Métro boulot dodo… d’enfant gâté.

En ce moment, je n’arrête pas: je travaille, je plonge, je me repose; je travaille, je plonge, je me repose. Je ne peux pas ne pas me reposer, c’est vital. Mais du coup, je n’ai plus le temps de manger (ou si peu), d’entretenir mon intérieur (et là, je bénis vraiment mon super balai-automatique… que j’ai à peine le temps d’enclancher!), ni même de passer des coups de fil. Je ne parle même pas du jardin… où les figues se meurent. La télé, j’ai carrément débranché la prise. Heureusement que je travaille à temps partiel! Au moins, j’ai le loisir d’avoir quelques loisirs.

Cela me prend tellement que j’en oublie de payer mes factures, de prendre mes médicaments , tout ça n’est pas très sérieux.

C’est que jamais je n’aurais imaginé que la plongée prendrait autant de temps: entre le gonflage des bouteilles, le rinçage / entretien du matériel et surtout, la route, c’est très long! Quel loisir stupide! Quelle débauche d’énergie pour une heure de bulles! Et puis je suis si lente, et j’ai besoin de tant de temps de « rien » pour pouvoir me ressourcer à chaque fois.

Mais au moins, sous l’eau, quand je me promène, que je joue avec elle, je ne me sens pas mal…

Succès, échecs et diagnostics.

J’ai validé mon brevet initiateur.

Et à cette occasion, parce que j’ai beaucoup pleuré avant et après, j’ai encore embêté le docteur latête pour qu’il me dise de quoi je souffre, bon sang! Pourquoi j’ai si mal? Si souvent? Malgré tout ce qui va mieux?

Car avant de passer l’examen j’étais mal, et après l’avoir passé, malgré mon succès, j’étais mal aussi. Bien davantage, d’ailleurs. Je n’étais pas du tout satisfaite de ma prestation, et j’ai beaucoup pleuré le soir même, je m’en voulais de ne pas avoir été à la hauteur de ce que mon moniteur avait mis tant d’énergie à m’enseigner, avec brio pourtant.

De fait, sur le fond j’étais très au point; c’est sur la forme que ce n’est pas passé du tout. Je n’ai pas aimé ce que j’ai fait, du coup, j’ai restreint / bloqué sur le fond, et objectivement, c’était mauvais. C’est parce que j’ai été très bonne à côté que j’ai ramassé suffisamment de points pour obtenir le brevet, mais je ne suis pas fière!

Et si j’ai tant pleuré – et si peu dormi – c’est tout simplement parce que j’ai à nouveau été confrontée à un élément essentiel de ce qui bloque ma vie: je ne parviens pas à répondre aux attentes des autres, tout en me satisfaisant, moi. Soit ce que je fais ne plait pas aux autres, soit ça ne me plaît pas à moi (et donc je le fais mal, et donc ça ne plaît pas aux autres de toute façon). Ou alors, il faut que je sois particulièrement en forme, or ce jour là, la force n’était pas avec moi!

Je ne parviens vraiment pas à régler ce problème.

Le psy a été gentil, il m’a dit que j’avais deux caractéristiques différentes: une de celles dites des « enfants précoces », ainsi qu’une de celles dites des « états limites » (il avait déjà évoqué ce dernier point il y a quelques temps, sans doute en avais-je parlé ici).

Pourtant, lui ai-je rétorqué, je n’ai pas un QI supérieur à la moyenne (définition des enfants précoces), ni de conduites addictives ou à risque (qui caractérise les états limites).

Il a malgré tout confirmé son diagnostic. Selon lui, même si mon QI est normal, je suis très intelligente, et même « brillante » dans un domaine en particulier (qu’il a quand même eu du mal à définir). Bien sûr, je n’en vois que l’aspect négatif: ça ne m’empêche pas de rater certaines épreuves! Quant aux conduites addictives ou à risques, elles sont la conséquence d’effondrements narcissiques toujours douloureux, et ces effondrements, je les connais par coeur. Or ce sont exactement les mêmes que ceux des « états limites »… qui ont des conduites addictives et/ou à risque pour tenter d’échapper à ces douleurs.

Rassurez-vous, le lendemain de l’examen, j’ai réussi à retrouver le sourire. Après tout, les quatre formations que j’ai faites en plongée cette année, je les ai validées, alors que deux d’entre elles étaient difficiles…

Ô miracle, une maison toute propre! (2/2)

J’avais mis l’aspirateur robot en route en même temps que je prenais un verre sur la terrasse avec la copine qui m’avait apporté une fleur, juste comme ça, pour me féliciter de mes prouesses en plongée. Comme j’étais présente, je pouvais jeter un oeil de temps à autres voir si tout allait bien, remettre le robot en route quand il se coinçait, et nettoyer la brosse si besoin.
Et puis dès que la copine est partie, hop, un coup de nettoyeur vapeur sur les sanitaires et sur les sols: tout était sec au bout d’une dizaine de minutes, contrairement à la serpillère qui nécessite au moins une heure de séchage à chaque fois, ce qui signifie que les animaux ont pu entrer rapidement.

J’ai pu nettoyer la gazinière sans produit corrosif, et ça ne m’a même pas énervée (je déteste nettoyer les gazinières, je n’ai jamais su pourquoi, je fais un gros blocage). Pas de produit corrosif non plus pour les sanitaires, et je suis sûre d’avoir désinfecté puisque la vapeur, ça pardonne pas! Qui plus est, il paraît que ça tue les puces, et quand on a du plancher et des animaux, ce n’est pas négligeable…

Du vinaigre blanc pour le tartre, c’est Bysance: tout est nickel à la maison (hormis ce qui reste de travaux à faire bien sûr), toutes les pièces en même temps, et mes mains ne sont pas crevassées à cause des produits.

Ah ça, ils m’ont coûté cher ces gadgets, mais ça fait un bien fou, d’avoir une maison entièrement propre. Depuis le temps que j’en rêvais sans jamais y arriver! ça valait bien de se serrer un peu la ceinture…

Ô miracle, une maison toute propre! (1/2)

Jusqu’à présent, je n’avais jamais pu faire le ménage dans la maison en entier en une seule journée. Pas la force, trop lente.

Alors je faisais pièce par pièce, dès que j’avais une once de courage, mais il y avait toujours un endroit qui n’était plus très propre quand je finissais, quelques jours après avoir commencé. Surtout avec deux animaux et un jardin. Et puis ça voulait dire que quand c’était fini ici, il fallait déjà recommencer là: jamais aucun répit.

Et aujourd’hui, miracle: pour la première fois depuis que j’ai déménagé, j’ai réussi à nettoyer ma maison en entier en une seule après-midi!

Certes j’ai triché…

Il y a peu, je me suis fait deux cadeaux, dont un est une pure folie: un nettoyeur vapeur et un… aspirateur robot.

Et je suis ra-vie!

Pourtant, l’aspirateur robot est plein d’inconvénients: il faut faire attention à tout un tas de petits détails, disposer les meubles de sorte qu’il aille à peu près partout, virer tout ce qui traîne, en particulier les fils électriques et les rideaux/plaids qui touchent par terre et le mettre en route quand les animaux sont dehors (ou dans une autre pièce).

Il se coince régulièrement ici ou là (sans doute parce que je n’ai pas encore l’habitude de ce qu’il sait ou ne sait pas faire), il faut régulièrement nettoyer la brosse (du moins quand on a un chien qui perd volontiers ses poils), et vider le réceptacle.

Si on laisse les portes ouvertes, par hypothèse, il ne passe pas derrière; si on les ferme, il faut le changer de pièce à la main. Impossible de s’affranchir d’un aspirateur classique car il ne fait pas les coins ni les endroits exigus, il est incroyablement lent et évidemment, il fait du bruit. Et encore, je ne parle pas du prix, prohibitif.

Malgré tout ça, je l’adore!

Eprise de la mort.

Certes, depuis que je prends des fleurs de bach, je ne fais plus de cauchemars comme avant, à rêver de cadavres et de culpabilité. J’avais un mal fou à m’en extirper, il me fallait parfois plusieurs heures le matin, et même après, mes journées restaient irrémédiablement plombées.

Désormais, je fais des rêves plutôt négatifs, mais beaucoup moins lourds. Certains restent quand même… euh… je vous laisse les qualifier.

Ces derniers temps par exemple, j’étais poursuivie par la justice pour un crime que je n’avais pas commis. Il existait pourtant des preuves contre moi dont j’ignorais comment elles pouvaient exister, je n’avais jamais mis les pieds là-bas. Je me voyais en garde à vue, puis mise en examen, complètement impuissante à démontrer mon innocence.

Quelques temps plus tard, je tuais mon collègue à coup de pierres sur la tête, mais je n’étais pas poursuivie, et je ne me sentais pas vraiment coupable. Vers la fin du rêve, la vérité éclatait mais la victime prenait ma défense.

Cette nuit, je tombais amoureuse de la mort. Elle était personnifiée par un homme qui avait vaguement la tête de Frankenstein (je le voyais en noir et blanc d’ailleurs, une tête assez allongée, avec des pattes et des cheveux très courts). Il était assez mince et très grand, au moins deux mètres. Il vivait loin de tout dans une grande maison qui n’était pas très jolie et qu’il voulait reconstruire, en haut d’une colline.

Cela faisait longtemps qu’il me poursuivait pour me tuer, que je lui échappais sans cesse, et je finissais cette fois carrément par prendre le dessus. Je faisais même de l’humour en l’attachant et lui expliquant qu’il allait enfin vivre une scène de crime de l’intérieur, plutôt que de la provoquer, que ça allait lui faire tout drôle de mourir.

Et au moment où je finissais de nouer ses liens d’une façon impossible à défaire… il se libérait! Je ne comprenais pas comment c’était possible, lui faisais part de ma surprise / curiosité. Malgré tout, je savais que j’étais perdue, je ne pourrais jamais reprendre une victoire sur lui: celle que je croyais avoir prise était déjà miraculeuse, impossible de remettre ça.

Alors nous commencions à bavarder, longuement. Et toujours au moment fatidique où la conversation semblait se terminer, où il allait accomplir son devoir, je disais des choses (ce que j’avais sur le coeur) qui faisaient qu’il n’avait plus envie de me voir morte. Et plus la conversation avançait, moins il avait envie de faire son devoir.

Nous finissions par tomber dans les bras l’un de l’autre. Je l’aimais! Je l’aimais! Je crois bien qu’il m’aimait aussi. Je voulais toujours aller le retrouver dans sa maison en haut de la colline, l’aider à la reconstruire. Mais c’était difficile car nous n’étions pas du même monde, et je n’avais pas le droit d’être chez lui. Nous nous débrouillions quand même pour nous voir régulièrement. En me réveillant, j’ai vraiment cru que je n’étais plus seule. C’était tellement agréable!

Mais quand même: c’est de la mort, que j’étais éprise.