Il y a des gens comme ça (2/2).

En revanche, si le conflit a lieu avec quelqu’un qui est à la fois méprisant et manipulateur, là, c’est une catastrophe. L’effondrement arrive toujours à un moment ou à un autre. J’ai appris à m’en sortir à peu près (parfois ce n’est pas possible, généralement quand l’autre est là pour vous « tuer » et rien d’autre car c’est le seul moyen pour lui d’exister), et à poser des choses de façon ferme, sans débordement.

Pour que j’en arrive à rentrer toutes ces horreurs sans plus les exprimer (car l’autre se saisit de tout, et de travers, donc il faut en dire le moins possible), il faut que certaines limites aient été franchies, et que je me sois rendu compte de la tromperie dont je fais l’objet.

Là, j’enclenche le « bulldozer ».

Je deviens un robot. Je fais feu de tout bois, je ne laisse rien passer, je n’ai plus aucune considération pour les difficultés éventuelles de l’autre, j’ai un air à la fois posé et tranchant et surtout, je ne déborde plus du tout bien que j’aie le cœur qui batte à la chamade et que je sois en permanence au bord de l’éclatement*. Je laisse de côté absolument tout ce qui est censé m’atteindre (soit que je ne les entende plus, soit que je les retire de la route) pour me concentrer exclusivement à la résolution du problème. Il arrive alors que l’autre en soit très surpris, d’abord parce que je ne lui ai pas donné cette habitude, et ensuite parce que sous mes airs de bonnasse qui gobe tout (car disons les choses, je suis une bonnasse qui gobe tout), en arrière-plan et si je m’en donne la peine (qui est lourde), se cache quelqu’un qui sait ce qu’il veut et qui tient à peu près la route.
S’il n’est pas là pour me tuer mais pour résoudre un conflit, il finira par laisser tomber tous les pics et les moqueries (ou les utilisera beaucoup moins, juste en tant que test), ainsi que la manipulation, et fera le strict minimum pour éteindre le conflit; mais alors je sentirai toute la méchanceté potentielle ou non-dite (« ex-dite » plutôt, puisque par hypothèse j’en ai pris plein la figure déjà sans quoi je n’en serais jamais arrivée là), et je sais que je n’ai absolument plus droit à l’erreur. Et surtout, quand même le conflit se résoudrait de façon correcte, c’est quelqu’un que je fuirai à l’avenir, et en toute circonstance. Quelqu’un que je ne recommanderai à personne, ou dont je n’hésiterai pas à dire exactement tout ce que je pense, en argumentant mes propos.

En tout cas, à chaque fois, cela me coûte très, très cher en santé psychique. La crise qui s’ensuit est plus ou moins longue selon les cas: il est rare qu’elle dure moins de 48 heures, et, par le passé, cela durait beaucoup plus longtemps.

En tout état de cause, elle laisse toujours un sillon de doute… dont la taille varie.

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* (qui peut toujours arriver, soit un effondrement en larmes, soit des mots qui dépassent ce que j’aurais souhaité dire)