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Je me sens anéantie. J’expliquerais volontiers pourquoi (que du subjectif, comme toujours), mais je suis très fatiguée et j’ai mal à la tête (tiens d’ailleurs ça me fait penser: j’avais pensé que je vous écrirais un billet titré « des migraines ésotériques » aujourd’hui, mais pfiou ça m’était sorti de la tête, et pi j’ai trop pas le courage là, même pour un billet très court). Si je trouve l’énergie je ferai une mise à jour.

Et puis j’aurais pu vous parler de mon épisode paranoïaque aussi.
Et puis je ne vous ai toujours pas donné la solution de la dernière devinette (celle d’avant que ma connexion saute). La réponse est: du gel douche. Je vous laisse trouver la méthode…!
Pour finir, je me sens anéantie, mais je ne suis pas (encore) effondrée. Donc je pleure, mais je ne souffre pas autant que d’habitude. Je suis juste épuisée, psychiquement et physiquement, c’est tout.

Allez hop, dodo.

De l’envol (prématuré) des idées.

Les idées s’envolent comme la poussière au vent. C’est assez incroyable. Il m’arrive régulièrement de me dire: « bon sang mais cest bien sûr! Il faut que je leur raconte ça, ça et puis ça aussi. De cette façon là, et pour ça euh, je verrai sur place ». Même que j’en ai envie et que contrairement à certains billets thématiques, ça ne me demande a priori qu’un effort acceptable. Puis j’ajoute: « bon, vite, faut que je le note sinon ça va s’envoler ». Et puis voilà que j’aperçois une icône sur mon bureau ou que j’entends une musique, ou que je me rappelle telle chose à faire. Allez, ça prend trois secondes.
… qui suffisent à ce que les idées s’envolent.
Ça m’énerve, vous n’imaginez pas à quel point ça m’énerve; et c’est dix fois pire depuis que le chien est là (d’ailleurs, c’est simple, je n’en ai plus du tout). Pourquoi? Mais parce que j’en ai parfaitement conscience, que c’est assez problématique (et que ça me complique singulièrement la vie) et que je continue pourtant à tomber dans le piège!

Là j’en ai trois qui se sont envolées d’un coup. Je retrouverai sûrement l’une d’entre elle assez vite, une deuxième plus tard (souvent trop tard), la troisième, je ne la retrouverai sans doute jamais.

Tant pis!

Vivent les baballes!

Ça y est! J’ai enfin compris pourquoi on envoie un bâton ou une « baballe » aux chiens pour qu’ils le rapportent! J’ai toujours trouvé ça stupide. Je sais bien qu’un chien n’est « pas un philosophe », mais tout de même, il peut faire des choses bien plus intelligentes qu’aller chercher un objet qu’on lui lance, me disais-je.

Comme quoi, on a tort de juger…

Manque de pot, le chien que j’ai pris à l’essai a (aussi) besoin de beaucoup se dépenser, mais ne s’amuse pas du tout de ce jeu là…

D’ailleurs, ça ne fait pas 48 heures qu’il est là que je suis déjà complètement épuisée sans doute un peu davantage par l’attention qu’un animal implique* que par les promenades qu’il nécessite, et que je n’arrive plus à m’occuper de quoi que ce soit d’autre, bien que ce soit une pâte, et même si je le laisse dans le jardin.

Si je ne parviens pas à transformer le stress en plaisir d’ici quelques jours, il faudra que je le rende à son propriétaire… et ce sera un nouvel échec cuisant.

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* aboiements, bêtises, bouffe, puces (oui, déjà!), éducation, sans compter que depuis neuf mois (son âge), il est élevé aux tranquilisants, que si je pouvais éviter d’embrayer sur ce mode ça m’arrangerais (et lui aussi certainement), et que pour y échapper, il faut passer par une période de sevrage (on peut présumer que c’est pour ça qu’il tremble si souvent, même quand il est au calme…)

De l’ex du vendredi.

Je suis toujours amoureuse de l’ex du vendredi.
C’est assez pénible*.
J’aimerais tellement savoir tourner la page, comme lui!
Je l’envie autant que je « l’en » veux.

J’essaie, mais je finis toujours par être rattrapée un peu par la raison (il y en a de bonnes pour que je ne l’oublie pas facilement), et surtout par mes rêves (les vrais), ou plus simplement par mon esprit (par « flash » interposés).
Comme s’ils me rappelaient à l’ordre; comme si je n’avais pas le droit d’aller bien et de vaquer à d’autres choses.

Alors pour apaiser les regrets et la tristesse quand ils montent trop en intensité, même si je sais que ce n’est pas une solution, je me baigne d’illusions, comme une ado: je me dis qu’en fait il ne s’en fiche pas, qu’il reviendra un jour, que tout ira bien, etc.
C’est idiot: non seulement c’est tout à fait déraisonnable – autant pour le mécanisme que pour ses conséquences -, mais encore ça entretient le phénomène.
Mais lorsque je me fais violence pour « entendre » la raison, c’est encore pire.
Alors j’espère que malgré l’entretien du phénomène, les choses de la vie, les circonstances, les ami(e)s en se goupillant entre eux, finiront par prendre davantage de place (comme ils le font déjà parfois), par étouffer la déraison, pour pouvoir à nouveau balayer mon cœur et le rendre disponible.

Le pire, c’est les copines.
Je me fais régulièrement « engueuler » par mes copines (qui me veulent du bien, évidemment), et qui pour le moins, n’ont plus envie d’en entendre parler, ce qui est tout à fait compréhensible. Alors je prends quelques distances, et je m’efforce de parler d’autres choses, ou bien de leur expliquer mon état d’esprit – lucidité vs émotion – (que certaines ne comprennent pas du tout). En tout cas, je ne leur dis jamais (ou bien du bout des lèvres, en ayant préalablement tâté le terrain) que j’ai encore envie de lui écrire, de le voir (et je m’arrête là pour vous épargner).

Heureusement que le docteur la-tête est là.
Honteuse, je lui ai dit l’autre jour: « vous savez, malgré toutes les crises de larmes que j’ai faites à son contact (privé ou public), et bien que je me sente soulagée pour cette raison de ne plus le voir, il me manque beaucoup physiquement« .
Puis, avant qu’il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, j’ai ajouté que j’osais à peine le lui dire, parce que j’avais honte de ressentir encore ça, que je savais bien que c’était idiot, et que d’ailleurs, ça allait bien plus loin.
Que ma raison savait bien que ce serait un désastre de le revoir au vu des circonstances, que j’aurais tort de lui écrire encore, mais que je n’allais pas pouvoir m’en empêcher très longtemps. Que je continuais bêtement à espérer que nous nous retrouverions de façon positive un de ces jours, et que je n’osais le dire à quiconque. Que je le lui disais à lui – malgré la honte qui m’enveloppait -, parce que c’était mon psy. Que c’était sûrement pour ça qu’il était là.

Il a été gentil, il m’a répondu: « on a tous le droit d’avoir des fantasmes secrets ».

Ouf.

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* D’autant que je ne l’ai toujours pas remplacé non plus dans les faits: je n’ai aucune activité le vendredi soir (ce qui contribue à remuer le caramel dans la carie), et je n’ai toujours pas trouvé de club de plongée qui me convienne. En outre, je m’en veux d’en avoir autant parlé ici (et d’en parler encore).

De l’origine des séries par sélection économique.

Un jour, y a longtemps, je m’étais posé ici la question de savoir si c’était plus avantageux pour une chaîne télévisée de fabriquer elle-même des séries, ou de les acheter aux Etats-Unis (puisqu’elles innondent le marché). Je présupposais qu’il valait mieux les acheter.

Et bien non, en fait (du moins aux Etats-Unis).
Quel dommage! Ça veut dire qu’on n’a pas fini de manger du navarro et du femmes de loi…!

Urk.

Écriture bussale.

Hier, dans le bus, et après que j’aie enfin relevé la tête de mon cahier magique (cf. billets des  18 et 19 janvier 2007) pour cause de destination atteinte, une vieille dame m’a souri, sourire auquel j’ai répondu malgré mon étonnement. Du coup, elle s’est légèrement avancée vers moi, puis m’a dit: « je vous observe depuis tout à l’heure, et je vous admire de parvenir à écrire dans ce bus! ». Je lui ai répondu qu’en effet, ça n’allait pas de soi.

C’est bête, mais ça fait du bien des moments comme ça.

Timbrée?

Après que je me sois fâchée très fort avec fait limite insulter à plusieurs reprises par le patron de la petite entreprise qui s’est occupée de changer mes fenêtres, à ce point que je ne pouvais plus lui adresser la parole sans faire une lourde crise de nerfs après nos échanges, que j’aie dû, en conséquence, demander à un ami de jouer les intermédiaires, que le patron en question est d’une telle mauvaise foi que l’ami ne s’en dépatouille pas non plus (ou difficilement aussi), et bien que le dossier ne soit pas encore clos, j’ai décidé de lui régler le deuxième tiers de la facture.

J’ai appris par la suite que c’était monnaie courante (mais pas systématique, ouf), ce genre de tracas; nombre de mes amis y sont allés de leur petite histoire, et dont les travaux se sont terminés dans une ambiance détestable: grands sourires avant la signature du devis, amabilité au début du chantier, puis sorte de lassitude, négligences, travail de plus en plus mal fait (que vous offriez le café ou pas). Si vous avez l’audace de demander (pire encore: gentiment) que cela soit fait correctement (et c’est sans même évoquer le nettoyage du chantier), on vous traite de tous les noms, vous accuse de tous les torts, et surtout, l’on devient odieux à votre égard. Vous êtes un « alzheimer précoce », de mauvaise foi, voire on vous prête des intentions que vous n’avez pas (pas encore du moins), de type « on les connaît les clients qui râlent au sujet du chantier pour demander des remises sur facture ».

A la fin, vous devenez « frigidaire », vous ne répondez même plus, vous ne pensez plus à demander la réalisation de toutes ces promesses faites oralement que vous avez eu tort (et vous le saviez pertinemment!) de ne pas faire inscrire sur le devis. Vous voulez que les choses se terminent, tant pis si c’est pas aussi bien que ce qu’on vous avait promis: l’essentiel est fait, c’est efficace pour le plus gros, vous vous asseyez un peu sur le détail ainsi que sur l’esthétique et le ménage qui reste à faire à chaque intervention, puisque vous n’avez plus vraiment le choix: on ne va pas au tribunal pour des choses comme ça.

Pour l’envoi de ce chèque, donc, j’ai pensé que c’était l’occasion ou jamais d’utiliser mes super timbres à l’effigie de « le chat » (de notre « Belge national » si j’ose dire [Philippe Gelück]), histoire de mettre une touche de détente dans nos relations à cran (mais mises à distance pour le moment). Oh, je ne me fais pas d’illusion: je me doute bien que le chèque y contribuera bien davantage qu’un chat sur un timbre, fut-il particulièrement sympathique et humoristique. D’ailleurs, je ne sais même pas s’il le verra.
J’avais donc le choix entre différents timbres, représentant différentes scènes.

Je n’ai pas pu m’empêcher de choisir celui qui disait: « Entre nous, ça colle ».

Arts pestiques.

Ma prof « d’arts plastiques » ne sait pas comment me prendre. Je le sens depuis le début, mais je ne sais pas comment l’aider, ni comment faire que ça m’est égal. Le truc qui m’a encore moins aidée à l’aider, c’est quand j’ai rempli ma fiche d’inscription. J’ai eu droit à un « ah, vous êtes juriste? » avec un grand sourire. Je n’avais rien à ajouter, alors qu’elle attendait manifestement une suite. Après, elle m’a donné du madame pendant toute la soirée, alors qu’elle m’appelait par mon prénom au début. J’ai fini par le dire avec un sourire amical, mais des mots peut-être un peu maladroits.

Depuis, comme je sens qu’elle ne sait toujours pas comment me prendre, et que je ne sais moi-même pas comment me placer (pourtant, c’est pas faute d’essayer puisque j’ai constaté que c’était pire de rester complètement naturelle), je sens que ça finit par créer parfois quelques petites tensions. Je ne sais pas du tout quoi faire pour les apaiser.

Il faut dire que j’ai du mal avec les gens qui ne disent pas les choses directement, et qui se contredisent (crois-je) à l’occasion.

Elle a utilisé une très longue périphrase (dont « on n’a pas l’habitude de travailler de cette façon dans cet atelier ») pour me faire comprendre qu’il fallait que je recommence tout le dessin dont j’étais pourtant à peu de choses près satisfaite. Comme je n’étais pas sûre de ce qu’elle voulait dire – d’autant qu’elle ne cesse de répéter qu’on est « libres », « là pour se faire plaisir », et « pas à l’école ici » -, je lui ai demandé: « vous voulez dire qu’il faut que je recommence tout? ». Elle n’a pas répondu oui, mais encore par une espèce de périphrase dont je ne comprenais pas bien le sens. Je passe quelques détails, puis j’ai fini par reposer ma question avec sensiblement les mêmes termes, en ajoutant un « concrètement » au bout, et elle a fini par répondre, un peu agacée (convaincue qu’elle était que je la prenais pour une imbécile alors que j’essayais juste d’y voir clair), par l’affirmative.

Je crois qu’au début, la réponse m’était égal ou que, quelle qu’elle fut, j’aurais été capable de l’accueillir avec détachement si elle avait été clairement posée. Au lieu de cela, il a fallu que j’essaie de traduire de longues phrases dont je ne comprenais pas le sens, et avec lesquelles, en outre, j’étais en désaccord. Comme l’ensemble m’a imperceptiblement tordu un petit truc au fond des tripes, je n’ai pas trouvé les mots pour marquer mon désaccord, et plutôt que d’être maladroite, j’ai préféré faire docilement ce que l’on me demandait en faisant semblant de me laisser libre.

Seulement voilà; bien évidemment, le dessin qui en a résulté ne me convenait pas du tout. D’ailleurs, détail amusant, sans que je l’aie souhaité, il comprenait à peu près les mêmes erreurs que le premier (sans, bien sûr, que je aie su reproduire ce dont j’avais été satisfaite). Je me suis alors rendu compte que j’étais contrariée, que cela ne me faisait plus plaisir, que j’étais nostalgique, et que les idées noires (de type: « dfaçon, j’m’entends jamais avec personne, chuis trop nulle ») commençaient à se déverser sur mon esprit.

Alors pour contrecarrer le mal avant qu’il ne m’envahisse trop et me laisse dans son espèce d’immonde glue dont il n’est jamais possible de se départir, pendant les cinq petites minutes qui restaient, j’ai décidé de faire ce qui me plaisait: j’ai retourné la feuille (négligeant le fait que le « pastel sec » allait nécessairement tacher la feuille de dessous), et je n’ai mis que les couleurs, faisant fi de la netteté des contours. C’est raté bien sûr, mais c’est pas aussi lourdingue que le précédent que je trouvais particulièrement détestable. Je ne l’ai pas montré à la prof, qui va sûrement me reprocher, la fois prochaine, de ne pas écouter ce qu’elle dit. Alors que pourtant, je suis une élève bien plus appliquée qu’il n’y paraît, si on me laisse parfois sortir un peu des sentiers battus.

Au fond, je ne sais jamais comment faire pour faire ce qui me fait du bien (tout en suivant les « ordres » de mon mieux) sans contrarier les autres, a fortiori donc, lorsqu’ils m’enseignent quelque chose. Vous n’auriez pas une idée par hasard?

Ma mère en short à la pharmacie.

Elle est drole ma mère (prononcé avec un léger accent du sud): l’autre jour, elle trouvait que j’avais mauvaise mine, alors elle m’a pris des vitamines à la pharmacie. « Tiens, je t’ai pris ça, tu devrais en faire une cure », qu’elle m’a dit.

Sur la boîte, je lis: « complément alimentaire », « activateur de santé », « seniors » (écrit en gros gras italique). Il se trouve que c’était il y a bien une quinzaine de jours, soit bien avant que je me plaigne de prendre de l’âge.

Aurait-elle compris que j’ai un peu grandi (notamment depuis que je suis obligée de l’envoyer paître pourqu’elle me lâche plus de 48 heures ne vis plus sous son toit)?

Mais encore: suis-je « suggestible » à ce point? (ce qui irait plus ou moins à l’encontre d’une part de la première proposition)

Et pi d’abord, c’est à partir de quel âge qu’on est « senior », mmh?

Du vieillissement.

Comment peut-on accepter les multiples signes de vieillissement sans sourciller (fussent ils déjà relativement tardifs) quand on n’a encore rien vu (ou si peu) de la vie (la vraie), ni rien construit?

C’est déjà pas facile pour ceux qui ont bien vécu, alors les autres…

Voir moins bien (et je ne parle même pas de la presbytie), avoir la peau qui tombe (et notamment le visage qui s’affaisse, puisque c’est lui qui se voit de toute façon), prendre des kilos, etc., je pensais que je l’accepterais plutôt bien.

Je ne sais pas si c’est parce que je me trouvais moche et que je me considérais comme déjà  « vieille » en quelques sortes (mais c’était sans compter les capacités sensitives), ou si c’est parce que je croyais encore que je guérirais un jour. Je comprends d’autant moins mon désarroi actuel que je trouve certaines personnes d’un certain âge encore très séduisantes.

Aujourd’hui, je suis affligée de constater que non seulement je voue (malgré moi) un culte à la jeunesse, mais encore que décidément, je rate tout…

Sauf le mauvais.