Il en reste du boulot!

C’est indéniable, je vais mieux, malgré mes rechutes régulières.

J’ai réussi à positiver, à gérer, à éviter certains écueils lors de ce voyage. Je n’ai pas réussi à le rendre idéal, ni même formidable, mais j’ai pu en faire quelque chose d’à peu près digeste, acceptable.

J’espère en retenir que je ne peux plus supporter le manque d’intelligence ou la médiocrité: je ne les méprise pas, ils sont, et c’est comme ça. Mais je n’ai vraiment plus envie d’y être confrontée, d’avoir à le supporter seule. Il faut absolument que je n’oublie plus de vérifier les choses quand j’ai un doute, et surtout que j’arrive à envisager de pouvoir faire mieux.

Je suis toujours tiraillée entre « faire pas très bien, mais faire », ou « faire mieux avec le risque de ne pas faire ». Pendant longtemps, je n’ai rien fait parce que je voulais que ce soit bien fait. A l’époque, je méprisais la médiocrité. Puis je me suis adoucie, en même temps que j’ai compris qu’il valait mieux faire les choses pas très bien plutôt que ne pas les faire du tout. C’est ce que j’ai fait notamment avec mes travaux.

Maintenant, il faudrait que je passe le cran au dessus, et que j’envisage enfin que je suis capable, désormais, de faire bien, sans le risque de ne pas faire. Mais je suis encore très dans le doute à ce sujet. Ce qui m’aiguille pour le moment, c’est le ras-le-bol de la médiocrité (des autres notamment); pas encore la force, la confiance en mes capacités.

Encore une marche à monter… qui va prendre des années! Car ce n’est pas le tout d’avoir compris quelque chose avec sa tête; ça, c’est la partie facile.

Encore faut-il que le reste suive…

De l’intimité des idées noires.

Avec le commentaire d’Otir (note du 19 décembre), je m’aperçois que si je m’y mettais, j’aurais une faculté à écrire des idées noires au kilomètre qui serait sidérante pour beaucoup. Je n’ai jamais pu le faire autrement que par bribes.

Je crois qu’on a honte d’avoir des idées noires, et c’est pour cette raison qu’il est extrêmement difficile d’en parler, mais plus encore de les développer.

Peut-être parce que souvent, si on essaie de les comprendre, on se rend compte qu’elles tournent autour de notre nombril.

Comme tout pour tout le monde au fond, et c’est bien naturel; mais là, ça se voit, ça peut être montré du doigt, et personne ne se prive de le faire, y compris celui qui a ces idées noires ce qui provoque un cercle vicieux infernal.

Dans la même veine, on se sent profondément ridicule de penser ce qu’on pense… même si on est convaincu de ce qu’on pense, sur le moment. Alors c’est plus facile de les résumer en quelques mots, ça passe mieux.

Mais surtout, une idée noire, c’est particulièrement intime. C’est pour ça, sans doute, qu’elles sont si difficiles à déloger.

Voyage vs suicide.

J’ai fini l’année comme je l’ai commencée: avec un pinceau à la main. Ma famille proche m’a beaucoup aidée, et pourtant, je n’ai toujours pas fini. Je m’étais pourtant dit que si je ne finissais pas pour mes quarante ans, et si le mal sourd ne me quittait pas, je me suiciderais, car ça signifiait que j’irais toujours mal, que je ne finirais jamais rien, et que je ne construirais jamais rien de ma vie.

Je crois toujours que j’irai toujours mal (mais plus ou moins), que je ne finirai jamais rien et que je ne construirai jamais rien. J’en suis toujours malheureuse. Mais le suicide, décidément, je n’arrive pas à m’y résoudre, il y a toujours un truc qui va m’en sauver au dernier moment en cas de crise aiguë. Et comme maintenant je vais quand même beaucoup mieux qu’avant, c’est plus facile d’en sortir. Et puis les fleurs de bach sont très anti suicide: j’y pense moins qu’avant, quand j’y pense (encore régulièrement) c’est moins intense, la mort insiste moins même si je sais qu’elle n’est quand même jamais bien loin.

Donc à la place, je pars en voyage.

Le concours de circonstances a été si incroyable que je ne peux pas ne pas y aller. Ce n’est pas du tout raisonnable financièrement, d’ailleurs, je ne sais même pas comment je vais régler tout ça; j’ai commencé par couper un peu plus le chauffage.

Mais peu importe, l’effet quarante ans de dépressive-qui-va-quand-même-un-peu-mieux-malgré-ses-crises-persistantes est là: je reporte de moins en moins de choses aux calendes grecques. Je me dis tant pis: j’ai envie, j’ai désormais l’espoir que ça se passe pas trop mal, alors je fais.

Bonne année à tous.