Ne plus être à charge.

J’essaie de travailler environ deux à trois heures par jour pour essayer de gagner ma vie, un jour. Mais il y a deux écueils majeurs: d’abord je ne suis pas fière de ce que je fais, et mon entourage ne le valorise pas du tout non plus; ensuite, tout le monde dans mon entourage pense que je vais me planter.

Pourquoi je continue? Pour quatre raisons: d’abord je m’en crois capable, ensuite je ne supporte pas d’être à la charge de la société, et puis la vie m’en a ouvert l’opportunité matérielle, ce qui n’est pas donné à tout le monde; enfin, si ça marche, c’est le meilleur moyen possible de ménagber mes nerfs, et de pouvoir respecter mes mal-êtres quand ils se présentent, sans impliquer personne dans mes « absences ».

Mais pour l’instant ça ne suffit pas, et surtout, c’est une façon de gagner sa vie qui ne me valorise pas du tout. Même si j’y arrive un jour, ce qui est possible.

C’est difficile de se mobiliser quand on est seul à y croire, dans son coin, et qu’on sait que ce n’est pas valorisant.

Il faut vraiment détester être une charge pour les autres.

Zéro positive

Difficile d’être positive ces derniers temps. Pour des raisons que j’ignore. Toujours la chimie des neurotransmetteurs sans doute, je ne vois plus d’autre explication.

Pourtant, il y a quelques jours encore, j’ai presque cru que j’étais tombée amoureuse, et ça m’a soulagée, car ça faisait une éternité que je n’avais rien éprouvé pour personne.

C’était une fausse alerte, qui m’a juste permis de me rendre ridicule et de prendre une sorte de rateau implicite, mais qui m’a quand même montré qu’éprouver des sentiments « de vie » était encore possible, alors que j’en doute beaucoup, et de plus en plus.

Comme je suis en mode « zéro positive », j’en conclus que je peux les éprouver mais qu’ils ne mènent de toute façon nulle part.

Il reste que mes mal-êtres se succédant depuis que j’ai arrêté les antidépresseurs en mai, je suis soulagée de ne pas travailler, en même temps que ça me manque.

Je ne les reprends pas car ils ne suffisaient pas à me faire vivre normalement et ils avaient des effets secondaires pénibles et je vais tester un nouveau traitement bientôt. J’attends le rendez-vous.

En attendant, je me suis engagée une fois par semaine à animer une séance piscine, et c’est déjà difficile à assumer.

Je continue à me sentir terriblement blessée des tensions banales qui se présentent au détour de toute interaction humaine. Qui plus est, je suis une sorte de paratonnerre à ceux qui débordent. Ce n’est pas la première fois que je m’en rends compte, mais je ne parviens pas à y changer quoi que ce soit, et je me sens très coupable de ne pas savoir les éviter. Et surtout, je souffre de façon particulièrement disproportionnée. Tout en étant parfaitement capable de relativiser les tensions (voire les agressions) sur un plan intellectuel, je les subis de façon très violente sur le plan émotionnel, même si je n’en montre rien aux intéressés précisément pour ne pas en rajouter.

Cela implique que je n’ose plus vraiment interagir avec l’extérieur. Je le fais de façon très timide, et je me recroqueville à la moindre alerte… quand je suis alertée.

J’ai parfois le sentiment que bien peu de gens savent relativiser et distinguer l’émotion de la raison. Chez moi les deux sont à des antipodes, et l’émotion est toujours douloureuse.

C’est difficile à supporter.