux ou comédiens. Ou bien susceptibles.
Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que moi, je ne le vis pas du tout comme ça. Je vis les choses très profondément, et elles me font très facilement mal, et beaucoup.
Contrairement à ce que l’on m’a souvent conseillé, je refuse de "mettre le mouchoir par-dessus", et je "ressasse les mêmes choses", jusqu’à ce qu’il me semble opportun de "passer à autre chose" (ce qui n’est possible que sous certaines conditions, mais alors ce n’est plus une question de volonté). Et je ne peux que constater que depuis que je n’en fais "qu’à ma tête" (dans les meilleures proportions possibles et en respectant au mieux le regard des autres), je vais mieux.

Il est fort probable que si les choses peuvent marquer un individu à ce point, c’est en partie parce qu’il n’a rien qui retient son attention à côté. Par exemple, quand on a un travail intéressant, on n’a pas le temps de s’appesantir sur ces choses là, et en conséquence, elles sont peut-être un peu moins douloureuses, ou au moins un peu moins marquantes. Ce que je ne sais pas, c’est la proportion dans laquelle ça joue.
Car pour ce qui me concerne, il me semble bien que même dans l’urgence et captée par ailleurs, quoique mes proches essayassent de me convaincre du contraire, ces choses là me marqueraient quand même; c’est du moins le souvenir aigu qu’il me reste du temps où ma vie fut très active (ça n’a jamais été que très bref).
De ce point de vue là, je souscris en partie à la théorie du refoulement de Freud, qui n’est pourtant pas mon pote…

Il y a quelques mois, je parlais des montagnes russes : elles sont nécessairement liées à cette hypersensibilité-émophilie. Et souvent, ça fait mal. Comme une déchirure musculaire, ou une entaille profonde. Une de temps en temps, on s’en remet.

Quand ça se renouvelle tout le temps, c’est déjà plus dur…

Miam.

Aujourd’hui, j’ai mangé un avocat.
J’adore les avocats. D’abord, je trouve ça joli. Tant par la forme que par la couleur. Et puis j’aime leur consistance. Je pourrais en dire autant du melon… quel délice ce truc !

Tiens, ça me fait penser que pourtant, je déteste les premiers quand ils "ont" le second, ce qui est encore trop fréquent à mon goût. Mais ce goût là, c’est une autre histoire.

Peu importe en tout cas, je me suis régalée !
Et puis tant que j’y suis, si l’un d’entre vous connaît un truc pour faire pousser des litchis chez soi, je suis preneuse…

De la compagnie.

Toujours, lorsque je me trouve en compagnie, je sens des moments de vide. J’ai envie de dire, des moments de « grand vide ». Il y en a trop partout, ça s’agite dans tous les sens: il faut que je m’enfuis. C’est vrai quel que soit le nombre, mais évidemment, plus il y en a, plus c’est vrai. Même lorsqu’on n’est que deux, même si ça ne "s’agite" pas, il y a l’attention que l’on porte à l’autre, ainsi que le jugement même inconscient qu’on est susceptibles de se porter mutuellement et qui me bloque plus ou moins. Il y a aussi les décisions à prendre sur "ce que l’on va faire". Tout seul, c’est gérable, on peut se tromper et donc changer d’avis sans conséquences pour les autres. A deux ou plus, c’est délicat et parfois impossible. C’est pire encore si l’autre compte sur vous, plus ou moins consciemment, comme vous comptez plus ou moins sur lui (ce que vous savez que vous avez tort de faire, mais que, parfois,  vous ne pouvez vous empêcher de faire).

Au mois de mai, à cet égard, j’avais accompli un exploit : j’avais passé quatre jours avec quatre personnes (qui n’avaient pas besoin de moi pour prendre des décisions et qui m’associaient pourtant potentiellement dans chacune d’elles: le panard) sans m’isoler à aucun moment et en participant à toutes les « activités ». Rien d’extraordinaire d’ailleurs. Des promenades en ville ou à la campagne, quelques bouffes sympas, des conversations au coin du feu. D’habitude, il y a toujours un moment où je m’éclipse, je me retire, j’ai besoin de souffler. Cette fois là, non. Sans doute parce que d’une part ils ne comptaient pas sur moi pour faire des choses, en même temps que j’existais pleinement pour eux malgré cela et que d’autre part, la maison était suffisamment grande pour que je puisse m’isoler en cas de "nécessité", sans que cela leur pose le moindre porblème.

Et toujours, en dehors de cette notable exception, je suis partagée entre l’envie de vie et de participer (à presque tout), et ce que je peux en supporter. Un peu comme les personnes qui mangent trop lors d’un repas, bien arrosé de surcroît, et qui finissent par être malades. Pas facile de trouver la limite.
Alors je jongle, mais en général, j’ai toujours besoin d’avoir une perspective, pas trop lointaine, d’un temps indéfini (ou d’au moins une semaine en tout cas) où je vais enfin me retrouver seule et sans aucune obligation. Ce sont les seuls moments où je parviens à me "reconstruire", à retrouver le minimum de repères dont j’ai besoin, à retrouver mon souffle psychique.
En quelques sortes, la compagnie (la vie en général d’ailleurs) me mène toujours à la solitude: d’abord en ce que j’en aie besoin toujours après, mais également en ce que, sachant que je vais en avoir besoin juste après et que je ne peux pas me le permettre pour cause d’obligations sociales (travail, soucis administratifs, engagements pris, etc), je choisisse finalement de ne voir personne.

De la compagnie qui mène à la solitude, cela ne fait qu’un paradoxe de plus…

De la téléphonithérapie (2/2).

Pour ceux qui se posent des questions, ce téléphone n’a pas fait que tomber. Je l’ai éclaté par terre, de colère, parce que je me sentais malheureuse, et totalement impuissante.

Ça a pris une fraction de seconde.

Alors qu’il sonnait, que j’étais dans un état très particulier de colère (rassurez-vous, c’est tout à fait exceptionnel), que je voulais absolument décrocher, et que encore une fois ce satané téléphone s’y opposait farouchement, je me suis dit les choses suivantes:

1. il m’iiinerve ce téléphone qui marche quand il veut; sauf qu’aujourd’hui, ça tombe bien, j’ai particulièrement besoin de me défouler sur quelque chose, sinon je vais vraiment devenir folle;

2. de toute façon, je ne peux pas décrocher ça ne changera rien pour mon interlocuteur;

3. il me reste le téléphone portable si vraiment y a besoin;

4. je l’ai payé 10 euros et il a presque fait son temps;

5. bon, d’accord, lâche toi.

C’est idiot mais, même si on n’est pas fier du tout après ça, ça fait vraiment du bien.

En cas de crise, vous devriez essayer !

De la téléphonithérapie (1/2).

Il y a des jours (comme dimanche) où je me sens comme ça:

Tlphonez_moi_pour_voir_2

 

Vous me croirez si vous voulez, mais il fonctionnait encore. Disons du moins les fonctions vitales.
Et c’était une de mes amies qui, patiemment, et ignorant le "drame" qui se déroulait, essayait encore de m’avoir. Ben elle a réussi !
Et nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire…
Des trucs comme ça, ça redonne comme un peu d’espoir, je trouve.

Non pas de conserver ce pauvre téléphone (encore que j’ai essayé quand même un peu), mais au moins de rester connecté (à la vie, bien sûr).

Merci d’avoir pris la relève, copine.

Des pages à tourner.

J’ai encore pleuré l’autre jour, donc. Mais contrairement aux souffrances surnuméraires (qui font qu’on pleure devant les pubs), c’était pour une raison bien précise. En quelques mots, on m’a fait miroiter un truc qui m’a mise dans tous mes états: de désir, et donc d’angoisse.
Puis, alors que j’étais en ébullition, on m’a oubliée: on ne m’a pas rappelée alors que j’avais demandé des informations (l’angoisse et l’incertitude sont tout à fait incompatibles), on s’est contenté de m’envoyer un email pour me faire savoir que bon, finalement, on n’avait que peu de temps à me consacrer, sans autre précision opportune (avait-on eu mes messages? Etais-je attendue? Etait-ce une façon détournée ou inavouée de dire qu’on annulait?).

Moi, j’avais déjà fait mon sac, quand j’ai lu cet email. J’avais déjà surmonté la plupart de mes angoisses, j’avais prévu de partir, j’avais tout organisé dans mon esprit faible qui était devenu presque fort, il ne me manquait plus que savoir l’heure et l’endroit exacts, pour déterminer si, au final, c’était vraiment possible ou non. Il n’y avait plus qu’à aboutir (ce fameux truc que je sais pas faire). Et pour cela, j’avais besoin d’informations. Celles que j’avais gentiment demandées, en laissant un message.
Et qui ne sont jamais venues.

C’est toujours pareil, il y a toujours un moment où je deviens beaucoup plus fragile qu’à l’accoutumée (normal quand on a des sentiments me direz-vous), et c’est souvent celui-là que choisit l’autre pour décocher une flèche. En schématisant à peine, ça donne: "on se voit ce week-end?" / "Oh ben non finalement, j’ai mieux à faire", juste au moment où vous avez sorti vos yeux de merlan frit (c’est pour ça peut-être?).

Alors évidemment, ça les a fait doublement pleurer: d’abord un week-end enchanté qui tombe froidement à l’eau, ensuite la conscience redevenue aiguë que, au vu des circonstances, cela ne pourra que se reproduire un jour.
Un email…

Non, je ne veux plus jamais ça. Ça me fait beaucoup trop mal. Ça a comme conséquence que quelques chose se brise au fond de moi, et que je n’ai plus de désir. Ou alors, s’il arrive qu’il revienne quelques temps plus tard parce que l’archer aura su se montrer compréhensif, attentif et "panseur", il est amputé, de sorte qu’il a une fâcheuse tendance à se casser la figure à chaque fois qu’il se meut.
Pour peu qu’une autre flèche vous soit envoyée, même de façon involontaire et pour une blessure moins profonde cette fois, il a beau se montrer à nouveau désolé et vous exposer de façon raisonnable les raisons de son geste, comment pouvez-vous le croire encore? Comment est-il possible de lui donner encore une chance?
Moi en tout cas, je n’y arrive pas, il y a quelque chose d’impossible là-dedans: ça met trop à mal mes doutes et mes incertitudes. Mieux vaut, me dicte la raison soutenue par l’expérience, tirer sa révérence et disparaître.
Tourner la page. Une de plus, quoi.
Quand bien même eût elle été à la fois ardue et prometteuse.

Mais dont il serait bon que seul le titre subsiste.

De la dure vie des cloches.

Ce soir, j’ai dîné chez ma mère. Elle m’avait demandé de passer pour prendre mon "avis" au sujet d’un "projet". C’est que quand je lui manque, elle a toujours quelques bonnes raisons dans sa besace pour me faire venir.
J’avais pris soin d’arrêter de pleurer en début d’après-midi de sorte que ça ne se voit pas, même si quelques unes sont parvenues à passer le barrage que j’avais construit en quelques heures. C’est pas compliqué, il suffit de se mettre en mode robot, militaire, "je ne ressens plus rien", "je trace". Mon miroir, avant de partir, m’indiquait que mes yeux n’étaient plus ni rouges ni gonflés.

Mais c’était sans compter la perspicacité d’une mère. Elle a commencé par constater que j’étais pâle et que j’avais l’air fatiguée, j’ai acquiescé, expliquant que je n’avais pas mangé. Ce n’est pas elle qui me fera la leçon, je n’ai jamais rien fait d’autre en la matière que prendre sa suite. Puis elle m’a demandé si j’avais pleuré.
Bon, je déteste mentir. Je lui ai juste dit que ce n’était pas grave puisque c’était "circonstanciel" et non "fondamental" (pour une fois…). Il était hors de question, bien sûr, que je m’étende sur le sujet.

Car vous l’ignorez, mais entre mes derniers pleurs et ceux-ci, il y a eu un "remonte-pente", galvanisé par ma naïveté légendaire et indécrottable. Puis une chute brutale. Comme d’hab.

C’est pour ça que je n’ai pas écrit, hier d’ailleurs. J’avais la tête qui bouillonnait vraiment trop. Du genre que lorsqu’une idée apparaissait, elle mourait étouffée sur-le-champ. Ça doit être la raison de la douche froide que j’ai prise, je suppose. Les autres ont la fâcheuse habitude de vous "remettre en place", mais rarement à celle que vous aimez, et encore moins de la façon que vous auriez souhaitée.

Ce soir en tout cas, une fois encore, je peux vous certifier que les montagnes russes, c’est épuisant: je me sens complètement sonnée.

Des souffrances surnuméraires.

Depuis tout ce temps que je dis que je vais mieux (et c’est vrai), je continue pourtant à aller mal régulièrement.
C’est systématique: dans ces moments là, où je pleure recroquevillée dans mon lit tous appareils éteints, j’ai une parfaite conscience que c’était "pire avant". Et à chaque fois, je m’étonne, et je me demande comment j’avais pu surmonter ça, comment je ne souffre plus "que ça", bref, comment était-il possible que ce soit pire ? Pourtant, ça l’était. Clairement.

Cela ne suffit évidemment pas à me remonter le moral puisque dans ces moments là, rien ne le peut. Alors en l’absence de cause identifiée pour quelqu’un qui a néanmoins l’habitude de les repérer, cela me conduit non sans une certaine prétention à penser qu’il n’est plus question de psychologie ni de Freud, mais bien de neurologie, ou d’hormones, bref, de biologie. La psychologie a fait son temps, en quelques sortes, elle a montré son utilité, maintenant, il faut qu’elle passe le relai. Pourtant, ce n’est pas logique. Pourquoi devrait-elle le faire, puisqu’elle a fait ses preuves par le passé (je vais mieux, et je sais que c’est relativement à un travail psychologique pour des raisons longues à expliquer)? Pourquoi tout à coup deviendrait-elle bonne à rien?

Et pourtant, j’ai réellement l’impression d’avoir à faire à des
"souffrances surnuméraires". Je n’en identifie pas du tout la cause (à part la fatigue? Mais alors qui arrive bien facilement, je trouve… cause ou conséquence?), ou
ce que j’appelle habituellement "l’étincelle".
Par  exemple, je suis en train de faire mes courses, presque en chantonnant – au moins dans ma tête (c’est déjà pas bien fréquent), et puis voilà, j’arrête de chanter. Il y a un petit temps de latence, neutre, dont je ne prends pas conscience. Puis je me sens envahie par tristesse et fatigue que je n’explique pas. C’est alors que je vois presque tout en noir, seulement les choses négatives, et que mon comportement s’adapte à ce voile. Les choses s’enchaînent alors.

Heureusement, le plus souvent, je m’en aperçois (avec l’entraînement), et je sais immédiatement ce qu’il faut que je fasse: me concentrer sur ce qui me semble encore possible de faire, le faire le plus lentement possible (pour éviter les "surbêtises" et surtout, l’amplification du phénomène, histoire de pouvoir me relever le plus vite possible), et vite me carapater à la maison, m’enfermer à double tour, éventuellement couper le téléphone et me mettre au lit pour les cas les plus graves.

Le hic, c’est que ça arrive encore très souvent.

Jusqu’à quand?
Et surtout, pourquoi rien n’y fait?

Des engins iniques (3/3).

(Des 4×4.)
De la même façon, tout aussi égoïstes, les conducteurs de 4×4. Alors ça, les 4×4, je ne comprends même pas comment on arrive encore à en vendre. Ou plutôt comment il y a encore des gens pour les acheter.
Evidemment, on peut difficilement se passer d’une voiture à l’heure actuelle, à part lorsqu’on vit à Paris ou dans une grande métropole, peut-être. Mais enfin, pourquoi un 4×4 ??

Tout le monde sait pertinemment que les 4×4 sont de consommation excessive et qu’ils ruinent l’atmosphère bien plus que ne le ferait d’autres voitures (encore que ça dépend évidemment desquelles; dans le meilleur des cas, un 4×4 consomme au moins autant qu’un utilitaire).
Tout le monde sait aussi que la véritable utilisation du 4×4 n’a de sens que sur des chemins qui n’existent plus, ou si peu, en France. Des pistes comme on peut en trouver en Afrique sur des kilomètres entiers par exemple, mais que même le chemin le plus défoncé d’une forêt reculée de France n’arrive pas à la cheville.
Au pire, ce chemin, il fera quoi ? 500m ? Ahah la belle affaire.
Eh quoi? Une voiture classique ne peut pas se coltiner quelques crevasses à titre exceptionnel? Car que l’on ne vienne pas me dire que les conducteurs de 4×4 ont besoin de ce type de véhicule. Quand bien même joueraient-ils au golf au moins une fois par semaine dans un coin paumé (c’est que j’en ai appris des vertes [pour ne pas dire green] et des pas mûres sur les chefs d’entreprise il y a peu…!).

Alors comment est-on assez égoïste pour rouler avec ces choses? D’autant que le comportement des conducteurs de 4×4 sur la route est assez souvent typique: je suis là, je passe devant tout le monde, et je vous Emmerde. Alors voilà, nous n’avons plus rien à dire, nous, les gueux (se disent-ils).
Les jet-skieurs, au moins, parfois, ils s’aperçoivent qu’ils font du bruit, qu’ils emmerdent tout le monde sauf eux, et il y en a un qui rappelle aux autres qu’il faut aller jouer plus loin. La législation n’est pas à leur avantage même si c’est déjà trop à mon goût, et que, en outre le plus souvent, ils s’en foutent un peu.
Les conducteurs de 4×4 eux, rien (encore que j’ai ouï dire qu’il allait être mis en place une sorte de taxe anti pollution, et je m’interroge déjà sur la façon dont elle va être répercutée sur ceux qui n’ont les moyens de rouler que dans une vieille voiture, eux…).

Alors voilà: si ma conscience et mon éthique ne me l’interdisaient pas, je la monterais, la BLAEIM*, et là où je ne doute pas une seule seconde que les chauffeurs de ce type d’engin ne manquaient jamais, enfants, d’arracher soigneusement les pattes des insectes encore vivants "pour voir ce que ça fait" ou "parce que c’est rigolo", je m’amuserais la nuit, avec mes petits copains, et avec la même conscience sadique, à les détruire les uns après les autres… pour les mêmes raisons (les engins, pas les chauffeurs!).
J’aurais, de surcroît, le sentiment de rendre service à nos pauvres oreilles et à nos poumons.

Niarf.

* La brigade de Lutte Anti Engin Inique à Moteur. Vous notez au passage la sonorité du logo, qui correspond, à peu de choses près, au "doux" bruit (tout est relatif) que constituerait mon poing dans la figure des divers utilisateurs des engins susmentionnés. Mmh, c’est bon de se lâcher parfois…

Souvenirs.

Lors de ma promenade dominicale, mes jambes m’ont conduite de "mon" stade à mon collège. Je les ai suivies, un peu (mais agréablement) surprise. Un trajet que j’ai fait toutes les semaines pendant les quatre ans que j’y suis restée. Aucun souvenir ne s’est fait jour dans ce sens là. Les seuls souvenirs qui ont afflué sont ceux qui eurent lieu en sens inverse, ainsi que dans les quartiers alentours où il m’arrivait d’aller après les cours.
Il est d’ailleurs curieux que, bien que je vive à proximité depuis mon dernier déménagement, je n’y sois jamais retournée, alors que je suis retournée sur d’autres "lieux à souvenirs" dans une sorte de souci de "colmater les brèches", chose rendue un peu possible par le chemin parcouru depuis lors. C’est diffus, mais c’est un truc dans ce goût là, et j’ai le sentiment assez net que c’est bon pour ce que j’ai.

A titre anecdotique, j’ai pu à cette occasion encore observer la mémoire fonctionner. Par flash, parfois avec certitude, parfois avec des doutes. Ces aléas ont tendance à m’agacer d’ailleurs, ils m’insécurisent, et toujours lorsque je m’en aperçois, je tente de me convaincre qu’il faut serait salutaire de les accepter et qu’au fond, c’est peut-être ça qui rend la vie intéressante. En tout cas, c’est ce que tout le monde dit: mais comme toujours, les idées plaquées ont leur limites, et l’expérience a son mot à dire, qui ne peut exister que si elle ne croule pas sous les plaquages…

Mais surtout, j’ai pu constater qu’il y avait deux points communs – qui se rejoignent – à chaque souvenir: les choses (de la vie) me paraissaient toujours très étranges, et je ne me sentais jamais à ma place. Bien des questions de l’époque (souvent stupides) sont restées sans réponses, par exemple: quel intérêt peut avoir une personne à jeter son baril de lessive vide sur le côté d’une voie ferrée ?

Mais surtout, comment se peut-il que je me sois sentie à ce point étrangère à ma propre vie ? Car c’est énorme, et il me semble que c’était plus vrai au collège qu’à n’importe quel autre moment de ma vie. C’est du moins ce qui ressort de mes différents pélerinages.

Pourquoi ce sentiment perdure-t-il?
Car même s’il est moins violent, il ne m’a jamais quittée… est-ce que ça aussi je dois l’accepter?