Vingt jours (1/2).

je crois que c’est mon maximum possible de cohabitation sans tension. Et encore, ça dépend avec qui, il faut qu’il ou elle soit extrêmement patient et compréhensif. Et pas trop envahissant, physiquement comme psychiquement.
Là je crois que je suis arrivée au bout. Je m’énerve pour un rien et je sens que l’autre s’énerve aussi pour rien. C’est d’ailleurs par là que ça commence. Alors plutôt que de se fâcher, je me retire, à fantasmer sur le suicide pour me soulager un peu, et pleurer un peu aussi. C’est quand je sens que l’autre s’énerve pour des broutilles, que je m’interroge inéluctablement sur mon degré d’insupportabilité. Je n’aurai jamais la réponse. C’est comme le nombre des étoiles dans le ciel, ça fait partie des mystères de la vie.

L’année dernière, c’était à cause de la chaleur. Il avait fait extrêmement chaud tout l’été, et comme beaucoup d’autres choses, je ne supporte pas du tout la chaleur. Puis un soir, il y avait eu beaucoup de vent, j’avais tout ouvert dans la maison pour la rafraîchir, contre l’avis de ma colocataire et amie. Puis la tempête s’était faite violente, il fallait vraiment tout fermer, sauf que j’étais tétanisée par la violence du vent, à ne plus pouvoir bouger. Elle ne m’a rien dit, mais j’ai compris ce jour là, que les vacances étaient finies pour moi. Je crois que c’était au bout d’une vingtaine de jours aussi.