Antidépresseurs côté pile.

Ça y est, je les prends, les nouveaux antidépresseurs*. Le docteur de la tête qui s’occupe de mon traitement chimique m’avait prescrit une dose intermédiaire (on va dire le docteur des molécules histoire d’éviter les confusions).

Pourtant, dès le premier cachet, au bout d’une demie-heure à peine, je ne pouvais plus conduire, et j’avais de la peine à parler tellement je me sentais « azimutée ». Cela a duré trois ou quatre heures. En outre, la nuit même, je faisais une terrible crise d’angoisse, comme je n’en avais jamais connues.

Bien évidemment, et parce que je n’avais pris qu’un seul cachet à ce jour, je cessais immédiatement le traitement en attendant les jours ouvrables me permettant de prendre conseil et de savoir quelle devait être la marche à suivre.
"Ah ben au moins ça vous fait de l’effet !", m’a-t-on dit. "Mais surtout ne continuez pas cette dose : prenez-en la moitié, voir ce que ça donne".

Bien.

De fait, il existe quelques légers avantages.
D’abord, beaucoup moins de pleurs. Parfois j’entends crier les larmes, elles veulent sortir, mais quelque chose les en empêche : "RAUS" leur dit-on avec une fermeté presque terrifiante.
Moins de scrupules également, j’apprends à dire merde, à trouver ma place. A avoir le droit d’exister. C’est quand même déjà pas mal, même si c’est encore très, très loin d’être gagné. Certains rêves sont "plus normaux". Pas encore neutres, toujours plutôt négatifs, mais moins pires que ceux que j’ai l’habitude de faire.

Toujours pas de désir de vivre, pourtant.
Et quand je vois le revers de la médaille, depuis trois semaines que j’ai commencé le traitement, encore une fois, je suis saisie de violents doutes.

* De la classe des IRS, paraît-il (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine).