Elle paraît si facile la vie quand les fardeaux s’allègent! La sensation n’est pas très forte, mais elle est bel et bien présente.
D’ailleurs, mon rêve de cette nuit le représente bien: une de mes amies mourrait dans un accident de voiture (nous étions 4 ou 5 dedans), complètement écrabouillée, on distinguait du sang et des bouts de chair. Les autres allaient bien. Mais paradoxalement, en dehors d’un peu de culpabilité, je ne ressentais aucune angoisse, ni aucun « drame ». C’était triste, mais c’était comme ça. Un rêve comme ça, je n’appelle pas ça un cauchemar: les faits sont très bruts, mais les sensations ne sont pas du tout insupportables… même si évidemment, on préférerait rêver d’autre chose. Je préfère un truc comme ça plutôt qu’un rêve dégoulinant d’angoisse, de culpabilité, de peur et de terreur. C’est reposant à côté!
En tout cas, dans cet état, on peut faire des choses, on pense à les faire, on a envie de les faire. Pourquoi est-ce que certains d’entre nous sont si rarement et si fugitivement dans cet état? Et que d’autres ne le connaissent même pas tellement ils sont encore englués dans leur mal? Alors que d’autres encore ne connaissent que ça (même si ça ne veut pas dire que tout est facile pour eux), et ne s’imaginent même pas que cela puisse ne pas exister même si on le leur explique?
En ce moment, je suis dans un état quasi « normal ». Sans avoir abandonné la plupart de mes « névroses », j’envisage malgré tout des choses, se préparer à manger est possible, manger est un plaisir, se reposer aussi (et non plus un besoin). On est content d’appeler ses amis, de leur raconter des bêtises, et surtout, on ressent toute la chaleur humaine dont ils sont capables à votre égard. Et c’est très agréable, même quand on sent que c’est encore de faible intensité par rapport au potentiel. Je sais que cela ne va pas durer longtemps, mais bon sang, qu’est-ce que ça fait du bien!
Ce sont ces petits éclairs de « normalité » qui me redonnent l’espoir dans les moments plus difficiles. Lors de leur apparition, j’ai le sentiment de percevoir ET de ressentir un peu la « ligne de fond » (celle qui tient le tout profond des esprits) du commun des mortels: ceux qui n’ont pas envie de mourir, et presque ceux qui ont envie de vivre. C’est une sensation très étrange encore pour moi, et j’ai tellement envie qu’elle ne me quitte plus!
Je sais par expérience qu’elle repartira bientôt même si je m’efforce de la retenir du mieux que je peux, mais j’essaie de ne pas y penser, et j’espère qu’elle reviendra: le plus souvent, le plus longtemps, et le plus intensément possible.
En attendant, je vais sans doute repartir ici ou là, et à part lundi-mardi, je risque d’être absente jusqu’au début du mois d’août. Alors à moins de quelques loghorrées toujours possibles, je vous dis à dans dix ou quinze jours.
Et ça me fait plaisir de vous laisser sur une note d’espoir !
Bise à tous.
