Mon dernier traitement est catastrophique. Le docteur latête m’avait dit qu’il jouait sur la mélatonine avec une molécule soi-disant révolutionnaire, et non plus sur la sérotonine. Pourtant, curieusement, il me fait exactement les mêmes effets négatifs – en moins violent – qu’un traitement précédent qui jouait sur la sérotonine.
Je ne comprends rien du tout. Comment est-ce possible? Comment deux molécules radicalement différentes peuvent elles me faire exactement le même effet (séroplex et valdoxan pour ceux qui voudraient savoir)? Alors qu’elles m’ont été prescrites dans des circonstances différentes?
Il m’a demandé de continuer au moins quatre semaines. Là, j’en suis à trois, et je suis épuisée physiquement, et ruinée psychiquement.
Côté boulot et « loisirs », j’envisage très sérieusement de démissionner et de renoncer au monitorat ce qui, je crois, ne m’était jamais arrivé à ce point. C’est un mal pour un bien, ça m’évite momentanément de fomenter des plans pour me suicider: ça m’ouvre une perspective de bouffée d’air, car j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer que lorsque je n’ai plus d’autre obligation que celle de survivre, entretenir ma demeure et tenter de guérir. Actuellement, ces activités me paraissent subjectivement / psychiquement complètement insurmontables, elles représentent désormais de lourdes obligations que je n’ai plus du tout le courage d’assumer. Je ne sais même pas comment j’ai réussi à assurer le soir de la nuit de l’eau, hormis que ça a pompé les dernières forces qui me restaient.
C’est dommage, car pourtant l’un comme l’autre me paraissent objectivement plutôt simples à assumer… si j’allais bien. S’il arrivait que la vie me paraissent presque légère, mes activités me paraîtraient à coup sûr très faciles d’accès et intéressantes: chargée de communication (sous couvert de secrétariat) pour l’un, chargée de transmettre un loisir (j’adore être dans l’eau) pour l’autre, je devrais être aux anges et à 200%!
C’est l’inverse. J’arrête tout pour l’instant, car je ne peux plus. Physiquement je me sens assommée et je dors énormément (douze heures par jour), et psychiquement, je me remets à faire de longues crises de larmes.
Je réfléchis donc à arrêter définitivement mes activités. C’est très décourageant d’être obligé d’arrêter ce qu’on a péniblement mis en place. J’ai besoin de me reconstruire psychiquement. Chaque traitement me détruit un peu plus que l’état déjà pénible dans lequel je me trouve avant de le prendre.
Comment vais-je trouver le courage d’en essayer un autre? Car il faudra y venir. Sans rien, je vais mal de toute façon.