Cette année, ça a commencé avec la venue du frère de ma colocataire, resté moins de 24h. Qui, pour la première fois depuis plusieurs années que je le connais, a semblé s’intéresser à moi. Il m’a fait rire à plusieurs reprises, je n’ai pas pu m’empêcher de raconter ce dernier point à sa soeur, puisque nous nous racontons nos petites choses. Je crois que je n’aurais pas dû. De ce que j’en sais, c’est un gentil collectionneur de femmes. Alors que moi, je me sens perturbée. Je n’ai pas l’habitude qu’on s’intéresse à moi sous cet angle, ni non plus de m’intéresser à l’autre sous ce même angle, et ça me fait immédiatement des effets délétères. Comme si j’avais pris une cuite, et que les effets secondaires s’éternisaient. A partir de deux plaisanteries, une courte baignade, et trois regards. Je ne sais pas qui m’a fabriquée au juste, mais c’est sûr, je ne suis pas finie.
J’ai compris que maintenant, tout sera prétexte à tension, à commencer par le chien qu’elle ne supporte plus – depuis avant la venue de son frère d’ailleurs. Je m’aperçois que ça ne va pas parce que je me sens obligée de me fâcher après lui, alors que si je m’arrête deux secondes, je me rends compte que je n’en ai pas envie, que ce n’est pas la bonne méthode, sans pour autant être capable de trouver une autre issue sur le moment.
Alors je ne sais pas comment je vais faire. A vrai dire, je n’ai pas trop de choix: faire semblant sans excès et me retirer quand c’est trop (elle sait que j’ai des moments où je vais mal), faire des séances de relaxation pour améliorer mon angle de vue (les multiplier même, parfois ça peut suffire), voire prendre des calmants. Au pire, écourter les vacances.
C’est ma spécialité, écourter les vacances. Une spécialité que je ne supporte pas, comme tant de choses de la vie.
Ah, mais j’ai peut-être une autre option: reprendre mon dopage quotidien. Il semblait améliorer un peu mon humeur, et m’aidait clairement à me concentrer. Vas savoir, ça va peut-être me sauver la mise?
Il reste pile une semaine de vacances.