Hier soir, vers 23h30, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai décidé de m’occuper des plaques de plâtre qui traînaient dans la chambre. On doit terminer les gros travaux de la chambre aujourd’hui donc je voulais la dégager, et mon dessus de cheminée m’agace toujours autant, voilà longtemps maintenant que j’ai décidé d’y mettre des plaques de plâtre et que ce n’est toujours pas fait.
Sauf que rien que la préparation du mortier adhésif m’a épuisée. Il faut remuser la pâte jusqu’à ce qu’elle soit homogène, j’ai dû faire trois bassines, et je ne me suis pas rendu compte que les efforts que je fournissais rendaient mes gestes peu sûrs.
De sorte que lorsque j’ai attaqué le gros du travail (poser une plaque de plâtre d’1m20 sur 1m60, ce qui est lourd pour quelqu’un comme moi), je n’avais déjà , plus grand chose dans les bras. Et je l’ai fait tomber deux fois!
Heureusement pour moi, pas de dégâts physiques, et peu de dégâts matériels que j’ai pu rattraper avec un peu de doigté.
Bien évidemment, j’étais fatiguée mais je voulais finir ce que j’avais commencé, et puis j’avais mis cet accident sur le dos du fait que la plaque était beaucoup trop lourde pour moi, alors que la suivante était bien plus petite (1m20 sur 50cm), et vraiment beaucoup plus légère que la première: heureusement, car comme je devais la poser tout en haut du mur, je n’aurais plus pu me permettre de la faire reposer sur le dessus de la cheminée, qui m’aurait servi de levier comme pour la première.
Sauf que j’avais tellement puisé dans mes réserves pour poser la première plaque, que mes forces m’échappaient presque complètement cette fois, et celle-là, je l’ai faite tomber trois fois! C’est étonnant, car je ne sentais pas que mes bras étaient fatigués à ce point, et surtout, je me disais qu’avec de la volonté et de la concentration, rien n’était impossible. Je ne me suis donc pas rendu compte que je risquais de faire tomber cette plaque, même au moment où je la brandissais pour la coller au mur: elle me semblait tellement légère par rapport à l’autre!
Cette fois, j’ai bien failli bousiller pas mal de choses, car elle tombait de plus haut. J’ai eu beaucoup de chance aussi qu’elle ne se soit pas brisée, et qu’elle n’ait rien eu d’autres que des petits bobos, faciles à réparer.
Je ne me suis pas arrêtée là car le reste demandait davantage d’attention et d’habileté que de force: le gros des travaux était terminé, restait à faire la jonction entre les plaques, avec l’enduit de finition (à préparer aussi), et la bande adhésive (appelée « calicot », je suis incollable en plâtrerie, vous pouvez y aller!). ça n’a pas posé de problème, mais j’ai bien mesuré mon état de fatigue.
Il m’a fallu trois heures en tout pour coller ces deux malheureux bouts de plaque et les joindre entre eux. Il reste encore tout le pourtour à faire, ainsi que le ponçage, mais ça, ce sera pour une autre fois.
Après tout cela, je me suis rendu compte que j’étais énervée (les hormones y sont pour quelque chose: je ne suis toujours pas enceinte), que je ne pouvais plus dormir, au point que j’ai hésité entre prendre un calmant et casser quelques carreaux dans la salle de bain (que j’ai laissée en plan depuis deux ans et sur laquelle il faudrait que je me re concentre pour la finir pour de bon). J’ai été raisonnable, j’ai pris un calmant et suis allée me coucher, en ordonnant à ma bestiole de dormir sur le lit (elle le fait parfois d’elle-même), car je savais que sa présence me calmerait encore un peu mieux.
Finalement, je comprends mieux pourquoi la psychomotricienne me dit parfois que, sans m’en rendre compte, je mets beaucoup mon corps à contribution, et qu’il ne faut pas s’étonner, au fond, qu’il me fasse mal après… Pourtant, ce n’est rien du tout, deux malheureux bouts de plaque! Comment font les maçons et les plâtriers au quotidien?
J’aimerais bien, un jour en tout cas, que mon corps m’avertisse avant qu’il faut que j’arrête et m’envoie un signal clair pour m’informer que, volonté ou pas, je n’ai plus la force!