Bilan moléculaire.

Bon, décidément, les molécules chimiques ne me réussissent pas.

Malgré quelques effets intéressants, elles m’ont encore entraînée dans une spirale dont je me remets à peine: les calmants ne me permettaient pas du tout de dormir mieux, et surtout, j’ai retrouvé rapidement les envies de rien du tout: la fatigue de toutes les conversations, les envies de « voir personne », même ceux avec qui je me sens très à l’aise autour d’une bonne table où tout est bon et tout est prêt. Il y avait aussi le retour des cauchemars, plus forts que sous mon traitement habituel, et le retour d’un désir fort de mourir (qui ne m’inquiète même plus car il est désormais contré par l’espoir de m’en sortir un jour, par cette sorte de lumière que j’aperçois au bout du tunnel, encore lointaine mais persistante). Ce qui est curieux, c’est que j’ai retrouvé tous ces symptômes bien plus forts et bien plus présents qu’avec mon traitement habituel qui pourtant reste insuffisant.

Mais désormais, je sais qu’il peut me faire au moins un peu de bien sans me faire de mal, alors j’y reviens à chaque fois que j’ai besoin de faire une « pause moléculaire ».

Parce que ça a l’air idiot comme ça, mais ça fatigue énormément de changer de traitement, d’autant que par hypothèse, cela se fait dans un contexte très négatif (sans quoi on n’en changerait pas!). Des cachets-misère dont j’aimerais vraiment me passer un jour.

Accessoirement, j’ai modifié mon mélange de fleurs de bach, pour voir si je ne peux pas améliorer les points qui résistent… mais les fleurs de bach, ça met toujours un peu de temps avant d’agir, quand le mal est profond.
Pour l’instant donc, à part la fatigue et quelques séquelles restantes, je suis dans un état très satisfaisant au regard de ce que j’ai connu par le passé. Mais très insatisfaisant au regard de ce qu’une vie devrait être, pour pouvoir être aimée. Sûrement pas un bonheur continu, mais au moins un équilibre entre le bien-être et le mal-être. Et je suis encore très loin du compte.

Car sous mon traitement habituel, je souffre toujours (en particulier de la fatigue et du découragement, et de quelques idées négatives encore bien trop ancrées et présentes), surtout lorsque les « petites » blessures de la vie interviennent; mais j’ai de moins en moins d’idées noires, et la souffrance est devenue très « tolérable ». Elle n’implique plus une volonté forte de mourir. En résumé, je ne souffre plus le « martyre », comme je l’ai fait pendant tant d’années (non, je n’exagère pas, j’ai réellement souffert à ce point, même si ça fait sourire, dit comme ça, et que cela n’est pas « crédible »).

Pourtant, je ne cesserai de lutter et de me « plaindre » que lorsque je me lèverai avec le plaisir ou le désir d’attaquer la journée au moins trois fois par semaine.

Or je ne sais même pas encore ce que c’est que de se lever avec plaisir; j’ai juste, au fond de moi, quelques impressions floues qui se dessinent parfois, quand j’y réfléchis.

Pour l’instant mes matins sont tous les mêmes: la bouche pâteuse, déjà fatiguée de la journée qui s’annonce, même quand je suis en vacances. Mais je le dis régulièrement depuis quelques temps: j’ai désormais l’espoir que cela s’amenuise encore.

Et cet espoir s’accroche. Il me fait du bien.