Un rêve de rêve.

Suite au cauchemar évolutif d’hier, j’ai fait un rêve de rêve.

Ce n’est pas la première fois: depuis quelques mois (il semblerait, chronologiquement, que ça corresponde à ma prise de « produits dopaminergiques » légaux bien sûr), il m’arrive de faire des rêves plutôt agréables. Je n’y suis malheureusement jamais tout à fait sereine tellement ils sont surprenants et me laissent dubitative au regard de mon environnement habituel. Ils restent, qui plus est, épisodiques.

Mais ils ont indéniablement des éléments positifs, et particulièrement celui de cette nuit. Après avoir passé l’après-midi avec un copain que j’aime bien et que je découvre, j’ai rêvé d’un autre copain que je connais peu, que je vois rarement, que j’aime bien aussi, et que j’aimerais bien revoir ces temps-ci. Nous avions une petite aventure très gentille, j’avais passé la nuit avec lui et je me sentais en confiance. Je pensais néanmoins que ça lui suffisait, et que je n’aurais pas l’occasion de remettre ça. J’essayais quand même de le revoir, pensant qu’il m’avait déjà oubliée. Or ce n’était pas le cas. Je le trouvais en compagnie de deux charmantes femmes, mais se détournait complètement d’elles en m’apercevant, car il avait espéré me revoir et m’embrasser à nouveau. Tout cela se passait avec beaucoup de sensibilité, de délicatesse, et surtout, une lenteur qui me convenait particulièrement bien.

C’est tout bête, très narcissique, mais très réconfortant.

Dommage que j’aie été réveillée par le chien qui aboyait comme un fou, au motif que la personne chargée de relever les compteurs d’électricité faisait le pied de grue devant ma porte en espérant que j’allais ouvrir. Triste retour dans la réalité.

Cependant, de la même façon que mes cauchemars pourrissent mes journées, les rêves agréables les embellissent. J’ai encore un gentil sourire qui traîne sur mes lèvres…

 

De l’évolution des cauchemars.

De façon générale, mes cauchemars suivent plusieurs constantes.

La première, quand je prends des fleurs de bach, ils deviennent « polis ». Au lieu de scènes de massacre, j’ai droit à des symboles, de type mausolée. Une deuxième, mon intégrité physique n’est jamais atteinte. Seule l’intégrité psychique est – souvent violemment – mise à mal. Une troisième, lorsque je suis en contact avec ma famille, ils reviennent en force. Enfin, j’y suis toujours seule, et sans répit.

Ainsi hier, après avoir passé un coup de fil à ma tante, j’ai fait un cauchemar. Normal.

Mais j’y ai été gravement blessée. Je saignais beaucoup, je souffrais terriblement. Je n’ai pas le souvenir que ça me soit déjà arrivé. Mes plaies finissaient par se refermer suffisamment pour que je puisse subir la longue suite de l’histoire, en étant active.

Ensuitement* donc, la terreur était présente, violente: un sniper qui tirait sur la foule dont je faisais partie et qu’il était impossible de repérer. Mais le plus souvent, je n’étais pas seule: quelqu’un près de moi essayait de me protéger. Bien évidemment il ne le pouvait pas puisqu’il était dans la même galère; c’était du moins un réconfort important à mes yeux. Ce n’était pas toujours la même personne, selon les endroits où je me trouvais dans le « film », mais c’était toujours un homme. De même, chose dont je n’ai pas l’habitude, on tentait de me proposer des abris (des personnes qui étaient loin, et me soufflaient des idées), mais je ne pouvais pas réellement m’y fier, tellement je n’ai pas l’habitude qu’on m’aide; je doutais. Et puis pourquoi le tireur fou ne pourrait pas trouver cet endroit et s’y amuser? J’y serais alors confinée, sans pouvoir m’échapper.

Mon cerveau, lui, était toujours à l’affût. J’observais les endroits où tombaient les victimes, je m’efforçais d’y trouver des constantes pour partir de là où il me semblait qu’il allait tirer. Il fallait parfois que je sois très rapide, et je ne savais jamais si j’avais raison ou non. En tout état de cause, à la fin du cauchemar, j’étais vivante sans avoir été à nouveau blessée.

Bref, intégrité physique atteinte, protection psychique, c’est suffisamment exceptionnel (c’est même probablement la première fois sur ces deux points) pour mériter d’être exposé.

 

 

* (je sais, ce mot n’existe pas, mais il a du sens je trouve, différent d’un simple « ensuite » puisqu’il s’inscrit dans la longueur)

 

Synthèse de vie.

Sur les réseaux sociaux, on voit passer plein de bêtises plus ou moins bêtes. Dimanche, je suis tombée sur un petit encadré qui disait: « Résumez votre journée en un seul MOT ». Et j’y ai lu « Résumez votre vie en un seul MOT ».

« Merde », bien sûr. Ce fut immédiat.

Evidemment, je n’ai pas écrit ça là-bas, je n’ai pas envie de faire fuir mes précieux « amis »! Ah ah. Comme quoi, il y a des concepts qui m’amusent.

Alors soyons positifs et honnêtes; disons plutôt que c’est de la merde à la rose.

Les samedis pluvieux.

J’aime bien les samedis pluvieux entre midi et deux.

En général, c’est le moment où les gens restent calfeutrés chez eux, en train de déjeuner, laissant le bois où je promène mon chien plutôt désert. Et plus il pleut, plus c’est désert. Donc j’adore quand il n’y a pas du tout d’éclaircies.

Car ce n’est pas une sinécure que d’être stressé, et d’avoir un chien mâle non castré vieillissant.

Les chiens sont très sensibles à l’état de leur maître. Plus je suis stressée donc, plus mon chien est tendu. Et plus il est tendu, plus je suis stressée… en raison de ce qui suit.

Comme tous les chiens, au début, il était doux comme un agneau. Et comme tous les maîtres au début, je ne voyais le mal nulle part et ne m’inquiétais que des voitures, pas des autres chiens. Mais comme un virus, l’agressivité se propage entre chiens (du moins les mâles non castrés) au fur et à mesure des rencontres malheureuses. De sorte que plus ils vieillissent, plus ils sont méfiants et moins ils sont commodes.

Avant, je pouvais le promener en meute avec des chiens étrangers, je pouvais l’emmener en laisse même quand il y avait du monde (et d’autres chiens), tout se passait bien. Maintenant, je ne peux plus, et l’éducation canine y est impuissante. J’ai été surprise au début par des agressions dont il a été victime sans raison, des chiens qui lui sautaient à la gorge alors qu’il n’avait même pas perçu leur présence et qu’il vaquait à d’autres occupations passionnantes comme lécher des trucs immondes par terre. D’ailleurs, la toute première fois que ça lui est arrivé, il a été agressif avec le chien suivant qui était pourtant complètement inoffensif, ce qui m’a beaucoup choqué à l’époque. Puis il a à nouveau vécu des périodes très calmes où il s’est montré très sociable et franchement sympathique, jusqu’à ce que ce genre d’incident se multiplie finalement, au gré des promenades. Chaque fois, c’était à l’occasion de bavardages entre maîtres: nous étions statiques, et au bout d’un moment, il finissait toujours par y avoir une bagarre de chiens.

J’ai compris qu’il fallait éviter de rester statique, car très peu de maîtres acceptent de laisser faire ce genre de bagarres et vous reprochent de ne pas avoir fait plus pour l’éviter. Alors pourtant qu’il me paraîtrait souhaitable de les laisser faire, du moins lorsqu’on se trouve dans un bois (c’est encore différent dans un café ou une place publique): ça me paraît être la seule bonne solution. Au pire, on s’éloigne, tant pis si on n’a pas terminé la conversation.

Je pense que les animaux, malgré leur sauvagerie potentielle, ont le sens de la vie et de l’équité. Ce qui peut changer ça, en eux, c’est la présence de leur maître, qui d’une part renforce leurs jalousie et velléités à dominer une situation, et d’autre part ne leur permet jamais d’aller au bout de leur conflit, accumulent ainsi les frustrations et le manque d’expérience d’une bagarre canine. Pire encore, les gronder en pareille occasion renforce leur expérience négative du conflit, et leur tension sera d’autant plus grande la fois d’après, face à une situation qui les préoccupe (et qui nous échappe complètement).

Pour ce qui me concerne, je me et le déteste quand il se bat: je n’ai pas de solution face à tous ces paramètres cumulés, et ma seule priorité sur le moment est qu’il cesse d’inquiéter l’autre donc qu’il cesse de se battre, tout en préservant mon intégrité. Alors je lui donne des coups de pied jusqu’à ce qu’il arrête, et dès qu’il s’arrête, je m’enfuis avec lui en le tenant solidement par le collier – lorsque c’est possible bien sûr, c’est encore différent quand ça se passe en périmètre circonscrit.

Pourtant, en mon for intérieur, je reste à penser que la meilleure solution serait que les maîtres s’éloignent en direction opposée, sans intervenir dans la bagarre, en se contentant de rappeler leur chien. Je reste à penser que nous ne devrions pas nous inquiéter de ces bagarres, qui sont un mode de fonctionnement normal pour eux, et assumer leurs blessures éventuelles qui restent peu probables, et en tout cas limitées. ça fait partie du pack « j’ai un chien ».

Je suis presque sûre que si les chiens sont de moins en moins tolérants entre eux, c’est précisément parce que nous-mêmes ne tolérons pas leur fonctionnement. Et je suis bien triste d’y participer.

En tout cas, je ne peux plus me permettre de le lâcher n’importe où et n’importe quand désormais. Car lors d’une promenade, comment savoir si l’autre est d’accord pour les laisser se battre? Qui connaît assez la psychologie canine pour accepter cela de son chien, de celui de l’autre, et accepter la prise de risque qui va avec? Il y en a bien sûr, j’en connais plusieurs, à commencer par mon cher voisin. Mais par hypothèse, quand on croise un autre chien avec son maître, on ne sait pas à qui on a à faire.

En lui mettant un coup de pied au moment du conflit, je pense surtout à l’autre, à ce qui « doit être fait ». Je me dis parfois que j’ai tort, que je devrais être égoïste, et avoir le courage de prendre le risque que l’autre soit très mécontent. Mais je n’y arrive pas. Le pire, c’est que le plus souvent, je vois clairement à son attitude et son regard qu’il ne comprend pas du tout ma réaction et essaie de palier la situation – en ajoutant parfois sans le vouloir de l’huile sur le feu.

Malgré tout, je suis un peu parvenue à atténuer les effets délétères de ce cercle vicieux dans une certaine mesure, grâce à l’éducation canine, sans résoudre tout à fait la question. Et puis il s’entend bien avec les femelles et les mâles castrés. Mais les éducateurs nous rappellent régulièrement qu’un chien reste un chien, particulièrement les mâles non castrés, et qu’il y a des situations qu’il vaut mieux éviter car elles ne sont pas maîtrisables.

Voilà pourquoi j’aime tant les samedis très pluvieux, entre midi et deux.

 

Résolution et révolution.

Il est de bon ton de prendre « de bonnes résolutions » en début d’année.

Vu que je ne parviens jamais à les suivre, même avec plein de bonne volonté, j’ai considéré que c’était suffisamment destructeur pour que je cesse ce genre d’âneries.

Pour autant, récemment, après m’être fait percer quelques trous dans les lobes d’oreille et m’être ensuitement rendu compte que je ne les agrémentais pas pour autant des boucles pour lesquelles je les ai pourtant soufferts, j’ai décidé d’en porter de petites, confortables, que je n’étais pas obligée de retirer chaque soir.

Mais j’avais parfois envie de changer, et il se passait systématiquement la même chose: après en avoir changé un jour ou deux et après les avoir retirées pour un sommeil confortable, je n’en portais plus. J’oubliais, au point que les trous finissaient parfois presque par se refermer.

C’est ainsi qu’en plein été, après qu’une amie m’ait offert une n ième paire de boucles que j’ai trouvées très jolies, me rappelant de ce récurrent travers, j’ai décidé de prendre une résolution afin de lui faire honneur – qui plus est, l’avantage de prendre des résolutions en été, c’est que ça passe tout à fait inaperçu.

Ainsi, la résolution, précisément, est de porter des boucles d’oreilles chaque jour, et d’en changer selon mon humeur du moment.

ça peut paraître facile et évident à n’importe quelle femme, ça ne l’est pas du tout pour moi. Et je n’aurais jamais soupçonné certaines raisons pour lesquelles ça ne l’est pas si je ne m’étais pas astreinte à l’exercice, il est vrai avec un certain plaisir, puisque je trouve ça joli, finalement.

Grosso modo, j’y parviens. Lorsque je n’y arrive pas, je me le pardonne, et m’autorise même à porter des boucles qui ne s’enlèvent pas la nuit pour les périodes trop difficiles.

Le plus souvent donc, l’échec est dû au fait que je n’y pense pas. Ou bien une fois arrivée dans la voiture. Alors j’en ai placé une paire dans la voiture.

Il arrive aussi évidemment que je n’y arrive pas pour cause de dépression – je boude – je bouge pas d’ici – je m’en fous – à quoi bon etc.

Mais le plus étonnant, c’est que j’ai surpris assez régulièrement une petite voix me dire « arrête d’essayer d’être séduisante » – et dans les meilleurs jours – « dfaçon, spa possible, tu te ridiculises juste un peu plus à essayer de l’être ». Et j’ai compris qu’il était souvent arrivé par le passé que je renonce à choisir une paire parce que je la trouvais trop provocante ou que je me sentais ridicule à porter des boucles. Parfois, cela m’avait conduite à ne même pas en porter de discrètes.

Hier encore, je devais retrouver un copain pour aller prendre un verre, et j’ai failli enlever celles que je portais en me disant qu’il risquait de penser que j’avais fait un effort pour lui, ce qui pourrait le mettre et me mettre mal à l’aise.

Je peux donc affirmer que le fait de porter (presque) chaque jour une nouvelle paire qui me plaît est à la fois une grande résolution et une petite révolution dans mon système de fonctionnement. Un effort quotidien, il est vrai, agrémenté du plaisir des yeux.

Surtout que je les aimes longues, donc visibles.