Un jour sans pleurer, je me demandais si c’était encore possible ces derniers temps, avec ce nouveau traitement. Oui, c’est possible, mais à condition de dormir beaucoup! Car je suis toujours assommée et j’ai toujours moults effets secondaires désagréables. Soit c’est enfin le « tournant » du traitement, comme l’espère le docteur latête, soit c’est une exception qui confirme la règle. En attendant, je ne travaille plus, et je ne fais plus de plongée, alors que la pleine saison des moniteurs, c’est maintenant.
Par ailleurs, je me suis rendu compte d’un paradoxe: en dehors de moments / sortes de parenthèses où je « recommence » à aller très mal (comme ce dernier mois par exemple), je confirme que je vais globalement mieux qu’avant, même si je suis loin d’être guérie encore.
Alors comment se fait-il que mes écrits sont plus chiants qu’avant?
Je me suis amusée à jeter un oeil sur tous les mois de mai depuis 2005, pour voir: je ne raconte quasiment plus de petites anecdotes, je ne poste plus de photos, et je n’en ai plus dans mon escarcelle (sauf une, sans photo malheureusement, à laquelle vous aurez sans doute bientôt droit), je ne parle plus que de mes « mal-être ».
Comme si je ne faisais plus rien (d’autre).
Parce qu’en dehors de mon travail et de la plongée, je ne fais plus rien. Là, j’ai tout arrêté, alors je recommence mes activités « d’avant » (m’occuper un peu mieux de mes animaux, de ma maison, de mon jardin, de mes amis). Pourquoi m’être lancée dans un nouveau brevet? Peut-être faudrait-il que j’apprenne, au fur et à mesure que des améliorations de mon état se présentent, à prendre du temps pour vivre et non plus pour faire quelque chose de ma vie. Histoire notamment de ne plus me mettre de pression inutile sur le dos.
Après tout, avant, je ne pouvais vraiment pas travailler. Maintenant, c’est difficile, mais sauf « crise », je peux.
Ensuite, je ne pouvais rien faire en dehors du travail. Maintenant c’est difficile, mais sauf crise, je peux. A condition de ne pas abuser, ce que j’ai fait cette année. Je me l’étais dit, pourtant, qu’il fallait que je fasse une pause. Je ne me suis pas écoutée, j’ai eu peur de ce qu’on m’a dit (si tu ne t’inscris pas à tel endroit tu vas avoir du mal), je me suis dit qu’il fallait que je me dépêche, que je mette tous les atouts « objectifs » de mon côté, que c’était plus important que ce que je ressentais. J’ai eu tort.
De toute façon, tant que je conserverai le complexe de ma faiblesse, de mon handicap, je ne pourrai jamais m’empêcher d’essayer de vivre / faire « comme les autres » tout en sachant que c’est inaccessible puisque je n’en ai pas les moyens (psychiques, financiers, etc). En même temps, c’est cet espoir qui me fait persévérer, alors il ne faut pas que je le tue tout à fait.
Continuer à naviguer entre les deux, à essayer d’accepter… j’ai l’habitude, au fond: depuis que je suis en thérapie / analyse, c’est ce que je fais.