… et de leur reconstruction/évolution.
Il n’est pas question ici de ceux de mon ex -qui me manquent-, mais plutôt de la bague que ma grand-mère paternelle m’avait offert pour mes 25 ans, ou quelque chose comme ça.
Très fine, ciselée en or et surmontée de trois toutes petites perles, elle était bien trop grande pour mon annulaire (ainsi que pour celui de ma grand mère qui avait des doigts plus fins que les miens), et je ne pouvais la porter que sur le majeur. J’avais apprécié je me rappelle, malgré ma bougonnerie ambiante et même si je n’aimais pas les bijoux, a fortiori de famille. Je m’étais dit qu’elle aurait son temps, un jour, que je n’imaginais même pas.
Je ne l’ai jamais portée; j’ai bien essayé une ou deux fois, mais je me rendais compte que je n’en avais pas envie, et elle est toujours restée avec quelques boucles d’oreilles en toc, une broche bijou de famille aussi (importable), et ma médaille de baptême (dont j’ai perdu la trace depuis) dans un petit coffret de bijoux pour enfants glané lors d’un noël, au fond d’un obscur placard.
Et puis je l’ai retrouvée, puis portée; je crois que c’était lors de mon déménagement. Ce serait assez cohérent d’ailleurs: ma demeure, je l’ai héritée de ma grand-mère paternelle. Allez comprendre les symboles et leur dynamique inconsciente…
Comme j’ai pris 10 kilos tout de suite après être arrivée ici (symbole aussi?), elle se trouvait très bien à l’annulaire. A ceci près que je n’ai jamais su porter de bijoux, et qu’en conséquence, lorsque j’en ai, je ne les retire pour ainsi dire jamais.
Si mon petit bracelet en argent (offert par une cousine que j’ai vu deux fois dans ma vie) a très bien affronté les divers travaux, plongées et entraînements en piscine, ma bague elle, a perdu au fil des mois ses trois perles. Avant qu’elle ne perde la dernière, je suis allée trouver un bijoutier pour lui demander ce qu’il était possible de faire. J’imaginais bien une jolie petite pierre rouge au centre, et laisser des perles sur les côtés.
Après lui avoir expliqué qu’il faudrait qu’elle résiste à 20 mètres de profondeur, au chlore de la piscine et à la vaisselle, qu’il m’ait dit que j’étais une hérétique, précisant qu’il ne faisait pas de miracles, avoir échangé au sujet de la plongée puisqu’il se trouve être un ex plongeur de mon club actuel, et m’avoir montré quelques fades pierres rouges rosatres pas plus jolies sur la bague que sur le papier, il a fini par m’expliquer que ce que je voulais, c’était du rouge « sang de pigeon ».
Bien. Sauf que je ne veux pas de griffes (beurk), et que les pierres qu’il a reçues la semaine suivante, très jolies sur le papier, étaient beaucoup trop foncées à mon goût lorsqu’elles étaient posées sur la bague. On en perçoit la beauté, mais à condition de bien regarder. Moi, j’ai envie que ça me saute aux yeux car j’ai beau avoir ma bague tout le temps sur moi, je n’ai pas le nez dessus pour en examiner les jolis et profonds reflets.
Alors, en bon commerçant qu’il est, et après avoir écarté le vert émeraude en tant que « ça ne rendrait pas » (pourtant j’aurais aimé!), il m’a fait essayer du bleu (apparemment moins coûteux qui plus est). Si les premières pierres étaient belles et profondes mais trop foncées à mon goût, l’une d’entre elle, plus claire, m’a paru très jolie et rendait la bague plus éclatante.
Pourtant, je n’aime pas particulièrement le bleu à part sur l’horizon, alors, que faire? Rester sur l’idée du rouge, couleur que j’aime mais qui n’éclaire pas la bague? Ou bien lui préférer un bleu de moins bonne qualité mais plus éclatant? Choisir l’absolu (le rouge, la première intuition, la qualité) ou le relatif (le bleu, plus accessible au quotidien et plus éclatant)?
Aah ces femmes…!