Octobre.

Je viens de m’apercevoir que je n’aime pas le mois d’octobre, c’est sans doute celui que j’aime le moins de tous. La seule chose qui peut me faire l’aimer un peu je crois, c’est que je déteste détester.

Les décembre, janvier, février, au moins, sont mordants ou bien enveloppants, et font preuve d’une certaine façon de vivacité. Le novembre a une certaine douceur malgré son gris et sa froideur. Au moins, il ne ment pas.

Alors qu’Octobre, c’est un traître: il nous laisse l’espoir de quelques beaux jours encore, mais il est impossible d’en profiter: ils sont trop froids, trop venteux, trop humides, même lorsque la pluie a cessé.

Octobre est triste sans la lumière ou la chaleur que Septembre nous laissait encore un peu; il nous rend trop hésitants, nous ne savons plus sur quel pied danser, et il n’a même plus l’intérêt de l’agitation de la « rentrée ».

Et puis je n’aime pas son chiffre, je n’aime pas sa couleur (différente de celle de son chiffre).

Je n’aime pas non plus sa sonorité qui ne se marie pas avec les autres, et qui en outre, heurte l’ouïe.

Je déteste réellement la lumière qui baisse à ce point, et à laquelle on n’est pas encore accoutumés, comme si l’obscurité nous assaillait sans encore nous envelopper tout à fait.

Je n’aime pas non plus les fêtes de fin d’année qui approchent sournoisement: elles ont l’air lointaines, mais elles ne le sont plus vraiment.

D’ailleurs, je recommence à mal dormir…