De mes actes manqués.

En ce moment j’en fais de beaux.

Au tout début des vacances, je suis arrivée… sans les clefs de la maison.

Bon, c’est pas un drame: juste obligée de refaire un aller retour express le soir après le restau, deux heures de perdues, et surtout une soirée de festival gâchée avec l’ami de longue date que je vois si peu. Ami qui s’est bien fichu de moi mais qui a eu l’extrême amabilité de m’accompagner pour retourner les chercher, et tant pis pour le festival!

A la toute fin des vacances: j’ai avancé mon retour de quelques heures pour pouvoir voir le docteur latête. ça a dérangé tout le monde, car contrairement à ce qui se passe d’habitude, les copines (et les enfants) avaient prévu de passer la soirée sur place; or sans moi ce n’était pas possible, puisque je détiens les clefs. J’ai donc obligé tout le monde à rentrer en fin d’après-midi. Et j’ai oublié mon rendez-vous.

Ce ne sont pas les franges à la Kate Moss qui m’énervent…

Petites angoisses.

Je me suis réveillée ce matin, les images de mon rêve encore à peu près fraîches (ça parlait de piscine, de nage, d’entraînement, et il y avait beaucoup de monde) avec le sentiment d’un mauvais choix. De quelque chose de lourd et d’irréversible, qu’il allait falloir que j’assume désormais, et que je n’étais pas de taille pour ça. Une nouvelle vie qui commençait et dans laquelle j’allais galérer.

Immédiatement je me suis demandé ce que j’avais fait hier, car je ne voyais pas le rapport avec mon rêve (encore que). Outre l’insémination (mais c’est pas la première, et ça ne m’a jamais mise dans cet état), j’ai pris une décision: j’ai décidé de faire un stage niveau 2 pour la plongée, puis de m’inscrire au club en niveau 4 si le niveau 2 est réussi. J’ai bêtement claironné mes intentions à mes camarades du club, de sorte que je suis bien obligée d’assumer maintenant. Alors que je ne suis pas sûre d’être à la hauteur pour un niveau 4: d’abord parce que je pense que je narcose facilement, ensuite parce que je ne suis pas douée pour l’apnée, et enfin parce que physiquement, je suis très faible par rapport aux autres.

Un peu comme quand on annonce à tout le monde qu’on s’arrête de fumer (ce qui est toujours une énorme erreur je pense): il faut bien le faire, sinon on perd en crédibilité, et bien plus encore, l’air de rien.

Je viens de prendre conscience que cette décision de suivre la formation s’inscrivait dans une dynamique à long terme, car j’ai envie d’aller encore bien plus loin que ce que j’ai annoncé, même s’il y a très peu de chances pour que j’y arrive étant donné mes faibles capacités physiques.

Chaque fois que je veux faire quelque chose, que je décide de passer à l’action, même pour des choses accessibles (j’en parlais ici même), je me sens inhibée, j’ai peur, je doute, je me trouve nulle, pas à la hauteur, et ainsi de suite. En général, ça commence comme ça! Par une peur au ventre. Je vais essayer de ne pas me laisser abattre, mais le docteur latête m’aiderait là, je crois.

Plus encore; en mettant ces choses en place, j’ai peur de faire comme ma mère, qui a passé sa vie à passer des formations à droite et à gauche, comme une sorte de collection, ne rimant à pas grand chose, en tout cas rien de très reconnu. Je m’efforce de ne pas y penser, mais je sens bien que ça me pèse. Oui vraiment, vivement que le docteur latête rentre de vacances, avant que tout cela ne m’envahisse trop malgré moi.

Et c’est sans compter que tout ça serait inévitablement remis en cause par l’arrivée d’un enfant que je vais avoir peur, lui aussi de ne pas assumer (même si j’ai trouvé un « arrangement » avec cette peur là).

Et puis je me suis rappelé que je partais aujourd’hui pour une semaine, que j’avais un huissier aux fesses, deux dossiers à régler, que j’aurais pas le temps de le faire, et que j’étais toujours un peu dans cet état quand je partais. Que c’était peut-être tout simplement ça, toutes ces peurs diffuses, toutes ces inhibitions.

Mon intuition ignore la provenance de cette peur, elle n’est pas sûre que je puisse assumer tout cela, mais elle ne remet pas mes choix en cause pour autant: elle me dit bien de poursuivre, et de ne pas me poser de questions. Là encore je doute: car c’est ce qu’elle m’avait dit pour l’ex du vendredi, et si c’était à refaire, je ne le referais pas…

Ah cet esprit qui turbine à 100 km/h, et ces émotions qui ne veulent rien entendre de raisonnable!

Quand me lâcheront-ils?

Ce soir je vais au restau avec un ami de longue date. J’espère que ça va me calmer un peu…

Le fantasme du livre (revu à la baisse).

Depuis que j’ai compris que 180 pages d’un livre de poche (écrit gros, certes) équivalait à environ 30 ou 40 pages sous un traitement de texte classique, je ne désespère pas d’écrire un livre un jour. Il faut dire que chaque fois que j’écris à l’ex du vendredi par exemple (c’est-à-dire à peu près à chaque fois qu’on se revoit et qu’il me met en pétard avec son insupportable lacheté), j’arrive à quatre ou cinq pages alors que j’étais partie pour moins de dix lignes. Et je ne peux plus les rétrécir sans avoir l’impression d’amputer mon propos.

J’en conclus qu’en visant quatre ou cinq pages sur un sujet quelconque, j’arriverai facilement à quarante ou cinquante! Pourtant, je vois bien que ça fait partie des fantasmes que je ne réaliserai jamais: j’essaie parfois de m’y mettre (notamment j’avais essayé sur la cigarette), mais je m’arrête très rapidement.

Alors puisque c’est un désir profond, qui revient sans cesse, pourquoi suis-je incapable de dépasser ce qui me retient? et comment n’ai-je toujours pas trouvé de solution à cela?

Au delà de l’écriture, chaque fois que j’entreprends quelque chose, je finis toujours très rapidement par trouver ça complètement vain. C’est comme ça, c’est là, et je ne peux rien faire contre. J’ai beau me dire qu’il ne faut pas que j’en tienne compte si je veux avancer, c’est impossible: trop dans les tripes. Et plus je persévère, plus je me déteste. Plus qu’une corvée, ça devient destructeur, même en m’efforçant de ne regarder que le verre plein. Le sentiment est là, il grossit, et plus je persévère dans mon effort, plus il m’envahit.

Alors et bien… j’arrête.

Aussi surprenant que cela paraisse, c’est un véritable progrès.

Que de paradoxes!

Je sais que je veux donner la vie. Je l’ai toujours su, et c’est seulement aujourd’hui que je peux l’envisager. Jusque là c’était hors de question.
Parce que la vie m’était insupportable, et elle ne l’est plus. Elle n’est plus que chiante, ennuyeuse, difficile, pénible, mais tolérable. Je n’ai donc plus envie de mourir, mais ça resterait un grand plaisir…

Mon fantasme? Mourir en couches, sans trop de douleurs, après avoir embrassé mes enfants, et les avoir confiés à quelqu’un avec qui ils se sentiront bien.

Mais qui sait, j’aurai peut-être changé d’avis d’ici là: maintenant que mon état s’est amélioré alors que je ne croyais plus que c’était possible, je peux avoir l’espoir qu’il s’améliore encore.

En attendant, les larmes ne se lassent pas de couler…

Côté procréation.

Je cherche toujours un donneur de sperme.

… bien que je crois en avoir trouvé un: ce n’est pas un mauvais bougre, mais il ne me plaît pas. Je n’ai pas du tout peur de ses gènes (qui de toute façon ne sont pas mauvais apparemment), ça m’est égal ça. Je n’ai juste pas envie d’être attachée à lui et de le revoir au long de la vie de l’enfant, même si ce n’est pas souvent: car il n’a pas demandé à le reconnaître, mais il souhaite quand même le rencontrer, juste quelques fois jusqu’à sa majorité.

Je sais déjà que je vais accepter si son engagement tient toujours, car je ne perds pas de vue que l’essentiel, c’est l’enfant. C’est juste que si je pouvais trouver quelqu’un d’autre, j’en serais soulagée, et donc je ne relâche pas mes efforts.

Je suis étonnée d’ailleurs du nombre d’hommes qui accepteraient de distribuer leur sperme dès lors que les choses se font normalement, mais qui restent bloqués et le refusent dès lors qu’on leur demande de le faire dans une éprouvette. Si c’était juste parce que ça ne les amuse pas ou que ça les gêne, je trouverais ça légitime. Mais ce qui est drôle, c’est qu’ils n’ont même pas conscience de leurs contradictions: ils vous disent que c’est pas si facile d’assumer le fait qu’un enfant d’eux se promènera dans la nature (avec le fameux: « et s’il veut me retrouver un jour? »), sans se rendre compte que juste avant, ils en avaient accepté le principe dès lors qu’un rapport physique était envisagé. C’est encore plus drôle quand on sait que très peu d’entre eux s’inquiètent d’une éventuelle contraception quand ils ont un rapport avec une femme. Apparemment, c’est dur d’être généreux sans rien du tout en retour…

J’en veux à la loi française – j’ai déjà dû le dire ici -, à sa bioéthique frileuse sous bien des aspects, et qui, ici, n’accorde pas aux femmes célibataires la possibilité d’avoir accès à une banque de sperme; il me semble que sur le long terme, cela contribuerait pourtant à harmoniser la Vie, en l’adaptant à ce que nous devenons de toute façon.

Alors j’en ai accepté le principe puisque je n’ai pas le choix, et je n’ai pas non plus le choix de refaire ma vie ni de modifier ce que je suis. Mais bref. C’est juste que, de temps à autres, me traverse l’esprit que les choses pourraient être tellement plus simples, sans manquer de respect à personne.

Au cours de mes investigations, je reste toujours plus ébahie par l’incompréhension des uns et des autres, qui fait écho à celle que j’ai rencontrée par le passé sur d’autres sujets et dont j’ai beaucoup parlé ici. L’incompréhension, mais aussi – et c’est plus pénible encore – le fait que l’autre cherche toujours à imposer son mode de fonctionnement, sans vouloir en prendre d’autres en compte, même dans les cas où, pour lui, ça n’a pas de conséquence.

Rares sont ceux qui acceptent de reconsidérer les choses sous un angle qui leur est étranger, de réfléchir à d’autres façons d’être que la leur, se confronter à une histoire qui leur est étrangère; ce qui revient au fond à accepter ce qui leur est étranger.

Il n’y a qu’une solide amitié qui peut provoquer ça, et heureusement pour moi, j’ai des ami(e)s…

Mode vert pomme.

Je n’aime ni la mode, ni cette couleur que j’ai toujours détestée.

Et voilà que depuis quelques mois, j’en ai envie. Partout dans la maison. Bassine à linge, égouttoir à vaisselle, agenda, boîtes de rangement, tout y passe au fur et à mesure des remplacements nécessaires, et des petits plaisirs sans conséquences.

Et pourtant, je ne suis toujours pas enceinte!