Faut-il protéger les femmes enceintes malgré elles?

En ce moment, outre mes mille activités qui me fatiguent, je me passionne pour un sujet bien précis: la grossesse et la plongée. Depuis le début, on me répète que c’est incompatible, et qu’il ne faut surtout pas plonger si on est enceinte.

Bien évidemment, je n’ai pas pu en rester là, et malgré toutes les résistances qui se montent dès que vous voulez remettre en cause le savoir et l’autorité de ces messieurs creuser le moindre sujet, j’arrive à grapiller, à force de dépenses d’énergies, quelques informations ici et là.

Je ne peux pas vous faire le détail de mes démarches pour l’heure, mais j’arrive à une conclusion qui se précise de plus en plus. Il me semble que les plongées profondes et répétées sont à proscrire absolument. En revanche, il me paraît parfaitement possible de plonger dans l’espace proche. Je n’ai pas d’avis plus précis pour le moment, car je suis loin d’avoir terminé mon enquête (que je ne finirai peut-être jamais, d’ailleurs).

Mais pour l’heure, j’ai même lu un mémoire de médecine! Dont la conclusion est édifiante. Pour résumer, on ne connaît pas les effets de la plongée sur la grossesse, et on soupçonne même que ça ne change rien, mais personne n’a jamais rien pu démontrer ni dans un sens ni dans l’autre, malgré quelques études menées (non significatives).

Pour autant, et par précaution, on considère que dans la mesure où, de toute façon, il peut y avoir un accident en cours de plongée, il vaut mieux déconseiller aux femmes enceintes de plonger. Voilà qui a de quoi me mettre en colère! Comme si une femme enceinte n’était pas attentive à son état, et ne prenait aucune précaution d’elle-même lorsqu’elle décide de faire quelque chose.

Il faut savoir que, en pratique, à l’heure actuelle, les accidents de plongée sont extrêmement rares. Avec une assertion pareille, il faudrait aussi déconseiller aux femmes enceintes de traverser la route, de prendre leur voiture, de sortir de chez elles pendant qu’on y est!

Il faut savoir également que « déconseiller » dans un mémoire de médecine équivaut à interdire dans un club. Car ce que l’on vous dit, en club, c’est que c’est complètement contre-indiqué, et que si vous vous savez enceinte, vous devez cesser immédiatement la plongée. Cette réponse est unanime.

De sorte que si un jour une femme enceinte décide de plonger, personne n’acceptera de faire son binôme, et les directeurs de plongée refuseront de l’inclure dans leurs palanquées, leur disant que si elle plonge, c’est sans eux (c’est-à-dire aussi sans qu’on lui prête de matériel). Or plonger seul est en principe interdit.

Bref. J’en suis à me poser des questions sur les taux résiduels d’azote en fonction de la profondeur atteinte, etc. Je ne sais pas si je vais avoir l’énergie et le temps de continuer ces recherches, mais pour l’instant, elles me passionnent.

Elles me passionnent d’autant plus que je viens juste d’apprendre (enfin!) que « la grossesse n’est pas une contre-indication dans toutes les fédérations de plongée », et que cette contre-indication « est une décision arbitraire déjà ancienne ».

Prise par qui? Des hommes ou des femmes?

A la bonne heure en tout cas, on avance!