Des révélations.

L’intérêt d’aller voir un docteur de la tête (ou d’écrire ce qu’on a sur le coeur), c’est qu’il arrive que des détails prennent un sens tout particulier et vous apportent beaucoup.

A défaut d’une verbalisation, ils se seraient allègrement noyés dans le flot interminable de vos états d’âme, l’alourdissant d’autant.

Mais comme vous êtes par définition dans la progression et l’analyse (une analyse progressiste?), ce qui est confus et incertain peut se faire jour plus volontiers au fil des anecdotes, replacées sur le chemin qui est le vôtre.

Parfois même comme une véritable révélation.

Vous réalisez que vous avez franchi un cap. Que vous bénéficiez d’un repère fiable de plus, comme une sorte de piton de sécurité. Vous pouvez même éprouver une sorte de fierté, d’avoir pu aboutir à quelque chose de positif et qui vous paraissait pourtant impossible; voire dont vous ignoriez complètement l’existence; heureux de pouvoir l’ancrer dans votre vie, presque épaté du chemin que vous avez parcouru, et encore très surpris voire très dubitatif au sujet des obstacles vaincus, malgré l’évidence de leur défaite.

Une révélation qui vous permet donc de poursuivre votre voie, moins apeuré et plus confiant…

Oh ben non, pas de ch’ti clop.

Mon envie de fumer n’aura pas duré longtemps. Elle a disparu dès que j’ai fumé ma « ntb », et elle n’est pas réapparue depuis.

J’ai beau savoir qu’une vraie cigarette a un goût totalement différent, la « no tabac » me rappelle suffisamment de détails pour que je réalise que la vraie cigarette ne m’intéresse plus. Par contre, je me suis trompée, je n’en ai plus que cinq…

Or je maintiens ce que j’avais écrit sur le sujet: sans ntb, j’aurais fumé une vraie cigarette, c’est sûr. Et une vraie cigarette aurait réactivé le circuit de la dépendance physique.

Non vraiment, je ne comprends pas qu’on ait supprimé les ntb du marché! Je trouve que c’est contre-productif. On pourrait les vendre dans des tabacs, au même titre que les autres!

Mais je n’ai pas le courage de militer…

Allez, un ch’ti clop?

J’ai envie de recommencer à fumer.

Parce que je me sens « au fond du trou », et qu’il n’y a personne pour m’aider à en sortir. La cigarette ne m’aiderait pas non plus, mais j’aurais l’impression qu’elle m’aide… je crois que ce serait comme une forme de micro autodestruction, de se remettre à fumer. Parce que je n’ai pas franchement envie de me foutre en l’air. Juste un peu. Donc pas pour de vrai, quoi.

De toute façon, je ne vois pas qui pourrait faire quoi pour que j’aille mieux. A part terminer les travaux chez moi, comme à la télé, quand les gens rentrent chez eux et que tout est fait! Ou bien passer tous les jours vite fait pour me faire un bisou pour m’encourager, ça, ce serait sympa; voire me porter de quoi manger.

Mais ça, c’est pareil, ça existe pas dans la vraie vie. Ou bien tout simplement m’aider à faire mes travaux, mais ça, je peux pas le demander à qui que ce soit, parce que je travaille tellement lentement que ça reviendrait à demander à l’autre de tout faire pour moi. J’ai trop honte de mon rythme (qui est objectivement très lent) pour pouvoir demander à quelqu’un de m’aider. Et puis les amis, on peut pas leur demander certaines choses même s’ils se proposent pour le faire, car alors après, on se sent trop redevable par rapport à ce qu’on se sent capable d’assumer, et c’est dix fois pire.

Alors je vais commencer par fumer une cigarette sans tabac, puisqu’il m’en reste encore neuf. Ensuite, je vais réfléchir à l’idiotie de se remettre à fumer, et en particulier au fait que ça ne m’aidera pas à aller mieux, au contraire. A l’idée que la cigarette n’est qu’une impression de béquille, pas une vraie béquille, et qu’à moyen et long terme, elle ne fera que me compliquer singulièrement la vie. Ceci dit, quand on est au fond du trou, une impression fait déjà du bien… et puis je ne pourrai pas m’empêcher de penser que si j’ai arrêté une fois pendant six ans, je peux bien me rearrêter une deuxième fois. ça aussi c’est une erreur, mais quand on va trop mal, on ne voit plus ces choses là.

Ensuite, je vais essayer d’attendre le retour du docteur latete (qui sait? me lamenter auprès de quelqu’un qui le supporte très bien, et sans jugement rétroactif / futur, pouvoir tout dire même le pire de son âme, pourra peut-être suffire à éloigner l’idée de la cigarette?), et après l’avoir vu, si j’ai toujours envie de fumer, je verrai comment je me sens quand je passerai devant un tabac. Je le revois je crois dans une semaine exactement.

Je vais aussi me rappeler que je n’ai plus qu’un mois à attendre avant de pouvoir retourner nager. Parce que je suis sûre que nager écartera cette envie de fumer. Sauf que je ne suis pas assez forte pour aller nager seule, là. J’ai besoin que ce soit dans une structure, avec toujours le même jour, toujours la même heure, et pas trop de monde dans l’eau. J’espère juste que j’arriverai à supporter les gens, et que je n’aurai pas peur de les voir. Vu qu’en début d’année scolaire en général il y a très peu de monde, ça devrait aller, je pense.

Quelque chose me dit que du coup, je ne vais peut-être pas reprendre. Pourtant, là, maintenant, si je m’écoutais, j’en fumerais au moins trois d’affilée, des roulées (un tabac pas trop sec), et j’y ajouterais sans doute un tout petit peu de marijuana, pour alléger mon fardeau, et voir la vie en dessins animés pendant quelques instants. Mmh…

En attendant, contentons nous d’une vieille Ntb bien sèche, au goût d’eucalytus qui pue. Pour le reste on n’y est pas encore.

Bilan moléculaire.

Bon, décidément, les molécules chimiques ne me réussissent pas.

Malgré quelques effets intéressants, elles m’ont encore entraînée dans une spirale dont je me remets à peine: les calmants ne me permettaient pas du tout de dormir mieux, et surtout, j’ai retrouvé rapidement les envies de rien du tout: la fatigue de toutes les conversations, les envies de « voir personne », même ceux avec qui je me sens très à l’aise autour d’une bonne table où tout est bon et tout est prêt. Il y avait aussi le retour des cauchemars, plus forts que sous mon traitement habituel, et le retour d’un désir fort de mourir (qui ne m’inquiète même plus car il est désormais contré par l’espoir de m’en sortir un jour, par cette sorte de lumière que j’aperçois au bout du tunnel, encore lointaine mais persistante). Ce qui est curieux, c’est que j’ai retrouvé tous ces symptômes bien plus forts et bien plus présents qu’avec mon traitement habituel qui pourtant reste insuffisant.

Mais désormais, je sais qu’il peut me faire au moins un peu de bien sans me faire de mal, alors j’y reviens à chaque fois que j’ai besoin de faire une « pause moléculaire ».

Parce que ça a l’air idiot comme ça, mais ça fatigue énormément de changer de traitement, d’autant que par hypothèse, cela se fait dans un contexte très négatif (sans quoi on n’en changerait pas!). Des cachets-misère dont j’aimerais vraiment me passer un jour.

Accessoirement, j’ai modifié mon mélange de fleurs de bach, pour voir si je ne peux pas améliorer les points qui résistent… mais les fleurs de bach, ça met toujours un peu de temps avant d’agir, quand le mal est profond.
Pour l’instant donc, à part la fatigue et quelques séquelles restantes, je suis dans un état très satisfaisant au regard de ce que j’ai connu par le passé. Mais très insatisfaisant au regard de ce qu’une vie devrait être, pour pouvoir être aimée. Sûrement pas un bonheur continu, mais au moins un équilibre entre le bien-être et le mal-être. Et je suis encore très loin du compte.

Car sous mon traitement habituel, je souffre toujours (en particulier de la fatigue et du découragement, et de quelques idées négatives encore bien trop ancrées et présentes), surtout lorsque les « petites » blessures de la vie interviennent; mais j’ai de moins en moins d’idées noires, et la souffrance est devenue très « tolérable ». Elle n’implique plus une volonté forte de mourir. En résumé, je ne souffre plus le « martyre », comme je l’ai fait pendant tant d’années (non, je n’exagère pas, j’ai réellement souffert à ce point, même si ça fait sourire, dit comme ça, et que cela n’est pas « crédible »).

Pourtant, je ne cesserai de lutter et de me « plaindre » que lorsque je me lèverai avec le plaisir ou le désir d’attaquer la journée au moins trois fois par semaine.

Or je ne sais même pas encore ce que c’est que de se lever avec plaisir; j’ai juste, au fond de moi, quelques impressions floues qui se dessinent parfois, quand j’y réfléchis.

Pour l’instant mes matins sont tous les mêmes: la bouche pâteuse, déjà fatiguée de la journée qui s’annonce, même quand je suis en vacances. Mais je le dis régulièrement depuis quelques temps: j’ai désormais l’espoir que cela s’amenuise encore.

Et cet espoir s’accroche. Il me fait du bien.

De la spirale des kilos névrotiques.

Horreur, j’ai pris deux kilos.

Pourtant, quand j’ai un poids, je le garde très longtemps en général.

La preuve: je suis restée entre 49 et 52 pendant vingt ans, puis entre 62 et 64 pendant quatre ou cinq ans.

Et là, je dépasse allègrement les 64 depuis plusieurs jours. Que m’arrive-t-il encore? L’âge? L’hypophyse?

Grossir, en soi, c’est pas bien grave. Ce qui l’est, c’est que plus je grossis, et plus j’ai envie de manger des trucs qui font grossir, juste pour me « venger », par colère, par dépit, par dégoût, par provocation, un mélange de tout ça. Evidemment, c’est la dernière chose à faire, seulement voilà: c’est souvent irrépressible.

C’est une réaction plus ou moins consciente ultra puérile, que je déteste. Et ça tombe mal: plus je la déteste, plus elle est irrépressible…

Dimanche orange?

Ah ah, je me gausse.

J’ai rarement vu aussi peu de monde sur la route qu’aujourd’hui… à part à deux heures du mat peut-être.

De tout l’été c’était même peut-être le moment le moins fréquenté! Pour un dimanche, c’est drôle. Premier jour d’août, encore plus.

Mais à la décharge de bison futé, il a plu aujourd’hui, et quand il pleut, cette route – que j’emprunte si souvent -, est très peu utilisée… Tant mieux!

Je suis rentrée de week-end sans encombres, et même dans d’excellentes conditions, puisque la pluie a été plutôt discrète. Sans stress, et même avec plaisir.

Un retour comparable au week-end qui venait de s’écouler, donc; qui m’a fait un bien fou, et dieu sait si j’en avais besoin…