Des (non) ménagements.

Plein de choses me dégoûtent dans cette nouvelle demeure, et bien que je me sente mieux qu’avant depuis quelques jours, je n’ai pas l’énergie adéquate pour les rendre moins dégoûtantes, et pour les faire miennes. La seule chose que j’ai pu faire (avec de l’aide), c’est m’acheter une friteuse et faire des vraies bonnes frites repeindre la cuisine. Mais il se trouve que l’évier, les plaques de cuisson, le plan de travail et les placards me dégoûtent (même propres), soit par la vue, soit par l’odeur, sans que le plombier puisse me dire d’où ça vient, cette humidité permanente.

J’ai bien fait faire quelques travaux indispensables (comme faire installer une ventilation et le tout à l’égoût) – ce qui est crevant pour qui est sans énergie, même si on délègue! – , et il y a du mieux. Mais je suis encore si loin du compte !
Il y a tant à faire, et surtout, tant à imaginer et à calculer. ça paraît simple pour n’importe qui de mon entourage: ils me disent tous ce qu’ils feraient, qu’il suffit de, ils me proposent même leur aide, parfois, ce que je ne manque jamais d’apprécier. Pourtant, même se faire aider, ça n’a pas l’air, mais ça suppose plein de préalables…

Et toujours, au fur et à mesure qu’ils me parlent, je prends la mesure de tout ce qui fait notre différence. Sans même parler de gros travaux, je vois toutes ces petites choses qui leur paraissent simples (du type peindre tel radiateur donc acheter le pinceau et la peinture adéquats, ou bien plus simplement choisir une couleur pour tel endroit), et qui sont déjà des montagnes à mes yeux. Comment pourraient-ils le comprendre? C’est si simple quand on est valide de la tête!

Ah bien sûr, si je m’écoutais, j’en ferais des choses. Je vous épargne la liste, mais croyez moi, elle est longue. Pourtant, je suis même incapable d’imaginer l’aménagement d’un placard pour ranger mes affaires correctement (elles sont encore dans un carton) ! Juste l’imaginer, j’y arrive à peine. Quant à décider… pensez donc !
J’ai beau me dire que tant mieux, ça veut dire qu’il y a plein de projets potentiels, plein de choses à faire, et que j’ai tout mon temps pour les faire, rien n’y fait.

Alors quand je me sens mal, je tourne en rond, je passe d’une pièce à l’autre, j’erre, et je me dis des choses comme: "Et bien, voici donc ma nouvelle prison"…

Dans les meilleurs moments, je me dis que c’est un terrain de jeu, un laboratoire, que j’ai une chance inouïe. Sauf que je m’aperçois toujours très vite que je n’ai jamais envie de jouer… Alors je chasse cette idée, et je passe à autre chose, avant de (re)devenir négative. Je me dis que cela ne se commande pas, mais que si je continue à me battre contre le négatif, le positif finira bien par percer…

Légion’air.

Tout à l’heure, en rentrant de chez le magicien (mon ostéopathe), je marchais tranquillement dans les petites rues quasi désertes de ma ville, plongée dans mes pensées comme souvent. En l’occurrence, je me disais que l’hypnose et l’ostéopathie étaient probablement très complémentaires.

Car je me sentais bien. Fatiguée, mais bien.

Il y avait là un homme, assis sur un rebord de fenêtre comme s’il était dans son salon, les cheveux gris, un béret gris aussi, et sa canne. Au moment où je suis passée, il a légèrement soulevé son béret, avec un signe de la tête me saluant d’un "Madame…" respectueux.

– Monsieur…, ai-je répondu avec un égal signe de tête et un sourire poli.
Il a souri à son tour et m’a dit:
– Vous avez le pas d’un homme de la légion !
– (moi, riant presque, très surprise) de la légion ?
– (lui, ferme et pensif) Oui, le pas d’un homme de la légion…

Après tout, il avait peut-être raison: j’ai ri, mais je n’ai même pas ralenti.

Alors je me suis dit que s’il pensait ce qu’il disait, l’ostéopathie et l’hypnose étaient peut-être vraiment complémentaires. Car à ce moment là, outre le fait que j’avais l’impression de marcher tranquillement, c’est sûr, c’étaient elles qui me portaient…

De la souffrance morale.

Il semble qu’il y ait plusieurs composantes à la souffrance morale.

De façon un peu arbitraire et encore très confuse (difficile d’y voir clair entre le brouillard et les nuages "noirs foncés"), on pourrait dire que la souffrance regroupe la douleur + toutes les autres choses qui font mal mais de façon accessoire par rapport à la douleur proprement dite.

La douleur serait ce qui "tord" l’esprit, l’estomac, les boyaux, etc, c’est elle qui, quand vous vous prostrez vous fait vous tordre le corps, vous tirer les cheveux en fermant violemment les poings, vous enfoncer les ongles dans les joues (les bras, les mains, etc) que vous tirez et pincez, comme pour essayer (vainement) de l’expulser, mais sans aucune volonté – même intermédiaire – de vous faire mal physiquement. Elle peut faire trembler aussi. Une sorte de chose abstraite, qu’on ressent dans chaque cellule du corps. Difficile à traduire avec des mots. C’est une chose indicible, qui vous saisit en quelques sortes, et vous interdit quelque plaisir que ce soit, même en tant qu’image. Qui vous tire irrémédiablement vers le bas, en vous faisant mal. Avec elle, la seule chose que l’on puisse espérer, c’est le soulagement: même pas l’apaisement.

Les autres choses sont assez hétéroclites, bien que d’instinct grégaire. Il arrive néanmoins qu’elles fassent preuve d’une certaine indépendance, dans une certaine mesure, parfois.
Pour l’essentiel, ce peut être l’angoisse (qui se traduit de différentes façons, parfois spectaculaires). Ce peut être également le sentiment de vacuité (ce fameux vide…), les idées noires (conséquences directes de la douleur elle-même) qui se traduisent par tous les "rien n’est intéressant", "l’espoir n’existe pas", "chuis nulle, et incurable", "et pi tout l’monde s’en tape" etc. (il y en a tellement qu’il est impossible de dresser une liste), le manque d’énergie (car il oblige à de gros efforts pour de petites choses sans satisfaction particulière) et l’absence de forces (ce n’est peut-être pas la première fois que je dis ça ici mais même avec de l’énergie, il faut de la force pour faire les choses).

Ça me fait plaisir d’en parler de cette façon là, c’est un peu comme si je les plaquais là, quelque part, en dehors de moi. Je les prendrais bien par le col d’ailleurs, pour leur mettre une belle branlée. Mais elles me font encore beaucoup trop peur. Je sais trop bien que rien ne peut les terrasser pour de bon. Elles ont des ressources insoupçonnées…

Ce que je sais aussi, désormais, c’est que les dépressifs aussi ont des ressources insoupçonnées… et que, quand ils les découvrent enfin, parfois ils parviennent à se mettre à l’abri, même si ce n’est jamais que provisoire.

De pain-pied.

Un jour où je me sentais à peu près bien en sortant acheter du pain avec mes écouteurs sur les oreilles, et alors qu’un de mes voisins d’en face – retraité – était, de dos, en train de poncer sa clôture, je lui ai lancé un "bonjour!" assez jovial, puisque nous avions déjà eu l’occasion de bavarder.
Lui, se retournant vaguement a répondu (autant à son chien qu’à moi): "et elle écoute sa radio… c’est pas bien !"

Ça m’a surpris.
J’ai trouvé ça un peu bête et pas très sympathique, mais je n’ai pas réussi à mal le prendre.
Je me suis dit que c’était sans doute parce qu’il était
concentré sur son travail et que les "c’est pas bien" pour ce genre de
choses, c’était de son âge; au fond, cela correspondait à peu près aux bavardages que nous avions échangés (après tout, il m’avait presque fait la morale parce que je ne fermais pas mes volets la nuit ! Et j’en passe…).
Et puis par hypothèse, les rares fois où je vais chercher du pain (a fortiori lorsque c’est à pied), c’est que je ne souffre pas ou peu, et qu’en principe, je suis en mesure de lutter contre les petites choses négatives.

Du coup, tout naturellement, je lui répondu sur un ton assez enjoué et limite morpion: "attention, elle écoute sa radio mais elle vous entend quand mêême… !"

En fait, je ne sais même pas s’il m’a entendue, lui, ou s’il était juste bougon ce jour là. J’ai regardé vers lui quelques secondes (il continuait à poncer sa clôture), mais ne voyant rien venir en réponse, j’ai cessé, et me suis occupée d’autres choses plus intéressantes.

Comme quoi, quand on a la chance (car c’en est une) de ne pas souffrir, tout va mieux…! Et tout vient tout seul. Comme c’est reposant, une vie de plain-pied !

Quel dommage que ce soit encore si rare, et surtout que, quoique certains en pensent, cela ne se maîtrise pas…

Quand les serveurs se prennent pour des grenouilles…

ils sautent.

Et c’est le meilleur moyen d’être bloqué sur internet. A quoi ça tient la modernité hein?
De toute façon Ursule* est très lent ces temps ci, il rame à chaque commande. Je sens qu’il va avoir droit à un formatage en règle sous peu.

Après tout, c’est la rentrée !
Il suffit, pour s’en convaincre, d’aller faire un tour en ville (impossible de se garer) ou bien d’aller faire quelques courses (c’est la cohue partout).

C’est si étrange après le calme de Bazoches !
J’me demande si je vais pas repartir en week-end…

* mon ordi

Ce que j’aime dans le blogouvernement.

Pour ceux qui ne connaissent pas le "blogouvernement", vous pouvez vous renseigner de façon assez exhaustive ici, ou bien . Ou plus modestement lire ceci.

1. Son autodérision de principe.
Le délice premier du blogouvernement, c’est son autodérision. A ce titre d’ailleurs, ce qui le résume le mieux à mes yeux, c’est une des phrases choisies par jlhuss pour son blogue suscité: "Ne nous prenons pas trop au sérieux… il n’y aura aucun survivant!". Si l’on devait trouver un mot d(e dés)ordre, pour ce blogouvernement, ce pourrait être celui-là: il lui irait à merveille!
En tout cas, c’est certainement ce qui m’a attirée à lui. Former un "(blog)gouvernement de montcuq", quand on aime bloguer et qu’on se lasse de la politique politicarde et autres bassesses de type "c’est pas moi c’est lui !", je ne pouvais pas y résister, c’était trop tentant. Cette façon de ne pas se prendre au sérieux, mais tout en faisant des choses quand même.
J’adore.

2. Des lieux de rencontre improbables, loin de tout, et notamment de la capitale.
Son corrollaire, que j’aime terriblement aussi, c’est sa faculté à se retrouver dans des bleds complètement paumés, à des kilomètres de la civilisation. C’est excellent! Un gouvernement loin du centre: pas pratique mais génial (encore que, c’est plus facile de se loger dans la pampa qu’à Paris!). Pensez donc: Montcuq! Qui eût parié là-dessus? Voyez à quelle distance cela se trouve de la capitale? Et bien ils étaient là quand même, et en nombre.
Rebelotte cette année, à Bazoches. Un nom que personne n’avait jamais entendu prononcer une seule fois dans sa vie (en dehors de ses habitants peut-être?). Un village tout à fait charmant de 200 habitants ! Non vraiment, c’est trop fort.
Des endroits improbables, où pourtant, tous ceux qui peuvent se débrouillent pour venir.

3. Des lieux de rencontres à la fois beaux, reposants et intéressants.
C’est que le blogouvernement, ça se mérite. Il faut y aller, c’est pas n’importe quoi, et ça ne s’adresse pas à n’importe qui: pour y accéder, il faut aimer parcourir les campagnes françaises, et aimer se promener au sein de sa culture historique. Ça aussi, c’est génial.
Car il ne faut pas croire: Montcuq et Bazoches, ce sont des lieux très mignons à visiter, où les promenades, si on le souhaitait, pourraient largement dépasser un week-end. Des lieux hors du temps, charmants, où il fait bon se promener. Je regrette d’ailleurs que nous n’ayions pas eu le temps de nous faire une petite promenade, tous ensemble, à travers les bois, avec un guide comme jlhuss. C’eût été formidable.
Mais que voulez-vous, on bosse!

4. Un peu de sérieux malgré tout.
Car il ne faut pas croire, on ne fait pas que bayer aux corneilles: on bosse! Certes, à notre niveau, c’est-à-dire local (géographiquement comme virtuellement). Mais cela n’interdit pas les débats passionnants, les différents points de vue exposés librement, et respectés quand même y aurait-il désaccord. On apprend des autres… et puis on se marre!
Et ça reste quand même politique. Deux élus se sont déplacés, qui s’intéressent à la question du blogue, non des moindres (un ancien ministre, député [Christian Paul] et le maire d’Auxerre [Guy Férez]). Les conversations ont eu lieu, très librement: quand on le souhaitait, quitte à rater quelques débats ici ou là pour raison d’Etat (de type, j’ai oublié de faire la sieste), personne ne venait nous reprocher d’aller faire un tour dehors. Mais ce qui est super, c’est que d’une façon générale, nous étions tous intéressés par ce qui se disait, donc généralement assidus, et "sages" (à notre façon hein?).
Il faut dire qu’il y avait de tous les horizons, en dehors de la bêtise.

5. Un peu de finesse aussi.
Car dans ce blogouvernement, il y a de la finesse. Un bon dosage entre les "oué ta mèr’, ségo j’ui nique sa race !" et les "Et bien, comment dirais-je… il n’est pas impossible que le choix de Madame Royal comme candidate à la présidence de la République française représente un risque dans le cadre du maintien des socialistes au pouvoir dès lors qu’ils siègeront en majorité au sein du Gouvernement" (étant entendu, bien évidemment, que j’aurais pu prendre l’exemple inverse: "oué elle est trop dla bal’ c’te meuf !" avec les "Il est vrai que la présidente du conseil général poitou-charente est un atout majeur dans notre démocratie, et qu’elle représenterait… blabla").
Mais je ne vais pas entrer dans les détails: ce qui compte, c’est que les avis sont partagés, mais ils se respectent; car je parle de la gauche là, mais nous avions des gens de droite comme de gauche, qui savaient s’écouter débattre, dans la bonne humeur.
D’ailleurs, c’est simple: le seul accès de mauvaise humeur que j’ai perçu (me dispute pas jlhuss, t’es trop mimi quand t’es en colère!), c’était dans le parc situé derrière la basilique de Vezelay que nous sommes allés visiter, et qui comme de nombreux parcs de nos jours, était affublé de statues contemporaines (désolée, j’ai pas de photos ! si un blogoministre en a…?), c’est dire…

6. Des horizons divers.
Comme le dit Ludovic Berger, journaliste à l’Yonne Républicaine, "quoi de commun entre Argoul ancien conseiller financier à Genève et Dédé, membre d’une communauté Emmaüs en Ardèche qui vient de sortir le livre de sa vie?".  Si l’on peut admettre que les participants sont plutôt "intello" (par hypothèse ils aiment l’écriture et/ou la lecture), et qu’ils ont de toute façon le sens de l’humour, on peut dire aussi qu’ils viennent d’horizons divers: que ce soit sur le plan intellectuel ou géographique d’ailleurs!
Et même sur le plan financier.  De ce point de vue, le blogouvernement est démocratique: qu’on ait les moyens ou pas, on se débrouille. Que l’on campe, que l’on soit à l’hôtel, que l’on s’offre le resto ou qu’on y emmène sa gamelle, il y a de la place pour tous. Certes, encore faut-il pouvoir s’offrir le voyage. Mais pour y aider, il y a les éventuels covoiturages.
Car le blogouvernement est solidaire.

7. Une solidarité naturelle.
Et c’est un des atouts majeurs de ce blogouvernement. Outre le covoiturage et malgré les horizons différents, il règne une sorte de solidarité implicite, qui va au-delà des clivages (politiques ou personnels). Chacun s’inquiète de l’autre (à quelques exceptions près, généralement très ponctuelles), s’assure que ça suit. Et de ce point de vue là, il est évident que le téléphone portable est un atout majeur. Ainsi donc, le blogouvernement allie les nouvelles technologies à merveille.
Et c’est une solidarité qui n’est pas démesurée pour autant, elle est simple légère, sans trop d’obligations ni de pression.

Et je ne parle pas de ce qui respire de partout: la joie de partager, de prendre du bon temps… en un mot, de vivre. Voilà quelque chose que je n’ai pas du tout l’habitude de partager, et qui me fait bizarre!
Et beaucoup de bien.

A peine croyable. Vraiment super.
Pourvu que ça dure…!

Des (licieuses?) figues.

Fifigues_2

Voyez ?  Ça, c’était la série de début juillet (car j’ai découvert que les figuiers donnaient des fruits à deux reprises dans la saison; on en apprend des choses quand on a [enfin] un jardin…).

Je l’avais ratée parce que j’étais partie huit jours en vacances.
Huit jours.

Lorsque j’étais partie, elles commençaient à être molles, mais elles étaient encore toutes, toutes vertes.

Lorsque je suis rentrée, il n’y en avait plus une seule
Ni sur l’arbre, ni par terre. J’étais vert figue.

Ne restaient que les petites de la seconde série. Celles-là, me suis-je dit, je ne vais pas les rater.

Et voilà qu’en rentrant, je m’aperçois qu’elles commencent à mûrir. C’est sûr: demain et les jours prochains, qu’il pleuve ou qu’il vente, vous me trouverez dans le jardin.

Il avait le regard vif et profond.

Les yeux marrons assez foncés, manifestement susceptibles à l’occasion d’exprimer une palette impressionnante d’émotions. Comme nous n’avons fait que nous croiser quelques instants, qui plus est dans un cadre professionnel, je n’y ai vu que perspicacité, vivacité d’esprit, curiosité, intelligence, et efficacité. C’est déjà pas mal me direz vous.
J’aurais même ajouté de l’honnêteté intellectuelle et du respect de l’autre, mais je n’y suis pas restée assez longtemps pour me forger un avis précis.

En outre, ses cils étaient incroyablement longs et entouraient parfaitement l’œil, ce qui ne faisait qu’approfondir davantage l’expression du regard, sans concession apparente, mais qui semblait trahir, en deuxième lecture, une infime pointe de bienveillance. Son visage était d’un mat délicieux, fin, presque maigre, à l’image de ses mains, délicates, dont les doigts, longs, se terminaient par des ongles (ça alors…) parfaitement (naturellement?) manucurés.

Dans ses yeux, j’ai cru percevoir un brin d’"effort à la vie", du type "pas toujours facile à assumer celle-là, mais puisqu’on est dedans autant s’y intéresser". Et il ne perdait pas une miette de ce qui se passait.
Je n’y ai pas lu de grands bonheurs mais pas non plus de trop lourdes souffrances. Les sourcils également fins, assez légèrement mais presque toujours froncés, traduisaient un effort de concentration permanent. Peut-être y avait-il une sorte de nervosité intrinsèque dans tout cela, et sûrement de l’intérêt pour presque-tout-de-la-vie. Apparemment davantage sur le plan intellectuel que sur le plan émotionnel. Etait-ce seulement dû au fait qu’il était en plein travail?

J’avoue que j’aurais bien laissé mes yeux dans les siens plus longtemps lorsque nous nous sommes parlés, puis quittés, histoire d’y puiser la foi et l’énergie de la curiosité et du travail. Et puis comme beaucoup, j’aime bien l’intelligence, du moins lorsqu’elle est discrète et bienveillante à la fois.
Sans doute avais-je envie de me laisser doucement envelopper par ce regard donc, un peu comme dans un rêve.

Pas forcément bien longtemps, juste un peu plus…  après tout, je ne le reverrai jamais; autant graver les souvenirs, qu’ils perdurent le plus longtemps possible.
Parce que je m’y sentais bien? Parce que j’étais curieuse?

Peut-être juste parce que, au fond, je n’y voyais que ce que j’avais envie d’y voir…

Les sushis du poisson cru (2/2).

Certains disaient qu’ils ne savaient pas trop, d’autres que c’était "pas bon, le poisson cru" (mêmes les sushis n’était pas "si terrible"), d’autres encore faisaient des listes, très incertaines et avec nombre de grimaces laissant entendre qu’au goût, c’était pas trop ça. D’autres enfin m’expliquaient que tout était comestible et que c’était juste une question de goût, déconseillant celui-ci puis celui-là puis finalement presque tout, sauf le saumon (et encore) et le thon.

Alors j’ai décidé de goûter du bar, puisqu’il y en avait là, et que l’argument "carapaccio" avait porté.

C’était un peu cher, mais je me suis rarement autant régalé de ma vie !
C’est pourtant pas faute d’avoir été regardée de travers au moment où je me suis décidée.
J’en ai conclu que c’était juste pas-à-la-mode, mais que rien n’interdisait finalement de manger du poisson cru.

Depuis, comme je n’ai pas retrouvé de bar (il est parti en vacances sur la côte le fumier!… le poissonnier, pas le bar…), j’ai goûté un autre poisson cru, qui lui, était infect (sauf que… je ne sais plus lequel, bien sûr).

En attendant le retour de mon poissonnier préféré, je suis donc abonnée aux valeurs sûres: le saumon. J’en ai même préparé un sandwich à notre cher premier ministre, pour la route.

Fumé, c’est excellent avec du pain et du fromage frais (c’est toujours mieux que le beurre, et ça se marie très bien); et cru, il suffit le trancher sur le dessus, puis de faire comme d’hab: faire couler une liche d’huile d’olive qu’on laisse mariner, et que l’on agrémente d’un peu d’aneth.

Et puis ça donne bonne conscience: il paraît qu’en dehors du risque de choper un ver solitaire (ce qui m’arrangerait, au fond, il paraît que ça fait perdre des tas de kilos !), c’est super bon pour la santé le poisson, c’est plein de "phosphore", ça "active les neurones" et "aide à la concentration".

Si ça continue, je me mets à la politique au scrabble.

Des asses (treux?).

Alors que j’étais en terrasse en train d’attendre le premier ministre de boire un café, juste avant de partir pour Bazoches, à la fois seule et incapable de lire ou d’écrire ce jour là, j’ai fait ce que je fais de mieux: gober les mouches, absorbée dans mes pensées, à (essayer d’) observer le monde qui m’entoure.

C’est alors que j’ai pu constater, non sans un certain effroi, que certaines femmes sont parfaitement capables d’être aussi pouffiasses que pétasses (cf. supra sur le sujet), sans qu’aucune majorité ne se dégage: en l’occurrence, le décolleté et la démarche d’une pouffiasse (aucune classe, rien de joli ni de fin, tout qui déborde dans l’exagération), avec en revanche, l’état d’esprit apparemment typiquement pétasse: aucune bonne humeur, à regarder son entourage sans concession, d’un regard qui (essaie de) tue(r).

Elle était vraiment très forte.

Une vraie asse !

En voiture Simone !

Il y a d’autres choses que le déménagement qui ont changé dans mes habitudes ces derniers temps. Notamment, ça fait quelques mois que j’ai craqué: je me suis acheté une voiture. Quand on vit à une heure à pied du centre ville, c’est quand même très utile… surtout quand on a déménagé encore plus loin, et qu’on n’a plus le super chauffeur de bus super pratique qu’on avait avant ! Et puis, une occasion s’est présentée, alors…

Bon, comme je ne gagne toujours pas ma vie, elle est vieille (même si elle n’a pas beaucoup roulé pour son âge), grosse, un peu amochée et pas chère.
Elle m’a déjà coûté le quart de son prix en réparations.
Mais… elle fonctionne !
Et puis elle a une valeur affective alors…

Pour ceux qui voudraient me rappeler que les voitures sont souvent à l’image de leur propriétaire, ne vous fatiguez pas, je le sais déjà ! Et puis j’ai décidé que je ne me vexerai pas puisque comme je l’ai dit, je l’aime bien quand même. En tout cas, ce n’est pas avec elle que je vais me rendre à la réunion du blogouvernement, il y a donc quelques chances pour que j’y assiste.

Et la prochaine, ce sera un coupé sport, na !

PS. Je ne m’appelle pas Simone