De mon brevet (2/2).

J’ignore de quelle force j’étais flanquée, mais je restais la plupart du temps de bonne humeur et plutôt optimiste. Cela fait sans doute partie de ce qui a forcé le respect, car on me l’a fait remarquer à plusieurs reprises. Surtout pendant l’examen: tout le monde était stressé et sévère. Moi aussi j’étais stressée, mais ça ne m’empêchait pas d’être gaie et attentive aux autres.

Je me disais que j’étais là pour me faire plaisir, que j’avais tout à gagner et pas grand chose à perdre. Je me disais aussi que je ne voulais pas dévier de ma route, que je voulais rester celle que j’étais. Je veillais à ne pas trop ouvrir ma g… même si des choses m’échappaient parfois. Il se trouve en outre que j’ai eu de la chance: je n’ai pas eu à partager ma chambre, ce qui était très confortable.

J’ai mis toutes les chances de mon côté: je prenais garde à mes oreilles (très exposées en plongées techniques) en passant des huiles essentielles tous les jours, à mon humeur en me massant le plexus solaire avec des huiles essentielles relaxantes. J’avais eu l’excellente idée de prendre mes fleurs de bach, et j’en ai eu besoin dès le troisième jour, car je sentais que je recontactais mes tourments et leur profondeur extrême. Je prenais aussi des vitamines et du fer, et faisais des séances de relaxation presque tous les soirs. Sur le bateau, je me suis organisée pour ne plus avoir froid: j’emportais un coupe-vent, une veste polaire et un jogging. J’étais la seule à me changer sur le bateau, mais je sentais que c’était indispensable. Pour ça aussi j’ai essuyé des réflexions, mais j’ai continué à faire ce qui me faisait du bien: tant pis si mon sac prenait de la place.
Une semaine avant de partir, un formateur m’avait dit que je ne serais jamais prête avant le mois de septembre (sans jamais m’avoir vue plonger), et pendant que je passais l’examen (personne ne savait que j’étais partie pour cela), d’autres affirmaient que je ne l’aurais pas cette année en tout cas.

Et bien messieurs, voyez vous-même.