Saison de mouchoirs.

 

En hiver, il y a ceux qui font le plein de mouchoirs en papier parce que c’est la saison des virus. Il y en a d’autres, dont je suis, qui font le plein parce que c’est la saison des larmes (je veux dire encore plus que les autres). Les jours raccourcicent, les fêtes approchent, bref, que des trucs tristes et angoissants.

Alors j’ai fait le plein de kleenex aussi; parce que si je m’accomode bien d’utiliser du sopalin à la maison quand je pleure, j’en ai marre de piquer les mouchoirs du docteur Latête et de Madame Psychomot. Vu les litres que je déverse, j’ai l’impression d’abuser franchement.

Et je me suis fait « plaisir ». A un moment où pleureuse, je suis quand même parvenue à aller faire quelques courses, j’ai pris des paquets plutôt jolis tout en couleurs, plutôt que ceux qui ont de vilaines inscriptions, fades. C’est que, même baignés de larmes et rivés sur la souffrance, les yeux restent très sensibles à ces petits détails. Et comme il se trouve que j’ai de la chance, ce sont pour la plupart, des couleurs que j’aime beaucoup.

Bien évidemment, j’ai un esprit de contradiction si ancré et si naturel que, depuis que j’ai investi dans ces jolis petits paquets ET que j’ai pensé à en glisser un dans mon sac, j’ai arrêté de pleurer chez le docteur Latête.

Oh, je ne suis pas inquiète; ils auront leur heure de gloire.

Le plus tard possible j’espère!