Pour ceux qui ne connaissent pas le "blogouvernement", vous pouvez vous renseigner de façon assez exhaustive ici, ou bien là. Ou plus modestement lire ceci.
1. Son autodérision de principe.
Le délice premier du blogouvernement, c’est son autodérision. A ce titre d’ailleurs, ce qui le résume le mieux à mes yeux, c’est une des phrases choisies par jlhuss pour son blogue suscité: "Ne nous prenons pas trop au sérieux… il n’y aura aucun survivant!". Si l’on devait trouver un mot d(e dés)ordre, pour ce blogouvernement, ce pourrait être celui-là: il lui irait à merveille!
En tout cas, c’est certainement ce qui m’a attirée à lui. Former un "(blog)gouvernement de montcuq", quand on aime bloguer et qu’on se lasse de la politique politicarde et autres bassesses de type "c’est pas moi c’est lui !", je ne pouvais pas y résister, c’était trop tentant. Cette façon de ne pas se prendre au sérieux, mais tout en faisant des choses quand même.
J’adore.
2. Des lieux de rencontre improbables, loin de tout, et notamment de la capitale.
Son corrollaire, que j’aime terriblement aussi, c’est sa faculté à se retrouver dans des bleds complètement paumés, à des kilomètres de la civilisation. C’est excellent! Un gouvernement loin du centre: pas pratique mais génial (encore que, c’est plus facile de se loger dans la pampa qu’à Paris!). Pensez donc: Montcuq! Qui eût parié là-dessus? Voyez à quelle distance cela se trouve de la capitale? Et bien ils étaient là quand même, et en nombre.
Rebelotte cette année, à Bazoches. Un nom que personne n’avait jamais entendu prononcer une seule fois dans sa vie (en dehors de ses habitants peut-être?). Un village tout à fait charmant de 200 habitants ! Non vraiment, c’est trop fort.
Des endroits improbables, où pourtant, tous ceux qui peuvent se débrouillent pour venir.
3. Des lieux de rencontres à la fois beaux, reposants et intéressants.
C’est que le blogouvernement, ça se mérite. Il faut y aller, c’est pas n’importe quoi, et ça ne s’adresse pas à n’importe qui: pour y accéder, il faut aimer parcourir les campagnes françaises, et aimer se promener au sein de sa culture historique. Ça aussi, c’est génial.
Car il ne faut pas croire: Montcuq et Bazoches, ce sont des lieux très mignons à visiter, où les promenades, si on le souhaitait, pourraient largement dépasser un week-end. Des lieux hors du temps, charmants, où il fait bon se promener. Je regrette d’ailleurs que nous n’ayions pas eu le temps de nous faire une petite promenade, tous ensemble, à travers les bois, avec un guide comme jlhuss. C’eût été formidable.
Mais que voulez-vous, on bosse!
4. Un peu de sérieux malgré tout.
Car il ne faut pas croire, on ne fait pas que bayer aux corneilles: on bosse! Certes, à notre niveau, c’est-à-dire local (géographiquement comme virtuellement). Mais cela n’interdit pas les débats passionnants, les différents points de vue exposés librement, et respectés quand même y aurait-il désaccord. On apprend des autres… et puis on se marre!
Et ça reste quand même politique. Deux élus se sont déplacés, qui s’intéressent à la question du blogue, non des moindres (un ancien ministre, député [Christian Paul] et le maire d’Auxerre [Guy Férez]). Les conversations ont eu lieu, très librement: quand on le souhaitait, quitte à rater quelques débats ici ou là pour raison d’Etat (de type, j’ai oublié de faire la sieste), personne ne venait nous reprocher d’aller faire un tour dehors. Mais ce qui est super, c’est que d’une façon générale, nous étions tous intéressés par ce qui se disait, donc généralement assidus, et "sages" (à notre façon hein?).
Il faut dire qu’il y avait de tous les horizons, en dehors de la bêtise.
5. Un peu de finesse aussi.
Car dans ce blogouvernement, il y a de la finesse. Un bon dosage entre les "oué ta mèr’, ségo j’ui nique sa race !" et les "Et bien, comment dirais-je… il n’est pas impossible que le choix de Madame Royal comme candidate à la présidence de la République française représente un risque dans le cadre du maintien des socialistes au pouvoir dès lors qu’ils siègeront en majorité au sein du Gouvernement" (étant entendu, bien évidemment, que j’aurais pu prendre l’exemple inverse: "oué elle est trop dla bal’ c’te meuf !" avec les "Il est vrai que la présidente du conseil général poitou-charente est un atout majeur dans notre démocratie, et qu’elle représenterait… blabla").
Mais je ne vais pas entrer dans les détails: ce qui compte, c’est que les avis sont partagés, mais ils se respectent; car je parle de la gauche là, mais nous avions des gens de droite comme de gauche, qui savaient s’écouter débattre, dans la bonne humeur.
D’ailleurs, c’est simple: le seul accès de mauvaise humeur que j’ai perçu (me dispute pas jlhuss, t’es trop mimi quand t’es en colère!), c’était dans le parc situé derrière la basilique de Vezelay que nous sommes allés visiter, et qui comme de nombreux parcs de nos jours, était affublé de statues contemporaines (désolée, j’ai pas de photos ! si un blogoministre en a…?), c’est dire…
6. Des horizons divers.
Comme le dit Ludovic Berger, journaliste à l’Yonne Républicaine, "quoi de commun entre Argoul ancien conseiller financier à Genève et Dédé, membre d’une communauté Emmaüs en Ardèche qui vient de sortir le livre de sa vie?". Si l’on peut admettre que les participants sont plutôt "intello" (par hypothèse ils aiment l’écriture et/ou la lecture), et qu’ils ont de toute façon le sens de l’humour, on peut dire aussi qu’ils viennent d’horizons divers: que ce soit sur le plan intellectuel ou géographique d’ailleurs!
Et même sur le plan financier. De ce point de vue, le blogouvernement est démocratique: qu’on ait les moyens ou pas, on se débrouille. Que l’on campe, que l’on soit à l’hôtel, que l’on s’offre le resto ou qu’on y emmène sa gamelle, il y a de la place pour tous. Certes, encore faut-il pouvoir s’offrir le voyage. Mais pour y aider, il y a les éventuels covoiturages.
Car le blogouvernement est solidaire.
7. Une solidarité naturelle.
Et c’est un des atouts majeurs de ce blogouvernement. Outre le covoiturage et malgré les horizons différents, il règne une sorte de solidarité implicite, qui va au-delà des clivages (politiques ou personnels). Chacun s’inquiète de l’autre (à quelques exceptions près, généralement très ponctuelles), s’assure que ça suit. Et de ce point de vue là, il est évident que le téléphone portable est un atout majeur. Ainsi donc, le blogouvernement allie les nouvelles technologies à merveille.
Et c’est une solidarité qui n’est pas démesurée pour autant, elle est simple légère, sans trop d’obligations ni de pression.
Et je ne parle pas de ce qui respire de partout: la joie de partager, de prendre du bon temps… en un mot, de vivre. Voilà quelque chose que je n’ai pas du tout l’habitude de partager, et qui me fait bizarre!
Et beaucoup de bien.
A peine croyable. Vraiment super.
Pourvu que ça dure…!