De la force intérieure.

La tristesse va et vient.

Je suis toujours étonnée de voir que quelque chose me rattrape à chaque fois que je trébuche, et prévient aussi parfois de se trouver en mauvaise posture en m’accompagnant.

Ce sont les fleurs de bach qui me rattrapent et potentialisent ce soutien. C’est très naïf de dire ça, pour ne pas dire ésotérique, mais je trouve que c’est le traitement à la fois le plus efficace et le plus économique que j’ai jamais pris dans le domaine de la souffrance intérieure. Et c’est depuis que je les prends que je sens ce bras qui me retient de tomber à chaque fois, et qui me tient gentiment et fermement à d’autres moments un peu difficiles. Elles ne sont pas suffisantes à elles seules, mais il est évident qu’elles me sont nécessaires.

Et il est de plus en plus musclé, ce bras. J’ai le sentiment d’être forte. Je sais que ça n’interdit pas de nombreuses fragilités, qu’il y a encore tant de choses qui me sont inaccessibles et d’autres qui me handicapent réellement; mais dans l’ensemble, même si bien des choses continuent à me pourrir la vie, je parviens à les surmonter.

J’aimerais mieux qu’elles disparaissent ces choses négatives bien sûr, cela me rendrait sans doute la vie agréable, je souffrirais moins, je n’aurais plus besoin de ce bras car je ne trébucherais plus, mais c’est encore trop demander. Patience. Encore.

Alors je me console toujours de la même façon puisque c’est la seule efficace: en me retournant sur le passé, et en constatant les progrès incroyables accomplis dans ce domaine précis. En me rappelant mes terribles tourments, les affreux doutes dans lesquels j’étais sans cesse plongée, la profondeur des abysses et des vertiges, les horreurs permanentes qui peuplaient mon âme, les cauchemars qui me hantaient, la force des appréhensions que je ressentais à chaque fois que je devais me rendre quelque part, même auprès de mes amis, et surtout, la très cruelle inefficacité de toutes ces choses que j’ai mises en place, que j’ai réfléchies, des efforts incommensurables fournis pour m’en sortir. Je me rappelle bien cet état de sidération dans lequel ça me plongeait: comment pouvais-je encore aller si mal après tous les efforts que j’avais fournis, après toutes les pistes que j’avais explorées? Et pourtant…

D’ailleurs, je ne comprends pas davantage l’existence (devenue permanente?) de cette force constructrice que les terribles tourments quotidiens qui m’ont déchirée pendant si longtemps. Dans ce domaine bien précis, je continue d’avoir l’impression d’être une marionnette dans les mains d’un grand manitou qui gouverne mon âme. Il ne décide pas de tout, juste du terrain, de l’humeur générale: mais ça suffit à déterminer tant de petits riens! Qui constituent la vie.

Et cette force que je ressens depuis quelques mois (depuis plus d’un an même?) me réconforte beaucoup. Elle m’est agréable, me rassure, me soude, me fait du bien. Elle n’interdit pas la tristesse, la mélancolie, les aléas de la vie et le mal qui rôde, mais ça les éloigne assez pour ne plus trop avoir envie de se tirer une balle, et pour trouver un peu d’espoir – si vain reste t-il pour l’heure.

Forte peut-être, mais toujours pas remplie d’amour nutritif: amour de la vie, d’un homme, d’un enfant.

De ce point de vue, je reste très sous-alimentée.