Fatigue permanente.

Depuis que j’ai récupéré mon sommeil (depuis environ une semaine), je n’arrête pas de dormir. Comme toujours au fond, mais plus ou moins.

Pourtant, je dors « normalement » la nuit, depuis que j’ai fait des séances d’hypnose il y a quelques années, et en dehors de quelques périodes perturbées. J’ai quand même besoin de faire des siestes (que je ne peux que rarement terminer car je suis généralement réveillée par quelque chose: téléphone, chien, voisins, sonnette, etc). Des siestes qui durent facilement deux heures si je ne suis pas réveillée, et qui n’hypothèquent pas mon sommeil de la nuit.

Quand je me dis que j’ai envie de faire ceci ou cela, je n’arrive à rien, car même si j’ai très envie d’avancer, je me sens beaucoup trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Rien que d’y penser, je m’écroule. Parfois j’arrive à me lancer, mais je m’arrête très vite, crevée. Alors je me colle devant la télé, et je m’endors. Ou bien je m’endors direct. Ce n’est pas que je n’ai envie de rien, c’est que je n’ai la force de rien.

Aujourd’hui encore j’ai fait deux ou trois siestes comme ça, comme hier, et alors que j’ai fait mes 8h pendant la nuit, et que je n’ai pas de dette de sommeil. Quand je n’ai rien à faire « d’obligatoire » de mes journées, je me sens très soulagée, mais en même temps très déçue de ne rien faire. Quand j’ai des choses à faire (boulot par exemple), je passe mon temps à bailler et à me sentir crevée, en dehors des moments aigus de concentration. Comme je suis obligée, je fais. Par contre, mon esprit est tellement mobilisé, forcé, que je suis incapable de penser à autre chose, de m’ouvrir d’autres horizons dans ces moments là, même si je m’oblige à faire des coupures, et même longtemps après être rentrée.

J’ai besoin de plusieurs jours de récupération pour pouvoir penser à autre chose, envisager d’autres perspectives que mon travail. C’est d’ailleurs pour cette raison sans doute que même lorsque mon travail est très intéressant, j’éprouve très régulièrement le besoin de le quitter, d’arrêter tout. Pour « souffler », pour essayer de me reposer, pour arrêter d’être sans arrêt sur la brèche, même là où, pourtant, personne ne me met aucune pression, même pas moi-même (ou si peu).

Aujourd’hui, j’ai réussi à m’obliger à sortir (quelques courses à faire), mais c’était laborieux, et quand je suis rentrée, j’étais encore plus fatiguée. Je ne sais plus quoi faire contre cette fatigue permanente.

Car je me lève fatiguée, je me couche fatiguée, je suis presque tout le temps fatiguée. Je baille énormément au cours de la journée, sauf quand je suis angoissée ou inquiète ou obligée de me concentrer (et encore, il y a toujours un moment où je finis par lâcher). ça a toujours été comme ça. J’ai toujours connu ces immenses vagues de fatigue, de baillements que j’ai certainement déjà évoqués ici. J’ai l’impression qu’il n’y a plus que ça qui me gâche la vie, et qui me handicape. Qui fait que je n’arrive à rien, qui entretient mes inquiétudes et mes effondrements.

Ce qui penche en faveur du « c’est psychique », c’est le reste de ma famille, qui est tout le temps fatigué aussi; en tout cas mes parents et un de mes frères (peut-être pas l’autre). Ce qui penche en faveur de l’organique, c’est que j’ai le sentiment d’avoir élagué tout le superflu au cours de ma psychothérapie analytique depuis quinze ans. Je ne sens plus d’obstacle autre que la fatigue dans ma vie quotidienne. Je me sentirais capable de tout si je n’étais pas épuisée si souvent.

J’ai vu un spécialiste du sommeil qui m’a envoyée chez un ORL, et fait faire des tests. On m’avait dit que si je n’avais pas de nouvelles, c’est qu’il n’y avait pas de problèmes. Je n’ai pas de nouvelles.

Mais alors pourquoi je suis épuisée encore?