Impuissante.

Cette nuit, j’ai encore rêvé que je me suicidais.

D’un côté ça me rassure, ça me rappelle l’époque où j’avais arrêté de fumer, et où il m’arrivait de fumer dans mes rêves.

De l’autre, c’est très éprouvant de se voir mourir. Je ne vois pas bien comment on peut vivre normalement après ça.

Comme quoi, la nature est bien fichue.

 

Des progrès qui se confirment.

ça n’aura pas duré longtemps, ce qui confirme que le « meth » (qui a des effets secondaires presqu’inquiétants), les fleurs magiques, et le soutien amical me sont précieux.

Bien évidemment, je reste sur le fil du rasoir.

Je vois bien que la mort modifie son apparence à mes yeux, mais d’une façon que j’ai encore du mal à décrypter. Je ne l’envisage plus de la même façon, sans comprendre encore quelle place elle occupe désormais. Jusqu’à présent elle était un désir, un espoir en même temps qu’une angoisse. Et régulièrement un besoin.

Je crois même que cela fait plusieurs jours que je n’ai pas rêvé d’elle, en tout cas, pas de façon assez cuisante pour m’en rappeler. Mes rêves, en revanche, restent difficiles à vivre: il s’y trouve des espoirs déçus (mais au moins des espoirs), de la culpabilité, du rejet, toujours.

Je suis parfois véritablement écoeurée de mon nombrilisme. Mais j’ai tellement rien d’autre à raconter, et un besoin toujours violent de m’exprimer… J’étais à deux doigts, l’autre jour, de tout effacer ici. Ce n’est pas la première fois que j’en ai envie. Recommencer sur une page blanche, comme si rien n’avait existé avant. Je sais bien que c’est une chimère.

J’apprends à vivre avec cet impossible.

 

De retour sur la case suicide.

ça m’avait un peu passé, mais voilà que ça revient.

Si mes progrès sont réels, ça ne restera pas trop longtemps. évidemment, je ne ferai rien, inutile de s’affoler. C’est juste que ça fait mal.

Pourquoi? Le sentiment de l’échec toujours plus cuisant, l’incapacité à s’extraire du regard des autres –  et le renforcement corrélatif de la mésestime de soi -, l’incapacité à se vivre acteur plutôt que victime – alors qu’on sait que c’est la clef, et qu’on essaie vraiment de le faire -, les échanges inutiles qui se répètent, et les années qui passent.

Il faut dire que c’est la saison des anniversaires; c’est normal pour moi d’aller mal.

Je ne comprends vraiment pas comment je suis à ce point inerte face à la vie. Je n’ai aucune force, aucune énergie, aucune motivation. Du coup, même si j’en avais un peu à la base, je finis par n’avoir plus le désir de rien.

Et plus j’avance, plus c’est réel, plus ça prend de place.

Parallèlement, plus je fais de rencontres, plus je me sens seule.

Et comme je ne peux en vouloir à personne, car personne n’a le devoir de me sauver désormais (comment serait-ce possible d’ailleurs?), à qui puis-je m’en prendre, à part moi?

Alors je me déteste. Puis je me dis que je ne devrais pas, alors j’essaie de ne plus me détester. J’observe ce que j’ai réfléchi, mis en place, etc, je constate l’échec ou l’insuffisance, et je ne peux pas faire autrement que me détester un peu davantage.

Je me félicite néanmoins de deux choses: le choix de l’adresse de ce blog – j’ai le sentiment de ne pas mentir ni exagérer, ce qui me procure un sentiment réconfortant d’honnêteté intellectuelle -, et… d’avoir disposé une boîte à mouchoirs dans chaque pièce de la maison. Pourrait-ce être suffisant à renverser la vapeur?

En voici une troisième, du coup: même quand la lumière s’éteint, je ne perds pas le sens de l’humour…

 

 

Éponge?

Comme toujours, au terme d’une journée où j’ai croisé des tas de gens – et parmi eux, des membres de ma famille -, j’ai envie de pleurer.

Pourquoi? Je n’en sais rien. Je me sens juste complètement épuisée. Découragée aussi, d’être ce que je suis, ou plus exactement désormais, de ne jamais avoir potentialisé ce que je suis.

Pourtant, j’ai bien eu quelques compliments. On m’a dit que j’étais « devenue sage », et ce n’était pas ironique. Un oncle éloigné que je n’ai pas vu depuis une vingtaine d’année. J’y mettrais ce bémol que je n’ai jamais eu le sentiment de ne pas l’être, juste de n’avoir pas toujours été autorisée puis su le faire passer, mais c’est une autre histoire. En tout état de cause, ça fait plaisir. Surtout quand c’est dit devant une partie de la famille proche qui a coutume de me faire comprendre sensiblement le contraire.

Par ailleurs, j’ai cru me rendre compte que quelques unes de mes interventions furent appréciées. En même temps, c’était facile: la plupart étaient des informaticiens, donc toujours curieux de tout, j’adore ça. Toutes les questions débiles que j’aime poser ne sont jamais regardées comme trop décalées, au contraire. Et surtout, elles trouvent des réponses.

Et bien évidemment, je suis heureuse pour mon frère qui a marqué un tournant dans sa vie, puisque tout ça lui était consacré, et il s’est montré à la hauteur.

Mais je suis épuisée; je ne suis pas assez malheureuse pour pleurer pour l’instant, mais je suppose que la vie se chargera de me trouver une raison pour me soulager de cet excès de liquide… à moins d’avoir trop de choses à faire avant (il y en a déjà un certain nombre), auquel cas la charge s’accumulera pour mieux se décharger un peu plus tard.

À moins que mon état général ait encore un peu progressé?