Ben ça alors, ça fait quatre ans pile que j’écris ici… Certes de façon moins assidue ces derniers temps.

Il y a quatre ans, nous étions au lendemain de la catastrophe du tsunami, tout le monde ne parlait que de ça, pendant que je me regardais le nombril. J’avais hésité à en parler, mais je ne le sentais pas, et puis j’avais décidé de faire ce blogue pour mon nombril, pas pour le monde; je ne souhaitais pas le dénaturer, même avec un événement d’une telle ampleur.

Si c’était aujourd’hui, il est possible que j’en dirais quelques mots. C’est que j’ai moins mal au ventre; tellement moins que j’envisage même (et de plus en plus) à m’en servir pour donner la vie, malgré mon âge avancé.

En écrivant là, avec un bon petit feu de cheminée, le chien allongé à proximité, la télé allumée (oui c’est une faute de goût, j’aurais dû mettre la radio; ceci dit, c’est John Wayne…), je me dis que je m’approche toujours un peu davantage du mieux. Il manque l’essentiel bien sûr, mais c’est comme si j’étais de moins en moins incapable de l’accueillir. Hier soir a été très tranquille aussi: avec mon frère à regarder quelques séries que nous aimons partager ensemble, en mangeant quelques canapés que ma mère n’a pas pu s’empêcher de nous apporter. C’était bon, pas trop encombrant, et tranquille.

Mais nous nous sommes couchés très tard, et je me sens trop fatiguée pour aller prendre un simple café en ville avec un de mes amis (dommage parce qu’à l’heure du repas, on doit avoir la ville à soi tout seul! qui plus est, il fait un temps magnifique), ou pour aller me promener en bord de mer avec le chien, voire pour faire les mille petites choses nécessitées par une maison (a fortiori en travaux).

Ainsi donc, en dehors de la fatigue persistante (accentuée en l’occurrence donc), je me sens encore trop coupable pour ne pas téléphoner à la famille, et trop sensible pour aller prendre le café avec eux (alors pourtant que j’ai fait l’effort de leur trouver un cadeau, comme ça, au dernier moment). Il y a donc du chemin parcouru, mais il en reste encore beaucoup à faire, et je suis toujours ahurie par le temps que ça prend… de prendre du plaisir à partager avec les « siens ». La culpabilité et l’envie/espoir de me sentir bien avec eux va sûrement emporter encore quelques morceaux puisque la journée n’est pas finie.

Et puis je réalise que la famille, j’en ai plein, de plus en plus au fur et à mesure que les pièces se rapportent chez les cousins, et que les enfants naissent (trois en tout pour l’instant). Seul notre « noyau » résiste entièrement à la vie. Nous nous composons de cinq « agglomérations » différentes désormais, et il me reste encore deux coups de fil à passer pour bien faire les choses, dont un difficile. Mais comme je suis déjà fatiguée des trois coups de fil précédents, je vais sans doute aller faire une sieste.

Ah pourquoi les progrès sont-ils si longs? Pourquoi faut-il tant de temps pour avancer si doucement…? Si doucement qu’on dirait que je n’avance pas. Pourtant si, je le sens. Et puis je repense aux noëls de mon enfance , à ce que je pouvais ressentir, au fond de mes tripes, années après années, aux cercles vicieux infinis qui s’instauraient sans cesse, quels que soient mes comportements, même encore à 25 ans. De ce point de vue, c’est évident, tout va mieux, et le chemin parcouru est immense.

Bon noël à tous.