L’autre jour, je me suis fait traiter de connasse par un crétin de « yo-man » (encore appelé « wesh-cousin » que je ne manquerai probablement pas de définir un de ces jours dans ces colonnes) qui traversait le boulevard 25 mètres après un feu de signalisation, au motif manifeste que je ne me suis pas arrêtée pour le laisser passer, alors que je ne roulais pas vite. Vu son allure et l’endroit où il se trouvait, je n’ai même pas songé une seule seconde qu’il put attendre de moi que je m’arrêtasse. Or lorsque je me fais traiter de connasse ou d’un quelconque autre nom d’oiseau (rassurez-vous, c’est pas tous les jours), je pars du principe qu’il y a une raison, et que l’étourdie que je suis a sûrement gaffé quelque part.
Mais là non.
Celui qui n’était pas à sa place, c’était lui, pas moi. Et je ne lui devais rien du tout.
D’habitude, soit ça me fait rire, soit je ne réagis pas : je me dis que le monde est rempli d’abrutis (à commencer par ma banquière mais c’est une autre histoire) et qu’il faut bien faire avec. Et là, j’ai fait la bêtise de réfléchir immédiatement à ce qui s’est passé, au lieu d’attendre d’être « posée » comme je fais toujours.
J’aurais pas dû.
A partir du moment où j’ai cerné le problème en quelques secondes (car il me faut ça quand même), mon sang n’a fait qu’un tour (plus vite que mes neurones en tout cas) et je suis devenue hystérique et quasi incontrôlable.
Sauf que j’ai pas du tout l’habitude d’être hystérique et incontrôlable. De sorte que rien n’est sorti de ma bouche à part un « connaaard ! » à la fois indigné, impérieux et colérique, accompagné d’un doigt (oui je sais c’est pas bien). J’en étais même à deux de descendre pour le remettre en place quoi qu’il m’en coûte.
Je ne l’ai pas fait : l’idée n’a pas fait son chemin, sans doute parce que « trop la trouille » a fait barrage ab initio ; ouf : j’aurais sans doute pris une branlée, et dans le meilleur des cas, je me serais rendue très ridicule.
Par contrecoup, j’ai bien compris pourquoi je ne réagissais jamais à ce genre de truc, et pourquoi j’attendais toujours un peu avant d’autoriser mon cerveau à essayer de comprendre. Je me suis promis d’essayer de faire en sorte, la prochaine fois, d’être moins énervée, mais plus vulgaire (je sais pas pourquoi, j’ai toujours aimé la vulgarité dans certains cas bien précis). Et vu que j’en ai marre des « nique ta mère », je me la jouerais volontiers féministe et verrais plutôt un petit « vas s*cer ton père » qui va bien (désolée hein).
Je suis sûre qu’un yo-man digne de ce nom appréciera.