Je me suis réveillée ce matin, les images de mon rêve encore à peu près fraîches (ça parlait de piscine, de nage, d’entraînement, et il y avait beaucoup de monde) avec le sentiment d’un mauvais choix. De quelque chose de lourd et d’irréversible, qu’il allait falloir que j’assume désormais, et que je n’étais pas de taille pour ça. Une nouvelle vie qui commençait et dans laquelle j’allais galérer.
Immédiatement je me suis demandé ce que j’avais fait hier, car je ne voyais pas le rapport avec mon rêve (encore que). Outre l’insémination (mais c’est pas la première, et ça ne m’a jamais mise dans cet état), j’ai pris une décision: j’ai décidé de faire un stage niveau 2 pour la plongée, puis de m’inscrire au club en niveau 4 si le niveau 2 est réussi. J’ai bêtement claironné mes intentions à mes camarades du club, de sorte que je suis bien obligée d’assumer maintenant. Alors que je ne suis pas sûre d’être à la hauteur pour un niveau 4: d’abord parce que je pense que je narcose facilement, ensuite parce que je ne suis pas douée pour l’apnée, et enfin parce que physiquement, je suis très faible par rapport aux autres.
Un peu comme quand on annonce à tout le monde qu’on s’arrête de fumer (ce qui est toujours une énorme erreur je pense): il faut bien le faire, sinon on perd en crédibilité, et bien plus encore, l’air de rien.
Je viens de prendre conscience que cette décision de suivre la formation s’inscrivait dans une dynamique à long terme, car j’ai envie d’aller encore bien plus loin que ce que j’ai annoncé, même s’il y a très peu de chances pour que j’y arrive étant donné mes faibles capacités physiques.
Chaque fois que je veux faire quelque chose, que je décide de passer à l’action, même pour des choses accessibles (j’en parlais ici même), je me sens inhibée, j’ai peur, je doute, je me trouve nulle, pas à la hauteur, et ainsi de suite. En général, ça commence comme ça! Par une peur au ventre. Je vais essayer de ne pas me laisser abattre, mais le docteur latête m’aiderait là, je crois.
Plus encore; en mettant ces choses en place, j’ai peur de faire comme ma mère, qui a passé sa vie à passer des formations à droite et à gauche, comme une sorte de collection, ne rimant à pas grand chose, en tout cas rien de très reconnu. Je m’efforce de ne pas y penser, mais je sens bien que ça me pèse. Oui vraiment, vivement que le docteur latête rentre de vacances, avant que tout cela ne m’envahisse trop malgré moi.
Et c’est sans compter que tout ça serait inévitablement remis en cause par l’arrivée d’un enfant que je vais avoir peur, lui aussi de ne pas assumer (même si j’ai trouvé un « arrangement » avec cette peur là).
Et puis je me suis rappelé que je partais aujourd’hui pour une semaine, que j’avais un huissier aux fesses, deux dossiers à régler, que j’aurais pas le temps de le faire, et que j’étais toujours un peu dans cet état quand je partais. Que c’était peut-être tout simplement ça, toutes ces peurs diffuses, toutes ces inhibitions.
Mon intuition ignore la provenance de cette peur, elle n’est pas sûre que je puisse assumer tout cela, mais elle ne remet pas mes choix en cause pour autant: elle me dit bien de poursuivre, et de ne pas me poser de questions. Là encore je doute: car c’est ce qu’elle m’avait dit pour l’ex du vendredi, et si c’était à refaire, je ne le referais pas…
Ah cet esprit qui turbine à 100 km/h, et ces émotions qui ne veulent rien entendre de raisonnable!
Quand me lâcheront-ils?
Ce soir je vais au restau avec un ami de longue date. J’espère que ça va me calmer un peu…