De mieux en mieux…

Je me sens dans le même état que quand je travaille à temps plein. D’ailleurs, c’est simple, je recommence à faire des crises de spasmophilie. Et j’ai à nouveau envie de me supprimer. Non j’exagère, j’ai juste très, très, très envie de ne plus exister. De disparaître.

Je n’ai pas particulièrement d’images violentes, c’est déjà ça. La vie est un supplice permanent. Supplice est un peu exagéré, c’est juste très, très pénible, douloureux. Je suis toujours en train de me dépasser, et je suis épuisée.

Pourtant, objectivement, je ne fais rien de plus que les autres. Disons que j’ai un emploi du temps « normal ». Ce qui pour moi est beaucoup. Trop.

Je ne fais rien de désagréable non plus. C’est même intéressant, mon travail d’en ce moment. Qui plus est, je suis reconnue et complimentée, ce qui est très rare dans ma vie.

Mais je suis épuisée. Et j’ai encore des échéances à assurer. Je sais très bien que si je ne me repose pas plusieurs jours après tout ça, je ne pourrai pas continuer.

Parfois, j’ai l’impression de retourner à l’adolescence, c’était exactement pareil: j’assurais, je luttais, je n’en pouvais plus mais je continuais encore. Et j’ai fait de la spasmophilie. Je vomissais, j’avais des spasmes, et des chutes vertigineuses de tension. Je suis allée voir le médecin, 10.6 c’est pas énorme. Pourtant, il y a à peine 15 jours, j’ai vu mon médecin de famille, et tout allait bien, j’avais 12.7. Bref.

Tout ça recommence.

Est-ce à dire qu’en 25 ans, je n’ai pas avancé d’un poil? J’espère que c’est faux, mais c’est flippant…

Pas le temps de prendre du plaisir à la vie.

(parce que pas le temps de m’entraîner à intégrer le plaisir au quotidien).

Je ne vais pas bien.

Je ne vais pas particulièrement mal non plus.

Mais j’aimerais bien m’arrêter, encore. De travailler, et d’essayer de gagner ma vie; au moins ça.

J’ai tout le temps envie de m’arrêter.

Je le fais de temps en temps, j’essaie de me débrouiller pour avoir une journée entière à ne rien faire du tout, même pas aller à la poste. C’est l’avantage d’être à temps partiel.

Et à chaque fois, ça me fait du bien, vraiment beaucoup de bien. Je dirais même que c’est vital. Sans ces pauses, je ne pourrais pas continuer.

Mais j’aimerais que ce soit plus souvent, plus longtemps. J’ai toujours besoin de beaucoup de temps pour sentir des envies, du plaisir à faire les choses. Et comme je n’ai pas assez de temps pour prendre ce temps puisqu’il faut bien essayer de gagner sa croûte, je ne suis pas heureuse. Presque rien de ce que je fais ne m’apporte de réel plaisir, même si je m’entraîne à ne rien faire qui me déplaise trop.

Tous les matins, sans exception, je me lève du pied gauche. Je suis grognon, je n’ai pas envie d’attaquer la journée, je râle (intérieurement), et je mets en route toute la kyrielle d’obligations: ouvrir les volets, préparer le café, voir ce qui se passe « dans le monde », se laver, manger (quand je n’oublie pas), s’habiller, faire un petit bout de ménage, s’occuper des animaux, envisager la journée (réunions? urgences?), etc.

La différence d’avec avant, c’est que j’ai davantage d’énergie… pour râler! Car je n’en ai toujours pas suffisamment pour faire dans le constructif au quotidien.

Le seul soulagement que je peux éprouver, c’est lorsque je n’ai rien d’urgent à faire, que je ne travaille pas, que je parviens à ne pas trop culpabiliser de ne rien faire, et que je suis seule chez moi (il y a encore souvent des artisans à la maison). Je me dis que je peux enfin passer la journée au lit. Souvent je le fais, parfois au contraire, j’ai envie de bouger, et je fais des choses. Mais toujours, je regrette que ce ne soit pas plus long, d’être « tranquille ».

Bref, je suis loin d’être guérie.