Encore envie de mourir.

Encore envie de disparaître, encore à penser que je ne vaux rien, que tout est futilité, que le vrai n’existe pas, que l’émotion m’échappe, que la vie n’est pas pour moi, que c’est dur de faire tout d’elle, que le plaisir est toujours superficiel, que je ne saurai jamais ce que c’est que de se lever le matin sans grimaces, que mes émotions sont des chimères, qu’elles ne sont jamais que le fruit de mon imagination, que je suis un robot, que je ne sais pas aimer ou en tout cas pas dans la « bonne direction », que je me raccroche à des trucs qui ne peuvent pas me faire de bien, que de toute façon je me leurre de tout et surtout des autres, ou qu’en tout cas ils ont leurs limites (les amis seraient-ils très proches ne peuvent jamais remplacer la famille, surtout dans l’intimité comme la maladie par exemple) alors que j’ai besoin d’aller tellement plus loin, et que la seule façon d’échapper à cette incertitude permanente et insupportable, c’est de mourir.

Encore à penser aux rares que je crois aimer et à me dire que je ne dois surtout pas les joindre en ce moment sous peine de les faire fuir à mon corps défendant, voire leur faire du mal, surtout les « plus petits ».

Encore à enchaîner les cauchemars, les rêves tristes, injustes, désespérants, encore à épouser la détresse sans percevoir de porte de sortie (même si l’intellect dit que « mais si, peut-être… »).

Encore à m’interroger et à mépriser tout ce que je fais (les cv, les réunions, les décisions), à m’obliger à le faire quand même parce que sinon c’est pire, à me rendre à tel dîner la mort dans l’âme, alors que ce devrait être un réel plaisir.

Encore à prévoir des choses que je n’ai pas envie de faire, parce qu’il faut rester en vie, il faut essayer de s’en sortir, et parce que je sais que si j’allais bien, j’aurais envie de les faire et que si je ne fais rien, je ne pourrai plus me justifier en disant que « si, j’essaie de m’en sortir pour de vrai, même si j’y arrive pas ». Encore à me forcer et à devoir jouer la comédie pour rester vivante au moins aux yeux des autres. Parce que sans eux, il n’y a plus rien du tout.

Encore à espérer que le beau temps reviendra, et à espérer plus fort encore que s’il revient, j’y croirai pour de vrai et pour longtemps.

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Et à ne pas pouvoir y croire.