Plus ça va, moins il est normal d’utiliser des appareils sans télécommande, ce qui est d’un certain point de vue une bénédiction pour les "deux d’tension" de mon genre. Seules les commandes de base (et encore) sont disponibles sur l’appareil lui-même, en sorte qu’il est impossible, par exemple, de régler les fréquences sans elle. De même, il est vivement conseillé de maintenir en vie les quelques rares boutons qui furent installés sur le poste lui-même.
Gare aux têtes en l’air qui égarent régulièrement le précieux petit boîtier, donc. Dommage aussi pour ceux qui les cassent car les télécommandes universelles ne permettent pas, jusqu’à plus ample informée, d’accéder aux fonctions avancées.
Mieux vaut éviter de cumuler le côté "deux d’tension" et le côté "ch’ais p’us où j’habite" ou "polio-des-mains", donc.
Or c’est en voulant regarder ma boîte à images (un peu plus ou un peu moins de vide, parfois, je ne suis pas à ça près), que je me suis saisie de la télécommande dont j’ai âprement constaté qu’elle ne fonctionnait plus…
Il m’était donc interdit de m’abrutir, cette fois.
Bénédiction! me suis-je dit: de toute façon, je la regarde trop, cette satanée télévision.
Quelques minutes plus tard, je démontais fébrilement le petit boîtier puisque le changement de pile n’y avait rien changé. Il présentait des signes de faux contact depuis quelques temps, il fallait croire que le système avait enfin cédé. J’allais même jusqu’à ressortir le fer à souder du grand-père (celui dont j’ai hérité parmi d’autres babioles que l’on m’envie à l’occasion, et qu’il avait lui-même dû hériter de son grand-père si j’en juge par son aspect).
En vain. La chose refusait obstinément de fonctionner, de sorte qu’il m’était impossible désormais de faire joujou avec ma boîte à images.
Damned.
Après avoir trimé pendant une petite heure, je me suis aperçue que, contrairement à d’habitude, ma chère télévision avait été éteinte, la veille, par le bouton situé juste sous l’écran… le seul qui fonctionne encore*. J’ai pourtant eu du mal à me rappeler d’avoir fait ce geste.
Voilà ce qu’il en coûte de veiller trop tard devant cette invention du diable…! Au moment de se coucher, épuisé que l’on est, on ne sait plus ce que l’on fait.
* Pour la petite histoire, malgré ma courageuse intervention pour préserver la santé du petit boîtier, il a gardé tous ses faux-contacts le bougre !