Talons obligatoires.

Ce soir, désoeuvrée, j’ai déprimé je me suis ramolli le cerveau devant l’émission la pire que je connaisse de la télévision: secret story (oui j’ai honte, et d’autant plus honte que j’en avais presqu’ envie).

Bien que je n’aie pas pu tout regarder, j’ai pu constater que toutes les femmes de l’émission (elles sont sept ou huit) portaient des talons aiguilles d’au moins dix centimètres. Pas seulement des talons donc. Des trucs qui font dix ou quinze centimètres de haut, qui ruinent certainement les pieds comme le dos, et qui sont pourtant arborés avec fierté.

Le tout, quel que soit le style vestimentaire par ailleurs (y compris en portant de vieux jeans, donc).

Je dois être vieux jeu, mais moi, une dictature inconsciente pareille, ça me fait froid dans le dos.

Irrémédiablement moisie.

Avec tous les orages qu’il y a eu ces derniers temps, et malgré mon super caniveau (oui bon il était pas fini et ne le sera jamais), mon garage est innondé.

… Et tous mes rideaux et toutes mes vieilles fringues sont moisis, car bien évidemment, j’avais oublié que ces cartons étaient à même le sol, et je l’ai découvert aujourd’hui. En les sortant de leur carton, je me suis rendu compte à quel point j’étais mince il y a encore à peine un peu plus de trois ans. Imaginez donc, je portais du 27 en taille américaine et du 36 en taille française! Je suis passée à 42/44 en quelques semaines.

Allez savoir pourquoi, ça m’a rendue toute triste de les voir moisis (parce que je me suis rendu compte que de toute façon je n’aurais jamais pu m’en resservir? Ou bien au contraire parce que j’espère encore secrètement [et impossiblement] les remettre un jour?). Et je suis tellement stupide que, plutôt que de les mettre à la poubelle, je les ai mis en machine pour voir s’ils sont récupérables. C’est que je les aimais mes vieux jeans…

Non décidément, je ne suis pas guérie.

Vous auriez fait quoi vous?

Des miettes de décolletés.

Il m’aura fallu des années pour accepter de porter des hauts plus ou moins décolletés. Jamais en hiver, mais je reconnais qu’en été, ça fait du bien.

… Sauf quand on a la manie du grignotage, confortablement installé dans fauteuil: toutes les miettes s’investissent en des lieux que certains ne sauraient voir (pendant que d’autres les regardent comme des chacals avec insistance), et c’est assez désagréable.

Je ne vais pas développer le propos (sommes toutes peu passionnant convenons-en), mais tout dépend, après ça, si le haut est « libre », près du corps, enfermé dans un pantalon, ou que sais-je encore…

L’on peut regretter dans ces moments là de n’avoir personne pour venir les déguster pas fait attention, parce que ça gratte!

Psychologie canino-humaine.

C’est fou tout ce qu’on peut apprendre des autres quand on a un chien.

Il est vrai que le mien est turbulent, et parfois pénible, mais en même temps particulièrement gentil, joueur et affectueux (d’où son côté pénible). Contrairement à certains autres (pas tous heureusement), il n’essaie pas de dominer les autres, il veut juste s’amuser et être pris en considération.

A partir de là, il y a ceux qui connaissent bien les chiens, qui sont à l’aise avec, mais qui considèrent qu’ils doivent être parfaits. Ils les grondent, leur font peur, les punissent (sans les frapper parce que ce sont des gens bien), et, finalement, le chien ne veut plus les approcher. J’en prends évidemment pour mon grade au passage, et aucune des justifications que j’apporte ne trouve grâce à leurs yeux (que j’ai eu le chien tardivement, qu’il n’a pas été bien traité avant, que ça ne fait que quelques mois que je l’ai, que j’ai lu des bouquins sur le sujet, que je prends des cours d’éducation canine, que je lui fais faire des exercices régulièrement; tout cela ne suffit pas, la preuve: le chien n’est pas parfait).

Il y a ceux qui disent que « ça peut aller », mais qui en fait, sont très mal à l’aise dès que le chien s’approche, en particulier la truffe. Lorsqu’ils essaient de le carresser, leurs gestes vont en reculant, ils se crispent, ils n’osent pas trop dire que c’est insupportable pour eux. Evidemment, j’interviens dès que je m’en aperçois, sauf que ce n’est pas toujours flagrant.

Il y a ceux qui font plein de mamours au chien jusqu’à ce qu’il ne leur obéisse plus au doigt et à l’oeil, qui font exactement l’inverse de ce qu’il faudrait pour obéir: alors ils se fâchent, et s’en prennent à votre chien ainsi qu’à vous même; mais répètent qu’ils adorent les animaux.

Il y a ceux qui aiment les chiens, qui sont à l’aise, mais qui n’ont pas envie de vous aider à l’éduquer et qui vous demandent de le mettre « ailleurs ».

Enfin, il y a ceux qui aiment les chiens, qui se fichent d’avoir des poils sur leurs vêtements, et qui sont contents de s’amuser avec, et qui vous aident de bonne grâce. Dans mon entourage, je n’en connais que deux, dont l’un vit loin d’ici…

Les pièges de l’invisible.

Avec mon nouveau collègue, on parle « psy ».

J’ai compris très vite qu’il s’intéressait à la question (dès le deuxième jour, mais on ne se voit qu’une ou deux fois par semaine) car il y a des signes qui ne trompent pas, et j’ai su dès le quatrième (après lui avoir parlé pour ne pas l’effrayer) qu’il en était à sa neuvième année d’analyse.

En dehors du fait qu’il fait une analyse pure et dure et s’intéresse à la théorie psychanalytique, ce qui n’est pas du tout mon cas (ça me barbe et ça m’a jamais aidée), nous avons d’assez nombreux points communs, en particulier au sujet de nos mères respectives.

A ceci près que l’emprise-fusion de la sienne est évidente, alors que celle de la mienne n’est pas du tout flagrante; je ne l’ai compris que plusieurs années après le début de ma thérapie. A ce point que cela fait systématiquement dire à mes amis – dont certains la connaissent – que c’est « normal » pour une mère d’agir comme ça, etc.

Seuls mon psy, ma gynéco (qui l’a rencontrée à quelques reprises) et mon médecin de famille me soutiennent, me comprennent, et même me lancent parfois sur des pistes très pertinentes. A fortiori mon médecin de famille, qui connaît personnellement et médicalement ma mère depuis 25 ans, qui a lui-même fait un travail analytique de longue haleine et s’intéresse beaucoup à ces questions là, et qui m’a de nombreuses fois soulagée sur ce sujet, venant confirmer que je n’inventais rien et que ce que je souffrais / débusquait était « logique » et pertinent au regard de sa façon d’être; le tout, sans aucune indiscrétion sur sa vie à elle, qu’elle soit médicale ou psychique. C’est idiot, mais c’est bien plus rassurant que les propos du docteur latête qui a beau me dire que je n’ai pas l’air d’inventer car je vis tous les symptômes de la fusion-emprise: quoi qu’il dise, il ne connaît pas ma mère, lui.

Ainsi donc, j’essayais d’expliquer à mon collègue qu’une des difficultés de mon travail psychothérapeutique consistait en ce que les choses n’étaient pas flagrantes, de sorte que je dois m’interroger au sujet de chaque détail qui m’émeut dans ma relation avec ma mère (et bien que j’aie mis des distances avec elle ils restent prolifiques), pour « juger » de sa pertinence (et faire le tri entre ma « paranoïa » et l’emprise réelle persistante), afin d’adopter l’attitude adéquate me permettant de me défaire peu à peu de tout cela, sans pour autant couper les ponts de façon abrupte (ce que j’ai évidemment déjà essayé de faire). Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que je n’ai envie de dessiner que des chaînes, des verrous, des liens, des décorticages de crânes, etc.

Il m’a alors parlé du problème de la maltraitance et de la distinction entre les enfants maltraités et les enfants malaimés, problème apparemment connu du milieu psy. Les premiers ont des difficultés majeures, mais savent d’où vient leur problème. Les seconds se trouvent souvent dans des tourmentes infinies, car leurs difficultés sont moindres sans doute, mais elles sont difficiles à débusquer et non reconnues (il n’y a pas de maltraitance, donc c’est considéré comme peu important donc pas de raison qu’on ne s’en sorte pas), ce qui les laisse dans la tourmente pendant des années, et surtout leur interdit toute reconnaissance et toute légitimité de leur souffrance. Or on ne m’ôtera pas de la tête que la reconnaissance est capitale en ce domaine. Même si mon problème n’est pas exactement similaire, il procède de la même mécanique.

Et ça m’a fait du bien d’entendre ça. Cela signifie qu’à l’instar du docteur latête, d’autres savent à quel point c’est inhibant et douloureux, et surtout savent à quel point il peut être complexe, quelle que soit l’attitude qu’on adopte, de sortir d’un « piège » de ce genre.

Même s’ils sont véritablement très peu nombreux.

Même les huiles essentielles.

L’autre jour, j’écrivais à quel point j’étais sensible aux molécules (j’ai d’ailleurs complètement oublié de vous parler à cet égard de l’effet désastreux du « cyclamax »* que j’ai testé, et qui est pourtant vendu librement). Cela se confirme avec les huiles essentielles.

Il n’y a pas si longtemps, j’avais envie de sniffer de la mandarine . Je ne me suis pas privée, et je m’en suis même mis une goutte, que j’ai étalée sur le plexus solaire puisque c’est dynamisant, paraît-il, et recommandé je ne sais où.

Mais en fait, ça me fait le même effet que le guronzan dans une bien moindre mesure: ça m’énerve.

J’ai essayé trois ou quatre fois, pour être bien sûre. Parfois, ça provoque des impressions positives, mais à chaque fois, ça m’énerve. ça m’énerve au bout d’un moment de toute façon, même si ça m’a fait un peu de bien avant: je finis par me sentir survoltée, agacée, impatiente, etc.

Comme quoi, les huiles essentielles peuvent être négatives: alors comment se fait-il, dans un pays sécurisé comme le nôtre, qu’elles soient en vente libre? N’allez pas croire que je souhaite qu’elles ne le soient plus, je suis juste surprise. Ce que je trouve regrettable en revanche, c’est l’absence quasi totale de mode d’emploi / recommandations: il n’y a presqu’ aucune indication (tout dépend de la marque choisie, parfois il n’y a rien du tout), et je n’ai jamais trouvé jusqu’à présent de mention d’effet indésirable, ni de posologie dans ces produits.

En tout cas, si j’en ai le courage un de ces jours, il faudrait que j’essaie de la diluer (par cinq?), puis que je m’en remette une goutte, pour voir… après tout, si commence par me dynamiser pour finir par m’énerver, qui sait, avec le dosage, j’arriverai peut-être à n’en recueillir que les effets positifs…?

.

* un mélange d’huiles essentielles (je crois), censées vous permettre de trouver un sommeil sans failles et notamment recommandé pour les « retards de phase » (un problème que j’ai jamais pu résoudre, même à l’époque où j’allais à l’école): ces gélules m’ont complètement assommée, et c’est une de mes amies qui s’est inquiétée, me disant qu’elle ne m’avait jamais vue avec une si mauvaise mine (même à l’époque qu’elle avait connu, où, pourtant, j’étais particulièrement dépressive et fatiguée). Réflexion faite, je me suis rendu compte que c’était depuis que je prenais ces gélules que j’étais dans cet état, et j’ai immédiatement arrêté, pour voir. De fait, je me réveillais au moins aussi fatiguée qu’au moment du coucher: je dormais, mais je ne me reposais pas du tout. J’ai retrouvé ma forme habituelle très rapidementaprès cessation du traitement: un sommeil imparfait, mais réparateur quand même. Je n’ose même pas essayer d’en prendre beaucoup moins (il fallait en prendre quatre gélules par jour je crois), il faut dire que le sommeil reste un problème dans ma vie, mais suffisamment atténué pour que ce ne soit plus une priorité.

On ne m’a pas téléphoné.

… pour m’expliquer ce qui se passe avec ppda en ce moment. Il paraît qu’il ne présente(ra?) plus le journal de 20h sur la chaîne des cerveaux rétrécis la plus connue du « paf » (dans ce cas « paf » ne veut pas dire « paf le chien » ni « police de l’air et des frontières » mais « paysage audiovisuel français » – il faut bien que j’aie l’air de connaître des trucs quand même des fois).

Nous ne devons pas être très nombreux à ignorer encore ce qui se passe. La rumeur dit qu’il s’est fait « virer », pour être remplacé par une blonde à forte poitrine personne plus jeune.

Viré? démission? Pour quelles raisons? Je ne sais même pas s’il est encore en poste ou non, je n’arrive pas à faire coïncider ma curiosité avec l’heure du journal. Je vais de ce pas googler tout ça, non que cela me passionne (encore que j’aie un brin de curiosité), mais essentiellement parce que j’en ai marre de ne pas pouvoir dire de bêtises un peu intelligentes (ainsi que de passer pour l’ignare de service) dans la plupart des conversations de comptoir.

… ni pour me dire si nous avons perdu contre l’Italie (j’étais restée sur le score de 1-0 en début de seconde mi-temps, en sortant de la piscine) et sommes donc (?) sortis de l’Euro 2008! Suspens.

L’avantage de ce genre de questions, c’est qu’elles trouvent très vite des réponses; ça me change un peu. Allez, cherche…

Quand on couche avec un chien…

on se réveille avec des puces, dit-on.

De fait, il y a des sites sur lesquels je me garderai de commenter désormais: non seulement j’y ai été mal reçue (bon, ça à la limite pourquoi pas, chacun fait ce qu’il veut chez lui, y compris se montrer presque désagréable), mais encore, depuis, je reçois du spam, là où mon fournisseur d’accès s’était débrouillé, depuis huit ou neuf ans que je suis chez lui, pour que j’y échappe.

Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine; il ne suffit pas d’un site qui présente bien pour y trouver de vraies vertus. J’oublie toujours que l’intelligence n’est pas la connaissance, et que la psychorigidité (très répandue dans notre société) présente cette faculté paradoxale et systématique de lui donner à la fois un fort crédit et de rudes limites. Un peu comme si elle l’aidait fortement à cheminer dans un sens et la poussait à s’y développer à l’infini, mais lui interdisait formellement et la dégoutait même de fourrer son nez dans un autre… engendrant souvent dans son sillage le mépris.

En tout cas on ne m’y reprendra plus! Ou bien avec une adresse email destinée au « pourriel »…

Fête et anniversaire.

Aujourd’hui, alors que c’était à la fois la fête des pères et l’anniversaire de la mort du mien, je me suis sentie plutôt légère.

Essentiellement parce que je continue de penser qu’il est sûrement mieux là où il est qu’à se pourrir la vie comme il l’a toujours fait, et que je me nourris beaucoup plus de lui depuis qu’il a disparu que lorsqu’il était avec nous. C’est immonde de dire des choses pareilles, mais pourtant, c’est un fait. Je prends la mesure de tout ce qu’il m’a/nous a apporté, mais aussi de la force des parasites créés par ses incommensurables angoisses (niées bien sûr).

Il a toujours su qu’il partirait bien avant nous, je me rappelle qu’il le disait déjà lorsque j’étais ado. Statistiquement c’était logique, mais c’était quand même un peu lourd à entendre. D’ailleurs, au début je ne voulais pas l’écouter quand il disait des choses comme ça. Puis j’ai fini par être au contraire particulièrement attentive; sans doute m’avait-il convaincue qu’il avait raison, à la longue.

Aujourd’hui, j’en arrive même à me dire qu’il avait calculé les choses, pour des raisons longues à exposer. Si je résume: très consciemment sur le plan matériel, laissant ma mère dans de bonnes conditions, et nous permettant de partir avec un minimum dans la vie, plus ou moins par ricochet. Egalement sur le plan psychique (mais très intuitivement, c’était pas du tout son truc le « psychique »): sa disparition a fait apparaître bien des mécanismes, et a laissé la place à des prises de conscience ainsi qu’à des avancées (mon père était très « inerte » sur ce plan, freinant sans doute malgré lui bien des choses), et ce, malgré le fait que mon frère cadet s’est retrouvé orphelin de père à douze ans ce qui l’a évidemment marqué au fer rouge (mais qu’il ne reconnaîtra jamais vraiment).

Certes c’est un peu vrai pour tous les parents, mais ça l’est sans doute davantage pour certains que pour d’autres.

Je me dis donc que le moment de sa mort était bien « choisi », que cela correspond à sa générosité légendaire (à quelques semaines près, ma mère aurait sans doute rencontré des difficultés financières + psychiquement il y a des « seuils » à ne pas dépasser pour débloquer certains trucs) ainsi, finalement, qu’à son intérêt personnel (il est mort au seuil de sa retraite, or il était complètement perdu quand il n’avait pas de travail; d’ailleurs il tombait systématiquement malade lorsqu’il était en vacances, et jamais le reste du temps). C’est un peu idiot de penser des choses comme ça, et pourtant…

Pourtant cela m’aide sans doute à accepter sa mort sans dommages, et même avec une certaine légèreté. J’étais d’ailleurs d’assez bonne humeur aujourd’hui, puisque je me sens « nourrie » souvent lorsque je pense à lui, spécialement pour une « fête » des pères, et parce que j’ai enfin pu me défaire de l’immense majorité de ses terribles angoisses grâce à la (longue) psychothérapie (il fallait au moins ça…).

Il n’y a que ma mère qui a réussi à plomber ça en nous racontant (mon frère cadet était présent), en pleurant, l’état dans lequel elle était quand elle avait récupéré ses cendres, alors que nous parlions de lui de façon agréable et légère.

Je me suis dit qu’elle avait également une faculté phénoménale à se pourrir la vie et que de ce point de vue là, ils s’étaient bien trouvés…

Sauvetage de mes fesses.

Au supermarché, quand j’ai vu « papier recyclé » au rayon du papier hygiénique, je me suis dit que c’était toujours bien un geste écolo, et je l’ai pris, fière de participer au sauvetage de la planète.

Chaque fois que je le vois et maintenant que je dois m’en servir au quotidien, allez savoir pourquoi, je me sens beaucoup moins partisane…