De l’atavisme (1/2).

Allez savoir ce qui m’a pris l’autre jour: je suis allée dans l’église, à côté de l’hôtel (lors de mon week-end « inséminations »), pour y mettre deux cierges.

L’un pour remercier d’avoir eu la force et obtenu mon brevet (oui car je ne sais pas si je l’ai dit, mais j’ai obtenu mon brevet!), l’autre pour donner à mon corps la volonté et la force de tomber enceinte. Et puis parce que j’aime bien entendre les cloches sonner, aussi. Et l’orgue jouer, parfois.

Je n’aime pas les églises pourtant: elles sont sombres, tristes, et je n’aime pas les paroles qu’on y prêche. Les seuls avantages que je leur trouve, outre le son des cloches, sont le silence et la fraîcheur en été.

Depuis l’adolescence, je n’ai pas beaucoup évolué sur le sujet. Même lorsque je m’efforce de « m’envoler », je trouve toujours que les paroles qu’on y prononce sont parfois (donc trop souvent) systématisées et bêtifiantes. J’ai toujours l’impression de voir des moutons faire tout pour ne surtout pas se poser de question, et répéter naïvement les paroles qu’on leur met dans la bouche, qu’elles seyent à ce qu’ils vivent ou non. Comme une sorte de lavage de cerveau. Je ne comprends pas qu’on puisse répéter des paroles un peu fanatiques et idôlatres, comme ça, ou bien des paroles si générales qui, sorties d’un contexte précis, perdent totalement leur pertinence. Voire qui donnent l’air d’essayer de se persuader de quelque chose dont on n’est pas bien sûr, au fond.

Mais je me dis que ce n’est pas ce qu’il faut regarder. Je me dis que ce que les hommes appellent dieu, c’est ce que nombre d’entre nous appellent la vie sans essayer de la déguiser ou de la personnifier, et ces cierges sont au fond une sorte de lien que je crée entre la foi des « croyants », et ce que j’ai dans le coeur. Un peu comme si j’essayais de m’acclimater / me faire apprivoiser, de faire un effort pour ne pas rester trop en marge, de respecter la foi des autres, sans pour autant renoncer à ce que je ressens.

Comme un pont entre les autres et moi. Comme un symbole.