Poser les armes.

(sans les déposer, là où elles sont nécessaires)

Tout à l’heure, je disais au docteur latête que je savais désormais où je mettais les pieds (je n’ai pas ajouté que c’était en grande partie grâce à lui, mais c’est le cas), mais que j’étais fatiguée de marcher – et pourtant obligée de le faire, a fortiori après être restée si longtemps et bien malgré moi « alitée ».

Je sais que j’ai « raison » de les mettre là où je les mets (ou du moins que je suis « légitime » à les y mettre, et pour le moins que j’ai le « droit » de les y mettre), mais ça m’épuise.

Notamment parce que ça nécessite de résister à tous ceux qui, de près ou de loin, volontairement ou involontairement vous déstabilisent. Maintenant que je suis sortie du doute, je suis à nouveau confrontée, aux « coups ».

Rétrospectivement, je comprends à quel point ce sont ces « coups » qui avaient fini par me faire douter, qui avaient fini par me faire me placer sur la défensive. C’est en recommençant à vivre tout cela (maintenant que l’essentiel des souffrances reste à la porte), que je comprends comment j’ai appris le cynisme, l’humour noir et le mépris. Je prends également la mesure de leur nécessité (car ils m’ont effectivement défendus et c’était nécessaire), et je ne les renie pas.
Maintenant que j’ai fait une longue thérapie, j’ai appris à oublier ces armes là (trop invasives) et à en développer d’autres, qui conviennent mieux à ma conscience, qui ne me tourmentent donc pas et qui, en conséquence, n’ajoutent plus aux souffrances « originelles ». Cela nécessite un apaisement minimal des émotions (que l’on peut trouver en thérapie et/ou grâce à quelques molécules; pour moi, ce sont psychothérapie, millepertuis et fleurs de bach, les trois étant tout à fait indispensables).

Pour autant, et parce que je reste « hypersensible » malgré tout cela, ces armes, je me vois dans l’obligation de les sortir sans arrêt, y penser sans arrêt, et les poser (et non les déposer) sans arrêt.

Pourquoi? parce que l’on est sans cesse sollicité (travail, loisirs, administration) et qu’il faut donc bien refuser ce qui ne nous convient pas, résister aux reproches (voire aux ricanements qui se font parfois jour), remplir les missions qui nous sont confiées.

Il faut croire que je suis encore très convalescente, car cela m’épuise complètement.