Ne pas oublier ce qu’on arrive à faire.

Comme j’essaie toujours pathétiquement de me donner du baume au coeur, et d’observer positivement ce que je parviens à faire, je dois dire que je suis surprise d’avoir, depuis mercredi soir (on est samedi soir):

  • assisté à deux réunions, dont une compliquée (du moins j’y étais comme un cheveu sur la soupe, mais pour la bonne cause),
  • fait le compte-rendu de l’une (la compliquée),
  • retravaillé une fiche de cours (alors que je m’en voulais de m’être engagée à le faire, pensant que ça me prendrait des heures et que j’allais procrastiner),
  • donné deux cours (différents de la fiche),
  • avoir enfin trouvé des réponses concrètes sur un sujet qui me tarraude depuis plusieurs années,
  • scanné et envoyé des fichiers (qui me gonflent) pour le boulot,
  • répondu à l’administration qui me gonfle (paperasses),
  • répondu à deux emails pas faciles à rédiger qui attendent depuis trop longtemps,
  • trouvé le courage et l’opportunité de discuter en tête-à-tête avec un membre du club sur un sujet délicat (ce qui attendait depuis plusieurs semaines)

le tout, sans avoir omis de tondre la pelouse, promener le chien, faire du feu (j’ai trop chaud), faire mes courses, remplir et sortir les poubelles (j’oublie tout le temps), passer un (long) coup de fil, recevoir un copain, prendre un verre avec le club après un des cours, et même…me reposer!

Pour trois jours, ça fait peu, mais j’essaie de m’attacher au fait que j’ai abouti toutes ces choses, et surtout, que j’ai dépassé mes appréhensions d’expression interactive, ce qui n’est pas dans mes habitudes. Qui plus est, tout s’est bien passé !?!

Evidemment, il me reste du travail urgent à terminer, ce serait trop beau sinon.

Puisque c’est de saison, j’espère que les morts vont (continuer de) m’aider…

 

Du pouvoir des horodateurs.

Depuis quelques temps, je ne peux plus me garer chez le docteur latête aussi facilement qu’avant. Désormais, le trottoir de devant est interdit, il faut aller dans les rues adjacentes, et affronter un horodateur. Jusqu’à présent, il suffisait d’appuyer sur un bouton pour bénéficier de la période gratuite, ou de mettre des pièces dans la fente et d’appuyer sur un bouton.

Déjà, je déteste l’idée qu’il faille marcher jusqu’à un horodateur (car il n’y en a pas dans toutes les rues bien sûr), puis revenir à sa voiture, avant de pouvoir repartir.

Mais soit, soyons citoyen, assumons la vie en société et ses petites contraintes.

Sauf que désormais, il faut en outre, remplir le numéro de sa plaque minéralogique. Donc revenir une première fois vers sa voiture si on ne la connaît pas par coeur, ou si on a oublié ses papiers, puis la noter, puis la rentrer dans l’horodateur. Je me sens fliquée quand je fais ça, et c’est assez détestable.

Le pompon, c’est quand l’horodateur ne vous délivre aucun ticket. Vous ne savez pas si c’est vous qui avez commis une erreur, ou si c’est lui qui ne fonctionne pas. Vous ne savez pas si vous allez être verbalisé ou non, et vous avez le choix entre prendre le risque d’une contravention, ou repartir de là où vous venez et rater vos rendez-vous. J’ai pris la peine d’écrire sur un bout de papier que l’horodateur ne fonctionne pas, mais j’avais les larmes aux yeux.

Je sais que c’est ridicule et disproportionné. Mais là encore, c’est tout à fait irrationnel. ça me met dans un état d’insécurité qu’il m’est difficile de supporter. J’ai beau me dire que ce n’est pas bien grave, qu’une amende ne serait pas dramatique dans mon budget, que ce n’est que de l’agacement subjectif, que je pourrais passer outre en rationalisant tout ça, je n’y parviens que de façon très superficielle.

Chaque fois, au fond de moi, je me sens vaciller, incertaine, comme si j’avais peur de je ne sais quoi de grave; cela se traduit par un brouillage général des pensées, et une montée lacrymale.

Evidemment, en outre, étant parfaitement lucide sur le ridicule de ma réaction, je m’en veux, je me déteste, et j’ai honte de ce que je suis. Sur ce dernier point, il y a eu des améliorations: j’accepte un peu davantage d’être comme ça, depuis que j’ai compris que l’hypersensibilité était un caractère réel, que d’autres connaissent aussi, ayant les mêmes difficultés que moi. Je l’accepte aussi mieux depuis que la société le reconnaît comme un véritable handicap, et s’efforce d’y remédier sur un plan matériel.

Encore une histoire de reconnaissance…