Il m’aura fallu 20 jours, depuis que je suis arrivée en vacances avec ma copine, pour parvenir enfin à m’appartenir un peu, pendant environ une heure.
J’ai pu quelques instants apprécier le spectacle. La lumière du soir, quelques mouettes qui passaient à l’occasion, le ciel encore bleu, les reflets sur l’eau, les bateaux au loin, les traces blanches que laissaient les avions dans le ciel lorsqu’ils passaient du même côté que le soleil.
Mais aussi, un peu moins il est vrai, éprouver des sensations, dont ma préférée: me laisser porter par l’eau, jouer avec elle à conserver mon équilibre genoux contre la poitrine tenus par les bras (c’est plus facile et plus agréable avec une « frite » entourant le haut du dos et tenue par les mains), ou la laisser gagner et me trouver « à l’envers » le visage tourné vers le fond, à ne plus pouvoir respirer. En pareil cas, je jouais encore ; cette fois, à voir combien de temps je tenais sans respirer.
Pas trop, ou bien en m’obligeant à bouger (ce qui gâche le plaisir), par égard pour les gens qui restaient sur la plage, et qui pourraient s’inquiéter de voir un corps immobile visage dans l’eau. Car faire la morte, ça me connaît et j’adore ça.
Mais je n’avais nullement envie de me faire remarquer, et je m’en voudrais terriblement d’inquiéter des inconnus en vacances avec pareil concept…!