Parfois, il m’arrive d’être envahie d’immenses vagues de fatigue. C’est toujours vrai s’il me manque ne serait ce qu’une demi-heure de sommeil, mais ça l’est parfois aussi alors que j’ai à peu près dormi ce dont j’avais besoin.
Ces vagues de fatigue, je les ai toujours connues.
Je me sens fatiguée, j’éprouve le besoin très fort de m’allonger et de fermer les yeux. Si je ne le fais pas, je me mets à bailler toutes les deux ou trois minutes, voire davantage.
Les yeux pleurent, le nez coule, les joues tombent et je me sens mal.
Je n’ai jamais su si c’était « normal » (je veux dire même quand j’ai assez dormi). Ce que j’ai fini par comprendre en revanche au fil des années, c’est qu’il ne fallait pas avoir de scrupules à vouloir se sentir mieux et que l’on n’était pas obligé de lutter sans arrêt contre quelque chose. En tout cas, les gens ne font pas ça. De temps en temps ils se reposent.
C’est ça aussi, le handicap d’un dépressif. S’il ne lutte pas sans arrêt, il fait « moins » que les autres. S’il lutte sans arrêt, non seulement il n’a plus aucune raison de vivre mais surtout, il souffre de plus en plus.
Ainsi donc, avant, lorsque cela m’arrivait, je luttais systématiquement, même si j’étais chez moi. Désormais, à moins d’être en cours par exemple (et encore), je fais tout ce que je peux pour aller me reposer. Notamment, je coupe le téléphone. Le plus souvent, je m’endors, généralement sans que cela n’entame ma nuit suivante.
Mais même si j’ai adopté cette politique désormais, elles sont fatigantes, ces vagues de fatigue…!