Du paraître (2/3).

Ce qui est drôle, c’est que même en vous racontant cette anecdote, je parais ce que je ne suis pas: dynamique, compétente, capable d’intervenir sur le fond comme sur la forme, alors que la réalité est bien moins reluisante.

Il a encore fallu que je me fasse violence pour arriver à un résultat qui ne m’a même pas satisfaite (mais qui aurait été pire sans ça); je n’ai pas réussi à faire les deux tiers de ce que j’aurais souhaité, certaines choses n’ont pas du tout fonctionné et ont ennuyé tout le monde, j’étais tout le temps fatiguée, inquiète, incertaine, je n’arrivais pas à avancer, à me concentrer, et jusqu’au bout je me suis sentie mal à l’aise, malgré le fait que les participants semblaient à peu près satisfaits.

Je suis pourtant très contente de travailler dans cette structure et d’y faire ce que j’y fais.

D’abord parce que c’est intéressant, et qu’il y a du potentiel pour le jour où je ne serai plus fatiguée. Je rêve de me saisir davantage du fond des dossiers et je sais que je suis encouragée à le faire; mais je n’en ai pas encore la force.

Mais aussi et surtout parce que les gens sont contents de moi. Même si moi je ne le suis pas, ça me réconforte suffisamment pour que j’aie envie de continuer.

Seulement voilà: mon contrat arrive à terme.

Du paraître (1/3).

Comme je travaille dans une association, nous avons régulièrement des assemblées générales, des congrès, des conseils d’administration et tout le tralala.
L’autre jour, nous étions un peu moins d’une centaine, et la présidente nationale nous a fait l’honneur de sa présence. Nous avons convié la presse pour le cas où ils seraient intéressés, même si, le plus souvent, ils ne se déplacent pas. Et Ô miracle deux journalistes sont venus.

J’étais donc chargée d’organiser tout ça, ainsi que de prendre la parole en fin de journée pour une intervention d’une demi-heure environ sur un sujet qui nous préoccupe. De façon générale, j’intervenais régulièrement, soit pour donner la parole, soit pour participer au débat en cours, ou encore pour répondre à une interrogation.
Puis régulièrement, je me levais pour mettre en place ou surveiller tout ce qui concernait l’intendance.

A cette occasion dans la matinée, voilà qu’un journaliste vient me voir pour me poser quelques questions. Surprise, je lui explique que je ne suis pas sûre de lui être très utile. C’est alors qu’il me demande, surpris à son tour: « mais… vous êtes bien la présidente nationale? »
Il avait même pris une photo de moi en gros plan quelques instants avant, alors que je répondais à je ne sais qui.

C’est idiot mais ça m’a fait très plaisir…

Petit coup de soleil.

C’était il y a 15 jours maintenant, mais c’était au mois d’octobre, et c’était un coup de soleil dans le dos.

Après avoir passé l’été enfermée et fatiguée, malgré la fatigue persistante, j’ai enfin réussi à m’offrir deux jours de soleil, pile au moment de la dernière vague de chaleur, les 7 et 8 octobre pour être exacte. Il faisait entre 25 et 27°, le soir il faisait encore chaud, on se serait cru en plein été…

Je suis encore bronzée, mais encore trop fatiguée pour aller crâner à la piscine.

Quelle chance j’ai eue, et pourtant, c’est déjà si loin…!

La vie à l’envers.

Comme c’est drôle quand même.

Au boulot, je peux arriver en retard, je peux ne pas venir du tout même, on ne me fait que rarement des reproches car je fais mon travail. D’ailleurs, les rares reproches que je reçois sont, les trois quarts du temps injustifiés car j’avais anticipé les choses contrairement à ce que l’on a cru.

A la plongée par contre, on ne tolère aucun retard, aucun écart, et une chape de plomb avait fini par s’écraser sur mon échine sans que j’en aie réellement conscience. Le tout alors que, comme pour mon travail, on pouvait compter sur moi quand c’était réellement nécessaire (et pas seulement « en principe »).

A posteriori, je me rends compte qu’il est fort probable que si je suis arrivée encore plus en retard que d’habitude (un jour où on n’avait pas réellement besoin de moi donc), c’était une façon quasi inconsciente de protester contre ce carcan. Protestation tacite qui m’aura valu les foudres – excessives – du grand manitou.

Maintenant que je me sens libérée, je m’aperçois de cette bizarrerie: étant donné les circonstances, je prenais plus de plaisir à travailler qu’à pratiquer mon activité loisir…

… à laquelle je me rendais systématiquement stressée.

Peux-tu m’expliquer Ô grande hypophyse, dieu, ou je ne sais qui, comment j’arrive à de tels paradoxes?