Parfois je me demande si j’ai à faire à un chien,
ou à un chevreuil :
(Merci à Patrick pour son aimable – et crucial – concours)
A la faveur d’une éclaircie (et parce que j’ai des chouettes copains), et bien que je ne sois pas particulièrement passionnée, je me suis rendue au festival international de la bande dessinée à Angoulême. Oh, je n’y suis pas restée longtemps, même pas assez pour aller voir un de mes blogueurs préféré: juste de quoi découvrir quelques styles différents de bande dessinée, voir le monde dans lequel elles évoluent, faire une jolie crise de dépression pendant trois heures en plein milieu de la nuit (mais -Ô miracle- être sur pied dès le lendemain sans médicament), voir un dessinateur à l’oeuvre, flâner chez les éditeurs. Et apprendre le b-a ba du croquis d’un visage.
Certes, je n’ai pas pu m’empêcher de prendre des tas de notes plutôt que de m’exercer et m’exercer encore à tracer des traits. Mais même sans aucun talent (ni aucune patience) pour le dessin, j’ai trouvé ça très chouette d’apprendre des « trucs » qui marchent.

Même si c’est moche, ça ressemble à des visages!
(* copyright docteur la-tête)
L’amour me fait pleurer. Chaque fois que je le ressens profondément, quel qu’en soit le sujet ou la forme, je le réprime parce qu’il est trop envahissant. Je ne fais même pas exprès, c’est comme une sorte d’instinct de survie. Si je laisse déferler, je me perds.
Alors je dose.
L’orage est passé mais il pleut toujours. Et il fait plutôt froid.
ça ne s’entend pas mais je crie
Bon. Il va falloir que je teste les thymorégulateurs. Je ne sais plus si je l’ai déjà dit (sans doute), je suis officiellement résistante aux traitements par antidépresseurs (quatrième traitement, toujours dépressive). Je ne crois pas en l’homéopathe que je vais voir demain. La psychomotricité, l’acupuncture, l’ostéopathie, l’hypnose, la relaxation et le sport ont leurs limites, même s’ils aident.
Il paraît que les thymorégulateurs sont très difficiles à doser, voire dangereux. Il paraît qu’il faut être surveillé de très près quand on en prend. Il paraît que certains ont été surpris des effets positifs, et se sont écriés que s’ils avaient su plus tôt, ils en auraient pris immédiatement, et que cela aurait soulagé une ou des dizaines années de leur vie.
Je crois que j’ai assez souffert comme ça. Je ne vois plus de solutions. Comme d’habitude. Alors je vais sans doute essayer celle-là. Si elle ne marche pas, il restera encore les électrochocs, mais je n’y crois pas non plus: mon grand-père y a eu droit, je n’ai jamais entendu dire que ça avait amélioré son état.
Il faut donc que je me renseigne sur les dérives possibles des thymorégulateurs, et que je prépare une équipe amicale de choc pour me soutenir en cas de besoin. Il faut surtout que je trouve un psychiatre à la hauteur qui acceptera de me suivre, et qui sera présent en cas d’urgence (contrairement au psychiatre-séroplex), mais aussi (et c’est au moins aussi difficile) que je me décide à franchir le pas. Entre le laps de temps que je vais laisser au médecin de demain pour être sûre que ça marche pas, et ce qui précède, ça va prendre beaucoup de temps.
Au moins un an sans doute. Sûrement que je suis pas à ça près: ça ne fera qu’un an de plus à ne pas comprendre pourquoi tout ce que je fais est vain, pourquoi je suis si souvent inerte, ni pourquoi je me heurte la tête à tout et pour tout lorsque je ne le suis pas, et à avoir envie de mourir.
Je ne crois même plus que je vais pouvoir aller mieux, comme les quelques fois où ça m’est arrivé « dernièrement ». J’ai le sentiment de trop régresser, et que ces instants agréables sont trop fragiles pour se consolider un jour.
Surtout, je n’en peux plus de m’écrouler, me reconstruire et m’écrouler à nouveau si rapidement, et sans que ça cesse jamais. J’ai dû le dire des dizaines de fois: c’est épuisant.
« je vous ai vu(e), je veux vous revoir et je peux venir chez vous ».
J’ai reçu ce texto sur ma ligne fixe ce matin. Non signé. A part une erreur, de la pub ou un gag, j’ai beau me creuser la cervelle, je ne vois pas d’où ça peut venir; d’autant que je n’ai plus vingt ans depuis belle lurette. Et pour le cas où ce serait « pour de vrai » c’est plutôt gonflé de s’inviter chez moi alors que j’ignore tout de l’identité de l’expéditeur dudit texto et que le vouvoiement laisse à penser que l’on ne se connaît pas. Certes je pourrais découvrir de qui il s’agit puisqu’un numéro de téléphone (portable) accompagne le message.
Mais je n’ai pas envie d’appeler pour savoir qui c’est, parce que c’est dur de faire ce genre de trucs, et je l’ai déjà fait il n’y a pas longtemps. J’avais en effet reçu la « bonne année » accompagnée de « bisous » d’un numéro qui m’était inconnu, et comme ce numéro figurait parmi ceux qui avaient déjà essayé de me joindre (sans laisser de message), j’ai fini par trouver le courage d’appeler: c’était une vieille amie dont le numéro s’était accidentellement effacé de mon répertoire (je n’ai jamais compris comment ç’avait été possible), et que j’avais retrouvée depuis quelques mois à peine, après de nombreuses années sans se donner de nouvelles.
Là, il y a autant de distance que d’intrusion potentielle, ça ne m’inspire pas plus que ça. Pourtant, dieu sait si mon ego se sent titillé et espère que c’est bien à lui qu’on destine ce message (qui provient d’un Apollon bien sûr) malgré les inquiétudes qu’il suscite. Je suppose que ma curiosité va l’emporter; je ne sais pas quand ni comment. Mais peut-être serait-il préférable de laisser le fantasme agir mystère planer? Une copine s’est écriée: « Rappelle-le! On sait jamais! C’est peut-être un milliardaire qui va t’offrir un eee pc le prince charmant…! »
Elle m’a fait rire… et sans doute rêver aussi (encore que… il n’y en a qu’un de qui ce message me serait vraiment doux, et ce ne peut être lui). De toute façon, je ne sais même pas si c’est un homme, puisque c’était une voix de robot (féminin qui plus est).
Si je n’avais pas peur des liens entre blogue et vie réelle, je vous aurais volontiers livré le numéro de téléphone en cause, pour le cas où l’un de vous serait plus curieux (et plus rapide) que moi!
En tout cas, je peux d’ores et déjà le/la remercier: il/elle m’évite de poster un billet vous racontant encore à quel point je me sens mal ces temps ci…
Je me sens toujours aussi énervée, et j’ignore toujours pourquoi.
Côté énervement/fatigue, je suis dans un pire état que d’habitude. D’ailleurs, je prends de plus en plus de calmants (presqu’un quart de lexomil par jour), sans quoi je ne peux plus faire correctement ce que j’ai à faire. Lorsque je suis obligée de me lever, je prends aussi des somnifères, histoire d’être sûre de dormir un minimum puisque les insomnies sont de retour (un demi stilnox, environ un jour sur trois). Je me trouve dans un état détestable: je ne fais pas de crises d’effondrement psychique à proprement parler, je ne me sens pas désespérée ni au fond du gouffre, et je n’ai pas particulièrement les idées noires, mais je suis agacée de tout, je me trompe tout le temps (de porte à ouvrir, de choses à emporter, de courses à faire, de rendez-vous, etc), je n’ai le courage de rien, je me sens tout le temps très fatiguée, et je me dévalorise beaucoup (du moins je suppose puisque moi, j’ai juste l’impression d’être lucide): je n’aime rien de ce que je dis, de ce que j’écris; je me trouve stupide, incompétente, je me déteste, je déteste tout ce que je fais, rien ne me fait plaisir, même manger du chocolat, et je suis obligée de m’obliger à tout pour ne pas casser le rythme (déjà fortement diminué) de ce que j’ai mis en place quand j’allais mieux.
Je sais que cela ne pourra pas durer. S’obliger à tout, ça a toujours une fin, qui laisse dans un état pire que celui du début. Et j’aimerais bien éviter d’en arriver là. Alors je continue à mettre des bémols à tout, en essayant de ne pas trop casser la mélodie.
Et j’espère que je vais finir par remonter la pente. Du moins assez pour me retrouver aussi « bien » que l’année dernière.
Il est vrai qu’au début de l’année scolaire, j’ai eu les yeux beaucoup plus gros que le ventre, et j’ai oublié à quel point mon mieux-être était incertain et fragile. J’ai revu mes objectifs à la baisse pour ne garder que du faisable. Et malgré cela, parce que je suis énervée-fatiguée ces derniers temps, je suis obligée de diminuer encore les objectifs. Les derniers en dates: refus de passer le niveau deux de plongée, pas d’arts platiques en janvier (et en février non plus si ça continue). Ceci dit, j’aimerais bien reprendre la musculation, puisque j’ai mal au dos. Si je n’étais pas si fatiguée, j’aurais au moins du plaisir à aller nager et je retournerais à la muscu.
Car en même temps que d’être énervée, je me sens fatiguée. Très fatiguée. Même les jours où je ne prends aucun cachet. Ce double état paradoxal me fait penser à celui dans lequel je me trouvais lorsque je prenais du séroplex, mais en dix fois moins pire, et avec les crises d’angoisse en moins. En effet, contrairement à ce qui se passait lorsque j’étais sous séroplex, j’arrive encore à écrire, si je ne m’endors pas devant, j’arrive à suivre un film, j’arrive également à lire lorsque c’est nécessaire; autrement dit, si j’avais des examens à passer, j’en baverais particulièrement (c’est-à-dire encore plus que d’habitude), mais j’y arriverais, contrairement à ce qui s’était passé lorsque j’étais sous séroplex. Par contre, le soir passé 22 heures, il m’arrive de piquer du nez sans que ça prévienne, et suis incapable de regarder la télé sans m’endormir quel que soit le programme (sauf si je sais que je dois me lever le lendemain), le matin, je me lève fatiguée, et l’après-midi, il m’arrive souvent d’avoir besoin de faire la sieste (mais je n’ai presque jamais l’occasion de la faire), même si j’ai une activité prenante. J’en suis à me dire que je devrais diminuer la dose déjà ridicule que je prends de millepertuis, et me remettre à la dose initiale: ce n’était pas Byzance, cela n’empêchait nullement les effondrements psychiques, mais c’était bien mieux que sans rien (non seulement je m’en remettais plus vite, mais encore les moments où j’allais pas trop mal étaient mieux qu’avant), et surtout, le surplus ne s’est jamais montré plus efficace. Mais comme j’ai déjà fait le yoyo avec les doses en espérant faire mieux, puis en fonction de mes états, je vais attendre un peu.
Je vais attendre de consulter ce médecin dont j’ai entendu parler, et lui demander son avis au moins pour ça. Spécialiste de la dépression et pratiquant les médecines douces, faisant fuir les patients, paraît-il, en raison de l’état déplorable de son cabinet. Je n’y crois plus et j’en ai plus que marre de consulter toujours pour la même chose, toujours en vain au final, malgré les progrès réalisés. Mais je vais quand même aller le voir. Sinon, je ne pourrai jamais m’empêcher de penser que je n’ai pas essayé jusqu’au bout.
D’ici là, une copine m’a rappelé que j’étais presque toujours en manque de fer alors faute de mieux, je vais essayer de penser à en prendre…
A l’évidence, la vie avec un chien n’est pas compatible avec la vie sur une moquette rouge. Il va donc falloir que je me sépare de l’un des deux.
… Ou que je teigne l’un des deux?
Enervée sans savoir pourquoi depuis lundi, et malgré la séance d’hypnothérapie. Ces deux derniers jours, beaucoup travaillé pour une neurasthénique (intellectuellement et physiquement – engrangé du bois pour l’hiver: s’rais temps non?) + pas mon quota d’heures de sommeil (insomnies du matin) + déménagé quinze fois ma salle à manger afin de tenter de trouver une configuration satisfaisante, après avoir bataillé avec Jules qui ne voulait plus fonctionner du tout.
Reçu un charmant texto d’un charmant plongeur, beaucoup plus âgé que moi, et que je connais très peu: nous ne nous sommes parlés que quelques fois, et jamais en tête-à-tête. Je me serais bien laissée tenter à faire plus ample connaissance, mais je crois que j’ai retenu la leçon de l’année dernière (je n’ai pas envie de changer de club tous les ans, c’est beaucoup trop dur); alors je lui ai répondu que j’étais enchantée d’être destinataire de ces jolies choses, mais que je ne pouvais pas me permettre de les accepter. En espérant qu’il sera aussi beau joueur que beau parleur… mais je n’ai pas trop de doutes à ce sujet, nous devrions continuer à bien nous entendre.
Je suis d’autant plus enchantée que si j’avais dû en choisir un (a priori), ç’eut été celui-là: les autres ne m’inspirent pas du tout, bien que je les trouve très sympathiques. Alors je me dis que d’un certain point de vue, j’ai de la chance…
Si j’étais le docteur Mengele médecin-chercheur, que j’avais le consentement des intéressés et de la société, et que la technique était au point, je transplanterais des cerveaux de femmes dans des corps d’hommes et vice-versa.
Pour disposer enfin d’un homme parfait voir si c’est plutôt le cerveau qui s’adapte au corps ou plutôt le corps qui s’adapte au cerveau; et à défaut, pour voir si au moins une tendance se dégage.