(j’en conviens, elle est un peu facile)
Quand j’ai vu qu’Arte allait diffuser « A la recherche du temps perdu », j’étais ravie. J’en ai conclu que les différents tomes avaient été mis en scène, et pas seulement le plus célèbre.
J’allais donc sans doute enfin connaître la suite de « Du côté de chez Swann », et au moins pouvoir mettre en images ce que je n’avais jamais réellement réussi à imaginer. Ce qui ne m’a jamais interdit de savourer ce que je lisais, bien sûr.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu du mal à mettre en images ce que je lis.
Ravie donc.
Seulement voilà, je vais être désagréable mais vraiment, j’ai trouvé que c’était affreusement joué. Ou plutôt devrais-je dire, incroyablement surjoué, et du coup, je n’arrive pas à me plonger dans l’histoire tant je trouve l’ensemble superficiel et maniéré. Ce manque total de naturel heurte si fortement mes sens que je ne peux plus me concentrer sur le fond.
Je m’imagine, par exemple, le metteur en scène ravi de ses comédiens (sans quoi il ne les aurait pas choisis), et suis incapable de comprendre l’objet de sa satisfaction. Je me dis que si tout a abouti, c’est que cela satisfait l’ensemble des intervenants, et probablement ds tas de spectateurs, et je ne comprends pas pourquoi je suis – encore – pas comme eux.
Alors je cherche leurs raisons pour essayer de me les approprier et prendre un peu de plaisir à ce que je vois; un peu comme un processeur qui bloque sur une tâche qu’il est incapable d’aboutir, et pendant ce temps, je n’écoute plus.
Je n’ai pas tenu plus de cinq minutes tellement ça me gonflait. En l’avançant rapidement grâce aux techniques modernes, je suis tombée sur Dominique Blanc – Madame Verdurin – qui est, pour le moment, la seule dont j’apprécie le jeu.
Je n’ai pas encore tout vu et je vais bientôt m’arrêter, mais je vais conserver l’enregistrement encore quelques temps.
J’aime trop ce que j’ai lu de Proust, j’ai envie de m’en remémorer l’histoire rapidement pour sans doute un jour, le relire, et me concentrer sur d’autres choses que l’histoire proprement dite.
Peut-être que ces jeux de comédiens que je trouve si mauvais finiront par ma paraître secondaires.