Cette faculté et ce plaisir que j’ai enfin à faire du sport me font penser à tous ceux qui m’ont exaspérée voire profondément culpabilisée par le passé, à me dire que quand on « déprime » (car personne ne croit que vous faites de la dépression quand vous souriez, même si vous le dites, on vous répond que c’est un mot galvaudé), « faut faire du sport, ça fait du bien » (avec pour le pire: « si tu faisais du sport, tu irais mieux, ça ne tient qu’à toi« ).
Plus que jamais je leur dis que non, ce n’est pas si simple, et si ça ne tient pas aux autres, ça ne tient pas exactement « qu’à soi » non plus. Il y a des choses que l’on ne maîtrise pas, même si elles nous appartiennent (malgré nous donc), quels que soient les efforts entrepris. Que le sport fait du bien, c’est devenu vrai pour moi au bout de longues années, parce que j’ai enfin atteint un minimum de plages de « non souffrance » sur le plan psychique; ce n’est d’ailleurs pas par hasard que je me considère à peu près comme une « ex » dépressive désormais. Ce minimum, comme son nom l’indique, était nécessaire: sans lui, j’étais incapable de m’astreindre à faire du sport, et si malgré tout je m’y astreignais quand même (comme je le faisais au début, et comme j’ai régulièrement essayé de le faire), cela ne me faisait pas du bien: les efforts indispensables à se mobiliser, à « affronter » les autres étaient bien trop importants et coûteux au regard de ce que me rapportait l’activité en tant que telle, y compris le fait de « sortir de chez soi » (encore un thème cher aux détenteurs de recettes). J’en revenais avec des souffrances supplémentaires que le mieux être physique (pas toujours au rendez-vous d’ailleurs) était à des années-lumière de compenser. Et je ne pouvais rien contre cela.
J’attendais ce jour avec impatience, je ne l’espérais plus à vrai dire, j’avais fini par ne plus entendre les « conseils » pénibles des autres; mais je savais, sans pouvoir leur démontrer, qu’ils se trompaient, même s’ils ne voulaient pas l’entendre.
Si certains dépressifs lisent ce blog, qu’ils culpabilisent de ne pas faire de sport, je leur dis: le jour où vous pourrez, le jour où vous en aurez un peu envie, vous saurez très bien le faire, vous saurez fournir les efforts adéquats pour cela (car ça reste un effort), et ils vous feront du bien, de sorte que vous aurez envie de les fournir, car ils en vaudront la peine. Eventuellement vous apprendrez ce que vous ne savez pas encore faire, mais vous le ferez avec plaisir. Si ce jour ne vient pas, ne vous en voulez pas, vous n’y êtes pour rien: c’est soit que vous n’êtes pas prêts (cela viendra en son temps; parfois trop long, je vous le concède), soit que vous n’êtes pas fait pour le sport!
Et soyez rassurés, vous trouverez ce qui vous convient. Au diable les majorités qui vous assènent le contraire (il faut juste ne pas leur dire).