Des petits miracles.

L’autre jour, je suis allée promener le monstre dans les bois, avec une copine (que j’ai retrouvée du collège!). Au bord des fossés, j’ai vu des coquelicots. Comme toujours, j’ai regretté qu’il n’y en ait pas dans mon jardin.

Alors finalement, bien que j’aie eu beaucoup de scrupules, j’en ai déraciné une petite touffe, avec deux fleurs, que j’ai plantée dans mon jardin. Je ne pensais pas qu’elles passeraient la nuit. Et pourtant si!

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Alors bien sûr, il ne faut pas trop en demander, aujourd’hui elles sont en déclin, et ce matin elles ne sont vraiment pas jolies; les boutons ne s’ouvrent pas, et ne s’ouvriront apparemment pas. Je ne compte donc pas trop qu’elles fassent des petits (même si je l’espère encore, bien sûr), d’autant que les tiges sont déjà jaunies et que j’ai ouï dire que pour faire pousser des coqulicots, il fallait retourner la terre.

Mais ça fait rien: elles ont déjà passé une nuit! Qui ne tente rien n’a rien de toute façon, et j’étais ravie en me levant ce matin là, de les voir…

Découragée… pour si peu.

Hier, j’ai commencé à bricoler mon placard, pendant qu’un copain s’occupait du plafond de la chambre. J’ai pas fait grand chose, mais j’en étais assez contente, parce que c’était pas si facile (casser des carreaux, reboucher des trous, coller des plaques d’isolants). D’habitude, j’arrive jamais à faire ce genre de choses pour deux raisons: d’abord j’arrive jamais à me lancer, ensuite, quand je suis lancée, je m’interromps toutes les cinq minutes car je ne sais jamais si ce que je fais est correct. Mais le copain était, il s’y connaît lui, et même si je ne le dérangeais pas toutes les cinq minutes, je me sentais encouragée. Et puis bien sûr, je l’ai un peu embêté, et lui ai demandé deux ou trois fois si ce que j’étais en train de faire était correct. Oui m’a t-il répondu.

Aujourd’hui, j’ai voulu remettre ça. Sauf qu’il m’a dit qu’en fait, il n’aimait pas être dérangé pendant qu’il travaillait. Alors j’ai senti comme un coup de massue, le plaisir n’était plus là, je me suis sentie complètement inhibée et incapable, et je n’y ai pas touché.

Je suis sidérée du peu qui suffit à me décourager, et je sais très bien que si je force mon état d’esprit, je vais faire les choses de travers, quelle que soit la façon dont je m’applique.

Cela va se transformer en peine, tous les petits gestes ne s’enchaîneront plus, et ce sera mal fait voire deux fois plus compliqué à reprendre, quand ce sera possible.
J’ai arrêté tout de suite, mais j’en ai été malheureuse.

Tout est encore si laboreux dans mon quotidien…

Glacer les sangs.

Je ne vous l’avais pas raconté mais l’autre nuit (ça fait longtemps maintenant), j’ai encore rêvé qu’on voulait ma mort et qu’on l’aurait. Je me suis vaguement réveillée, très angoissée. Et surtout j’avais très froid, alors qu’il ne faisait pas moins de 18 ou 19° dans la pièce, que j’avais un pull en laine épaisse et que j’étais couverte d’un sac de couchage certes pas très épais.

J’ai compris à ce moment le sens exact de l’expression « glacer les sangs ». L’angoisse + la frilosité me l’ont fait ressentir physiquement. C’est assez extraordinaire et assez douloureux.

J’étais tellement fascinée par cette sensation (et tellement dans le pâté) que j’ai essayé de l’analyser (plutôt que de me lever pour lutter contre). J’avais mal physiquement partout à l’intérieur du corps, j’ai « senti » des couleurs assorties à ces douleurs (qui tournaient autour du bleu et du rouge légèrement grisonnants, tachetées), et le tout avait lieu à l’extérieur des os et à l’intérieur de la peau (que je sentais très chaude). C’était comme si chaque intersection de veine était gelée sans être paralysée, me rendant insompréhensible la chaleur évidente de la peau. J’ai compris que le rêve précédent et l’angoisse qu’il charriait jouaient un rôle dans cette sensation douloureuse et que le froid du dedans était également en cause.

L’expression « glacer le sangs » est venue tout de suite; avant même que j’aie conscience d’un lien avec l’angoisse du rêve qui venait de se terminer.

J’aurais bien voulu analyser davantage ces sensations extraordinaires, mais le froid et la douleur l’ont emporté sur la curiosité. Je me suis levée pour aller chercher ma couverture de laine de grand-mère-qui-tient-super-chaud (je suis sûre qu’on en fait plus des couvertures comme ça!), et j’ai ainsi pu poursuivre mes cauchemars… bien au chaud!

Petit effondrement.

Hier, je me suis effondrée. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas effondrée comme ça. Pourtant, ce n’était pas si catastrophique: ça n’a pas duré très longtemps (et j’espère que j’en suis déjà sortie), et ça n’a pas été trop intense.

L’image du « suicide » a imperceptiblement changé, sans que j’en comprenne la subtilité. Le plus souvent, c’était un canon de revolver posé au milieu du front, alors que je suis debout, ou assise. Cette fois, c’était un canon de revolver sur la tempe gauche, pendant que ma tête reposait sur le côté droit (alors que d’habitude, je la repose plutôt sur le côté gauche), et le canon du revolver était à la fois plus long et plus épais.

Mais je n’ai pas suffisamment eu envie de me suicider pour la voir plus de quelques fois. Je n’ai même pas imaginé ma mort, ni essayé de voir comment je pourrais obtenir un revolver. Il faut dire aussi que j’ai déjà tellement réfléchi à la question sous tous ses angles que je sais déjà de quoi je suis capable ou pas, et ce qui est possible ou pas. Trouver un revolver fait partie de ce qui serait trop compliqué à mes yeux, d’autant que c’est trop lourd pour moi, et que je suis sûre que je me raterais, avec le mouvement de recul. Il y a des moyens plus sûrs et moins compliqués. C’est pourtant ma mort idéale, si j’ose dire, surtout entre les deux lobes frontaux, mais qu’y puis je, cette fois, c’était la tempe: je ne choisis pas ces images, elles s’imposent à moi, comme des flash.

Rien de bien grave donc. J’ai beaucoup pleuré, me suis trouvée épuisée, je me suis haïe, j’ai eu honte, j’ai eu des impressions d’impasses et d’impossibles, j’ai pleuré encore à nouveau, puis me suis pelotonnée dans mon lit, en écoutant la radio, et en attendant que la souffrance se dissipe. J’ai saisi l’occasion de sortir, dès lors qu’elle n’était pas trop difficile nerveusement (dans ces cas là, les tête-à-tête sont idéaux), et je n’ai pris qu’un calmant.

Il y a donc encore et toujours du progrès, semble-t-il. Mais il reste quand même des crises complètement inopinées; cela coïncide avec une modification de mon « nouveau traitement », mais je ne suis quand même pas certaine que ce soit lié, puisque les prémisses de la crise ont eu lieu avant la modification…

L’enfer est pavé de bonnes intentions.

L’enfer, c’est-à-dire un endroit où l’on souffre terriblement et d’où l’on ne peut s’échapper.

Les bonnes intentions, c’est-à-dire les bons sentiments, la volonté de bien faire, la gentillesse, la bonté, la générosité, par extension, la sainteté.

Quand on vit l’enfer parce qu’on a été piégé par les bonnes intentions, comment peut-on croire encore en elles?

Et si l’on est encore moins attirés par les mauvaises intentions, que nous reste t-il? Et comment ne pas se demander si, inversement, le paradis est pavé de mauvaises intentions? Comment reconnaître leur dénouement? Bref, comment reconnaître le chemin à suivre?

Adopter des intentions encore meilleures? L’escalade est-elle pertinente?

Espérer que l’on échappera à l’enfer, mais avec le doute permanent d’y mener. Le doute permanent, l’impossibilité d’avancer, la peur de faire du mal, la culpabilité en cas d’échec, l’inhibition de l’initiative, et j’en passe. On a donc peur de mener à l’enfer aussi, sans le vouloir, c’est-à-dire exactement comme nos prédécesseurs l’ont fait.

Alors on se console vaguement en se disant que si l’enfer est pavé de bonnes intentions, toutes les bonnes intentions ne mènent pas à l’enfer. Mais comme la « bonne foi » n’est pas un « bon guide », pas facile de s’y retrouver. Pas facile de rester optimiste, d’avoir foi en le bon, le bien, le gentil, le bien intentionné…

C’est sans nul doute et de loin le proverbe que je comprends le mieux.

Défaite des mères.

Aujourd’hui, je n’ai pas eu envie de souhaiter sa fête à ma mère.

J’ai bien failli me plier aux convenances, puis je me suis ravisée.

Je ne trouve pas de solution satisfaisante dans ma relation avec elle, ni dans celle qu’elle imprime chez mes frères. Je sais que tout l’apaisement que je trouve aujourd’hui à m’éloigner, je le prendrai dans la figure plus tard, quand elle aura disparu, à travers mes frères, dont il faudra que je supporte le désarroi voire la rancoeur si je reste éloignée d’eux autant que je le suis aujourd’hui de ma mère (s’en est-elle seulement rendu compte?). Ils ne sont pas armés pour aller bien, ni pour accepter sereinement la distance, étant entendu qu’ils sont si différents l’un de l’autre que je ne pourrai pas trouver de solution équitable et satisfaisante pour les deux.

Finalement, je ne lui en veux pas de nous avoir lourdement embrouillés dans un contexte psychique déjà difficile, je lui en veux juste de ne pas vouloir en tenir compte dans la préparation de sa succession alors qu’on le lui demande, histoire d’éviter que ça nous explose à la figure lorsqu’elle disparaîtra.

Non, je ne lui souhaiterai pas sa fête: je n’ai pas envie de fêter quoi que ce soit avec elle.

Des flash terroristes.

Avant-hier soir (mardi) en m’endormant, j’ai « vu » la peau de l’ex du vendredi .
J’étais surprise, mais j’ai laissé faire: je connais bien ces flash, et j’ai appris à ne pas trop lutter.
Puis je l’ai vue se couvrir de sang.
Je ne voulais pas de ce sang; je voulais juste voir sa peau et profiter d’elle, puisqu’elle s’imposait à moi (j’aime sa peau).
Comme je ne parvenais pas à voir sa peau sans voir du sang, j’ai essayé d’évacuer cette image.
Mais plus j’essayais, et plus elle se faisait insistante, rouge, terrifiante et incontournable.

J’ai fini par réussir à penser à autre chose, puis à m’endormir.

C’est un progrès: il fut un temps où je n’eus pas disposé d’autre choix que de la conserver à l’esprit, et être rongée… jusqu’au sang.

Des sèche-linge 100% bio.

Comme je l’ai dit il y a peu, j’apprécie vraiment beaucoup que le soleil se couche tard: je n’avais jamais pris conscience que cela commençait si tôt dans l’année, et je n’en ai jamais vraiment profité. Comme si on était « conditionnés » ainsi. Comme si on ne pouvait apprécier cela qu’en période de vacances, c’est-à-dire pas avant fin juin, alors qu’il décline déjà.

Mais surtout, quand le vent s’y met aussi, ça me permet de faire sécher mon linge en l’espace de quelques heures à peine!

Et ça, c’est vraiment pratique.

De l’hypersensibilité aux molécules.

(Des effets de … sur une pseudo vraie toxicomane)

L’autre jour, alors que je me plaignais d’être molle asthénique, le docteur latête me disait que j’avais le profil d’une toxico, que j’avais toujours besoin de l’apport d’une substance quelconque pour me motiver.

J’ai réalisé qu’il avait raison, et que finalement, les inconvénients de ma trop grande sensibilité aux « substances » étaient aussi de gros avantages. Je m’explique.

Je vais mal depuis très longtemps: que ce soit parce que je suis asthénique, douloureuse, coupable ou que sais-je encore, bref en souffrance. J’ai donc en effet le profil d’une toxico (on ne me sortira pas de la tête qu’on ne se drogue pas quand on va bien). Et si je ne le suis pas, c’est parce que je suis beaucoup trop sensible aux psychotropes! Ils me font bien plus de mal que de bien, je veux dire y compris dans l’instant (je ne parle pas du long terme ou des effets pervers accessoires). J’ai toujours refusé d’essayer la cocaïne ou autres substances malgré ma très forte curiosité, non seulement parce que j’ai toujours eu peur d’y être accro (faut voir comme j’étais déjà accro à la cigarette), mais surtout parce que j’ai particulièrement peur des états dans lesquels c’est susceptible de me mettre. L’on m’a donc parfois dit que j’avais du mérite d’avoir résisté à l’essai de ces substances, mais je répondais toujours que je n’en avais pas: mon corps me surveille!

Il faut voir les états dans lequel me met l’alcool (il m’en faut très peu, j’ai très vite la tête qui tourne, et quand je bois un peu trop [quatre ou cinq verres d’alcool type vodka], je n’arrive plus à bouger le petit doigt ni à remuer les lèvres, tout en restant parfaitement lucide sur ce qui se passe autour de moi; je finis évidemment malade), et même la marijuana (je deviens hyper angoissée et paranoïaque, une fois passés les « dessins animés dans la tête »). Evidemment, je parle d’il y a longtemps: que ce soit l’alcool ou la marijuana, je n’ai pas testé depuis de longues années, et je n’en ai pas du tout envie!

C’est sans parler des médicaments, je pense en particulier au « guronzan » qui était censé être un remontant, et qui me mettait dans des états incroyables (je suis complètement speed pendant une heure ou deux, j’en tremble, puis à un moment je m’effondre, et j’arrive à peine à bouger tellement je suis « hs »). Pour les médicaments de type psychotropes, que j’utilise encore aujourd’hui , un demi stilnox suffit parfois à m’assommer (un dans le pire des cas), et deux quarts de lexomil me feraient presque m’endormir n’importe où: en tout cas, j’évite de prendre le volant quand j’en prends, et je ne le prends jamais quand j’en ai pris plus d’un quart, même si je les ai pris en deux fois, espacés de quelques heures. [Mise à jour]

C’est donc pour ces raisons, j’en suis sûre, que je ne suis pas toxicomane! Sinon, je me serais jetée, pour le moins, sur les amphétamines.

Le revers de tout cela, c’est que je réagis très mal (aussi) aux antidépresseurs ! Alors que c’est d’eux dont j’ai besoin. C’est pour ça que j’étais presque décidée, il y a peu et après de longues tergiversations, à partir en clinique (sous haute surveillance, donc). Je ne sais pas très bien où je mettrais mon cher compagnon à quatre pattes, mais pour l’instant, j’arrive à reculer encore l’échéance: depuis que je prends des fleurs de bach, on dirait que les choses vont beaucoup mieux, et que je ne fais plus vraiment de crises… Je n’arrive toujours pas à y croire, j’attends encore de voir. La seule chose qui résiste, c’est l’asthénie: elle, elle est toujours bien présente. Le reste s’est largement atténué, même s’il n’a pas totalement disparu.

J’aimerais bien être à dans deux ans, juste pour voir si ça marche pour de vrai!

C’est quoi donc?

Depuis que j’ai un chien, je ramène des trucs bizarres à la maison. J’ai pas pu photographier cette espèce de mouche qui colle et qui fait des bruits étranges: j’ai pensé que c’était un taon, mais c’était tellement petit pour un taon que je n’en suis pas bien sûre. Il m’a fallu pas mal de taon temps pour m’en débarrasser: elle collait le poil du chien, mais dès que je l’approchais elle s’envolait. Taper dessus ne la tuait pas, ne la blessait même pas, donc ne servait à rien, à part faire mal au chien. J’ai fini par m’en débarrasser en ouvrant la fenêtre de la voiture, et en me dépêchant de démarrer en suivant.

Quant à ce truc, là, je l’ai retrouvé sur une de mes vestes qui traînait sur un dos de chaise en plein passage, peu après notre dernière promenade en forêt: ça a le corps plat, et ça m’a l’air trop gros pour être une tique ou un pou, mais alors c’est quoi?

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Des envies de.

En ce moment, je me shoote à l’huile essentielle de mandarine et c’est un vrai bonheur!

J’ai envie de crustacés, de mayonnaise, de fruits secs (noisettes noix amandes), un peu de viande rouge, parfois de coca ou de vin… et de sentir la mandarine à défaut de pouvoir en manger.

Allez savoir ce qui me prend! (Non, je ne suis pas enceinte)