Les ptits trucs… (7bis)

… qui me font marrer (parce que je me sens concernée!).

Comme le dit très bien une certaine Sophie-Pierre Pernaut dans son article Le pouvoir de Gotye en vidéo, « on connaît le potentiel de Somebody That I Used to Know de Gotye à rester longtemps en tête après l’avoir entendu. On connaît aussi cette envie presque irrépressible de beugler le refrain quand on a la mélodie en tête. »

Y compris apparemment quand on n’aime pas la chanson.

Démonstration.

 

Les p’tits trucs… (7)

que j’adore.

Je ne sais pas si c’est le fait que ce soit tout à fait inutile (une version originale existe déjà, un joli clip d’ailleurs), que la chanson me paraisse envoûtante (je ne connaissais pas l’original quand j’ai vu cette vidéo en mars), ou si c’est juste la simultanéité de sérieux et de désinvolture qui me séduisent, mais j’adhère à la démarche!

 

Mariam, Amadou et Bertrand.

J’adore le Mali. J’aime beaucoup les chansons d’Amadou et Mariam. Et quand j’entends la voix de Bertrand Cantat dans la chanson « Oh Amadou », tout le haut de mon corps frissonne.

Je suis toujours étonnée des réactions physiques que l’on peut avoir dans des circonstances banales. L’impression d’une douce vague qui vient me rincer le visage désormais quand je regarde une photo de champs de coquelicots et de marguerites, ou bien les larmes qui affleurent presque toujours quand j’écoute « Hallelujah » de Jeff Buckley.

Pareillement, la première fois que j’ai entendu « Oh Amadou » sur la télévision, j’ai été saisie par la voix de Cantat. Puis, dans un second temps, choquée. Par les paroles (cherchait-il à s’exonérer travers une chanson?), et par les images (comment s’autorise-t-il de la légèreté?). Je m’en suis voulu de penser comme ça. C’est trop facile et ça ne correspond pas à mon âme. Peut-être qu’on ne peut pas s’empêcher de réagir négativement, même si on n’en a pas envie. Sans doute parce qu’on pense aux victimes, au drame, à la violence, au passé.

Et puis les émotions contradictoires se sont calmées, je me suis trouvée idiote; et je me suis laissée porter, conformément à la première seconde d’écoute, par la profondeur et la puissance des émotions que j’entendais à travers cette voix – au présent.

ça sonnait à mes oreilles comme un désespoir de vie. Comme un condamné à vivre qui fait contre mauvaise fortune bon coeur, encouragé par ses compagnons de route.

Par la suite, la seule radio où je l’ai entendue était info trafic. Je la mettais donc chaque fois que je prenais l’autoroute, espérant l’entendre à nouveau, car elle me faisait du bien. Et en général, je l’entendais.

J’avais entendu parler des polémiques au sujet de son retour sur scène, puis de la séparation d’avec son groupe pour cause d’indécence. ça peut se comprendre.

Puis j’ai vu un reportage où Mariam et Amadou, sur question d’une journaliste, répondaient pudiquement que c’était important de donner une seconde chance.

Alors j’ai pensé que peut-être finissait-il par se laisser faire par la simplicité et la générosité de l’autre, des autres. Dont on ne peut que s’enchanter. Un hymne à l’échange humain, à la bienveillance, au renouveau; dont il emboîte le pas, doucement, à la mesure de ce qu’il peut.

De tristes sourires sublimés par les couleurs de l’Afrique subsaharienne. Cette chanson me touche beaucoup, Amadou et Mariam me touchent beaucoup.

Oui vraiment, j’aime le Mali.

Des voeux. (ou: De la prière à l’autohypnose).

Quand j’étais enfant, j’ai appris à « faire ma prière » le soir, alors que je passais des vacances chez ma cousine. Bien que baptisée, j’ignorais tout de dieu, et surtout de la religion. On m’a expliqué que c’était un moment de recueillement (même si je ne comprenais pas le mot) et d’espoir, le moment de formuler des sortes de voeux, plus ou moins terre à terre.

Je me rappelle que j’avais trouvé que l’idée était bonne, et je m’étais volontiers prêtée au jeu, à ceci près que déjà, je ne comprenais pas le contenu de ce qu’il fallait réciter, qui ne me paraissait pas correspondre avec ce qu’on venait de m’expliquer.

Par la suite, j’ai vite été dégoûtée par le dogme, et par le décalage entre ce qu’on nous dit de la religion (espoir, foi, beauté, générosité, etc), et ce qu’on nous en fait faire (prêt-à-penser, incantations, récitations, sombreté, etc). Je ne connais pas très bien les autres religions, mais j’ai l’impression qu’un décalage existe aussi pour chacune d’elles.

Alors j’ai laissé tomber. De toute façon, j’étais mal dans mes baskets, et je ne trouvais de réconfort nulle part.

Aujourd’hui, j’ai en quelques sortes renoué avec cette « prière du soir », par le biais de l’autohypnose. La prière où l’on pense à ce et ceux qui nous réjouissent, et où l’on formule des voeux, philosophiques ou pratiques. Je vais même au delà puisque je me permets de rêver, ce qui semble me faire du bien – et me change de mes irréductibles cauchemars.

Cela fait déjà longtemps que je fais de la relaxation pour réduire le tumulte de mes pensées, et c’est peu à peu que je me suis mise à l’autohypnose.

Pour y arriver, il ne faut pas avoir l’esprit trop encombré ni trop souffrant. Je n’aurais jamais pu faire ça il y a quelques années encore…

C’est un plaisir de retrouver l’agréable d’une prière, sans plus m’encombrer de ce qui la dénature.

 

Envie d’un p’ti joint.

En ce moment, j’ai très envie de fumer des joints. De ce point de vue, je regrette d’avoir arêté de fumer que ce soit interdit par la loi.

Je ne sais pas très bien pourquoi j’ai ces envies là.

Elles sont très rares. Même du temps où je fumais des cigarettes et où je m’autorisais quelques joints, je n’en fumais qu’extrêmement rarement. Mais j’aimais beaucoup ça! C’était par périodes.

Et puis j’étais très économique: il m’en fallait peu pour avoir la tête qui tourne.

A la place, je me dis que je peux boire du muscat puisque c’est autorisé; et même recommandé par le docteur Latête qui se désole de me voir si triste et si sérieuse. L’alcool aussi me fait tourner la tête. Mais pas de la même façon, et puis je déteste l’alcool, même si le goût sucré vient l’atténuer.

Alors qu’un joint ma foi…

Je rêve parfois de m’acheter une petite pipe pour fumer trankil sans avoir besoin d’ajouter du tabac (car si je fume du tabac, je me remettrai à fumer des cigarettes). Mais j’aurais trop peur que, du coup, la dose ne soit trop forte. Car j’y suis vraiment très sensible.

Je pourrais aussi faire un mélange avec de l’eucalyptus à la place du tabac, sauf que ça perdrait tout son goût que j’aime beaucoup. Ce serait dommage!

Resterait de toute façon la difficulté de s’en procurer le fait que c’est illégal, et pis encore, la qualité de ce que je trouverais.

 

De retour?

Cela faisait une éternité que je n’avais pas eu de vrai temps à moi. Que mon énergie est toute centrée sur mon travail, sur le quotidien, sur les travaux qui ne sont toujours pas terminés.

Pendant cette année, je me suis pourtant souvent reposée; d’ailleurs, je n’ai même pas été m’entraîner à la piscine. Mais ces plages de repos n’étaient jamais assez longues, jamais efficaces, toujours entrecoupées qu’elles étaient.

L’été, tout le monde est parti. Les rendez-vous et les échéances se raréfient. J’ai vite compris au mois de juin que je n’aurais pas la force ni l’envie de partir en vacances, j’ai décidé que je ne ferais rien, même si je culpabilise déjà.

Voilà donc une semaine que je suis au lit, à regarder des documentaires à la télé, naviguer sur internet, jouer avec mon chien et mon chat, et dormir quand ce n’est pas pleurer. ça fait du bien de pouvoir se laisser aller à ses émotions, bonnes ou mauvaises, sans se dire qu’on n’a pas le temps parce qu’il faut rencontrer untel, penser à ceci, ou téléphoner à tel autre.

Même sans échéances pourtant, mon esprit s’évade et me fatigue. Mais c’est moins pire, puisque j’ai le temps.

Et puis je ne lui en veux pas trop, parce que la souffrance est limitée comparé à ce que j’ai connu par le passé. J’ai même le sentiment très fort que plus je le laisserai faire, plus il me fichera la paix, et moins je souffrirai.

Bien sûr je ne pourrai pas le laisser faire longtemps, puisque la société me l’interdit: il faut bien travailler, assumer ses responsabilités administratives, familiales, associatives, blabla. Le 20 juillet déjà, j’ai des obligations (qui sont objectivement regardées par la société comme des loisirs) que je n’ai pas envie d’assumer. Mais je trouverai le courage.

Peu importe. J’écris enfin quelques lignes sur ce blog, et voilà déjà qui me fait plaisir. J’étais bien triste de le délaisser autant!

 

Proust retrouvé

J’ai enfin pu regarder le film en entier. Je maintiens ma critique sur le jeu des acteurs, et je suis convaincue que Proust lui-même n’aurait pas du tout apprécié ce point précis.

Mais la narration est excellente, et ce n’était pas une mince affaire. Bravo. Sans parler des costumes, décors et tutti quanti.

Je trouve étonnant d’ailleurs qu’il puisse y avoir dans un même film, autant de subtilité  et de lourdeur à la fois. ça me fait penser aux  fours à micro ondes qui sont seuls capables de rendre un plat à la fois trop cuit et pas assez.

J’étais surprise de retrouver des passages que je connaissais tout au long du film. J’en ai conclu que le réalisateur (en plus de l’auteur) a fait des allers-retours, mais aussi que, outre « du côté de chez Swann », seul tome que j’ai lu en entier, j’ai dû en lire pas mal au delà en sautant des pages.

Je suis allée chercher les différents tomes dans ma bibliothèque, et de fait, certaines pages que je n’ai pas lues à proprement parler sont usagées. Seuls ceux du milieux sont encore sous plastique.

ça ne m’étonne pas, comme je n’arrive pas à lire, mais que j’adore, je picore. Et comme je veux toujours en savoir un peu plus malgré mon incapacité à me concentrer, je vais chercher plutôt vers la fin.

Oui vraiment Proust est un régal.

A la recherche de Proust perdu.

(j’en conviens, elle est un peu facile)

Quand j’ai vu qu’Arte allait diffuser « A la recherche du temps perdu », j’étais ravie. J’en ai conclu que les différents tomes avaient été mis en scène, et pas seulement le plus célèbre.

J’allais donc sans doute enfin connaître la suite de « Du côté de chez Swann », et au moins pouvoir mettre en images ce que je n’avais jamais réellement réussi à imaginer. Ce qui ne m’a jamais interdit de savourer ce que je lisais, bien sûr.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu du mal à mettre en images ce que je lis.

Ravie donc.

Seulement voilà, je vais être désagréable mais vraiment, j’ai trouvé que c’était affreusement joué. Ou plutôt devrais-je dire, incroyablement surjoué, et du coup, je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire tant je trouve l’ensemble superficiel et maniéré. Ce manque total de naturel heurte si fortement mes sens que je ne peux plus me concentrer sur le fond.

Je m’imagine, par exemple, le metteur en scène ravi de ses comédiens (sans quoi il ne les aurait pas choisis), et suis incapable de comprendre l’objet de sa satisfaction. Je me dis que si tout a abouti, c’est que cela satisfait l’ensemble des intervenants, et probablement ds tas de spectateurs, et je ne comprends pas pourquoi je suis – encore – pas comme eux.

Alors je cherche leurs raisons pour essayer de me les approprier et prendre un peu de plaisir à ce que je vois; un peu comme un processeur qui bloque sur une tâche qu’il est incapable d’aboutir, et pendant ce temps, je n’écoute plus.

Je n’ai pas tenu plus de cinq minutes tellement ça me gonflait. En l’avançant rapidement grâce aux techniques modernes, je suis tombée sur Dominique Blanc – Madame Verdurin – qui est, pour le moment, la seule dont j’apprécie le jeu.

Je n’ai pas encore tout vu et je vais bientôt m’arrêter, mais je vais conserver l’enregistrement encore quelques temps.

J’aime trop ce que j’ai lu de Proust, j’ai envie de m’en remémorer l’histoire rapidement pour sans doute un jour, le relire, et me concentrer sur d’autres choses que l’histoire proprement dite.

Peut-être que ces jeux de comédiens que je trouve si mauvais finiront par ma paraître secondaires.